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50 opérations, 50 milliards… Le Pays va présenter un nouveau plan de relance

Yvonnick Raffin présentera jeudi le plan de relance 2021 – 2023 du Pays à l’assemblée de Polynésie française. Un plan moins ambitieux, mais aussi plus détaillé que celui qui avait été présenté en septembre par son prédécesseur Teva Rohfritsch. Chiffré à 50 milliards de francs sur trois ans, il prévoit une cinquantaine de mesures, dont le financement ne semble pas entièrement bouclé. 

Intitulé « protection et résilience », le document doit être présenté aux élus de l’assemblée jeudi. « Nous ne sommes pas obligés de le faire mais je veux que l’adhésion de toute la communauté politique de ce pays soit réelle et que nous portions tous ensemble, et cette sauvegarde, et la construction de la relance pour 2021″, a expliqué hier le président Édouard Fritch sur le plateau de TNTV. Le gouvernement avait déjà présenté un plan de relance, en septembre. « Cap 2025 », qui avait été préparé par Teva Rohfritsch, listait plus de 200 mesures pour un total de 120 milliards de francs d’investissement sur 5 ans. Cette nouvelle mouture, qualifiée « d’évolutive » en reprend les éléments d’introduction et l’essentiel des objectifs, sans références directes au plan précédent. Les services d’Yvonnick Raffin se sont concentrés sur une cinquantaine de mesures un peu plus détaillées dans leur calendrier et le chiffrage de leur coût. En revanche, le financement de cet effort, évalué cette fois à 50 milliards de francs sur trois ans, n’est toujours pas défini précisément. Le document pointe seulement que 22 milliards de francs seront consacrés à la relance en 2021, dont 13,5 qui étaient déjà inscrits, en novembre, aux projets de budgets du Pays. Voilà pour la « mobilisation des moyens publics ». « la solidarité nationale et les emprunts » devront a priori faire le reste.

Un fonds de participation public dans les PME privées

Premier objectif du plan : « protéger l’économie et l’emploi » avec des mesures d’ordre général, et beaucoup d’instruments financiers. Parmi eux, le « fonds de relance et de développement des entreprises », qui serait doté d’au moins un milliard de francs issu de la Sofidep et qui aurait vocation à prendre des participations minoritaires et temporaires dans des PME polynésiennes « fragilisées ». La collectivité entrerait ainsi au capital de 100 à 150 entreprises dont le chiffre d’affaires est supérieur à 100 millions de francs. Pour les plus petites structures, le plan prévoit des prêts de relance (PRE) qui viendraient compléter les prêts de l’Etat (PGE). Un des objectifs du gouvernement semble être de mobiliser tous les financements disponibles dans le privé. En proposant des crédits d’impôts renforcés pour les projets participant à l’autonomie énergétique ou alimentaire. Ou encore en favorisant la création de « plan d’épargne – relance » pour « réinjecter l’épargne dormante dans l’économie ». Peu de précisions sur l’avenir des dispositifs d’aide à l’emploi, mais le document prévoit des dépenses de 8 milliards de francs dans les mesures Diese, Deseti et CSE en 2021, puis 2,5 et 2 milliards en 2022 et 2023.

Comme « Cap 2025 », ce plan « protection et résilience » compte sur la commande publique pour redémarrer l’activité, et sur l’investissement privé pour la tenir à flot. Ce qui passe, d’après le document, par de nouvelles simplifications des règles de marchés ou d’aménagement – le plan parle notamment de dépénaliser certaines infractions aux codes de l’aménagement – mais aussi par la dématérialisation de davantage de procédures administratives. Le Pays veut enfin encourager la création d’une « foncière privée » qui porterait les actifs immobiliers de différents opérateurs touristiques (hôtels, parcs de loisirs…).

L’autonomie alimentaire et énergétique toujours en ligne de mire

Du côté des mesures sectorielles, censées « asseoir la résilience » du fenua, le Pays mise sur les valeurs sûres. Aide à l’export pour la pêche hauturière, aide au carburant et aux infrastructures pour la pêche côtière, relance de la filière perle, investissement dans l’aquaculture, aménagement de lotissements agricoles à 3 milliards de francs d’ici 2023 et « abattoirs délocalisés » pour favoriser l’élevage dans les archipels… Les questions d’autonomie alimentaire sont bien présentes. Mais il s’agit aussi de dynamiser le logement – notamment intermédiaire -, d’avancer plus vite dans la transition numérique – avec notamment un projet de « Digipol » – et énergétique, et reconquérir les parts de marchés touristiques. Malgré la baisse de budget de Tahiti Tourisme le gouvernement prévoit d’investir 400 millions dans le soutien au tourisme des résidents (aide aux séjours dans les îles, congés bonifiés pour voyager au fenua…) et 6 milliards de francs, dont 2,5 en 2021 pour lancer des campagnes de promotion internationale dans un contexte concurrentiel tendu. Entre la réforme de la PSG, le Swac de Taaone, les 7 milliards de francs d’appels à projets photovoltaïques ou la péréquation électrique, qui doit être votée jeudi, cette « feuille de route » est aussi, comme souvent, gonflée de mesures déjà largement évoquées ou débattues.

La troisième partie du plan concerne enfin la « préservation de la cohésion sociale ». On y croise la construction d’un centre d’accueil de jour des SDF à Vaininiore, d’un centre d’hospitalité d’urgence à la Fautaua, un village communautaire à Taravao, ou encore un foyer de jeunes travailleurs à la cité Grand de Pirae qui auraient du voir le jour en 2020. Autant de projets qui devront, bien sûr, suivre les étapes normales de l’investissement public, mais si le Pays assure être décidé à « l’accélérer ».

Plan de Relance Economique 2021 2023 by CharlieRéné on Scribd

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