ACTUS LOCALESSOCIÉTÉ

72 hospitalisations en un an : le Pays « conscient du problème » des attaques de chiens

Taivini Teai à la Présidence en octobre 2025.

Si l’enquête est toujours en cours sur le décès d’un enfant de 2 ans à Vairao, le drame a remis en lumière le problème des attaques de chien et de la divagation animale. 72 personnes ont été hospitalisées au fenua pour des morsures l’année dernière, un chiffre en augmentation. Taivini Teai, en charge de la cause animale, rappelle que le Pays accompagne les projets de fourrières communales, et finance les campagnes de stérilisation et de marquage des associations. Quant à d’éventuelles évolutions réglementaires pour mieux responsabiliser les propriétaires, le ministre attend d’abord les résultats du prochain recensement qui doit faire le point sur le nombre d’animaux domestiques dans le pays.

« Tout d’abord, je voudrais adresser à la famille, au nom du gouvernement, toutes mes sincères condoléances pour l’événement douloureux qui leur est arrivé. » Taivini Teai, ministre de l’Agriculture aussi en charge de la Cause animale, s’est exprimé ce mardi à la Présidence, à la suite du décès d’un enfant de 2 ans à Vairao vraisemblablement attaqué par un ou des chiens. L’enquête en cours n’a pas encore permis d’identifier les chiens responsable de l’attaque. Le drame a en tout cas remis en lumière le débat sur la sécurité des animaux domestiques, et au passage sur l’errance et la divagation animale. Tavini Teai le rappelle « la compétence vient aux communes sur l’errance des chiens ». Pour ce qui est des chiens divagants, « la responsabilité revient aux propriétaires des animaux », a-t-il rappelé. « Notamment lorsqu’on a des chiens de catégorie dangereuse, il leur revient de déclarer la propriété et l’identité de ces chiens. »

Recensement à venir

Le Pays a tout de même des compétences, et des capacités d’interventions sur la question. En témoigne le budget de 60 millions de francs octroyé aux associations pour les campagnes de stérilisation. « Depuis 2023, toutes ces campagnes ont été menées ont conduit à une stérilisation de plus de 8 700 chiens », a-t-il détaillé en précisant que les animaux avaient été également tatoués et identifiés. Il s’agit de « la procédure » qui a été établie : « stérilisation des chiens et puis marquage, tatouage, et reconnaissance de ces animaux ». Pour le Pays, « l’objectif, dans l’immédiat, est d’assurer ces campagnes via les associations », souligne Taivini Teai qui ajoute que « lors du prochain recensement démographique, il y aura deux questions » portant sur le nombre d’animaux domestiques par foyer et le nombre de chiens présents dans chaque propriété.

La Nouvelle-Calédonie a récemment voté une loi qui oblige, sous peine d’amende qui peuvent grimper à 100 000 francs, à pucer ou tatouer les chiens ainsi qu’à les enregistrer dans une base de données, à déclarer toutes les ventes et à s’enregistrer comme éleveurs en cas de ventes régulières. Pour les autorités de Nouméa, ce cadre plus strict est la seule manière de responsabiliser les propriétaires et d’éviter les accidents. De quoi inspirer Papeete ? Avant « de pouvoir mettre en place cette loi, il est important de savoir quel est le nombre d’animaux à 4 pattes que l’on a dans les foyers et dans chacune des propriétés », répond Taivini Teai. Selon lui, le prochain recensement devrait « permettre d’avoir justement ces informations » pour déterminer « la nécessité de mettre en place ces campagnes d’identification ».

Davantage de fourrières

Le Pays, pourtant a bien « conscience » de « la problématique » des chiens errants et divagants mais « ne peut pas venir capturer les chiens » directement sur la route. « Nous n’avons pas la réglementation nécessaire pour pouvoir intervenir », a expliqué Taivini Teai. « Le gouvernement ne reste cependant pas en inaction. On soutient des communes pour la mise en place de fourrières », a affirmé le ministre, ajoutant que la mairie de Taiarapu-Est et de Moorea avaient effectué une demande pour une fourrière. « Maintenant que les élections municipales ont eu lieu, on va retravailler avec les communes pour justement les accompagner » et que d’autres suivent ainsi le mouvement. 

Actuellement, trois communes disposent de fourrières : Punaauia et Paea avec le Sigfa, Arue et Bora Bora. Pour Taivini Teai, il s’agit de « faire prendre conscience que lorsqu’on adopte un animal, c’est pour la vie, pour la vie de l’animal ». Des campagnes d’information, « notamment au travers des comités, dont le comité de bien-être animal », sont prévus afin de « travailler sur des textes, mais travailler également sur une meilleure sensibilisation de la prise en charge de nos animaux ». En 2024, le CHPF a recensé 67 personnes hospitalisées à la suite de morsures contre 72 en 2025. Depuis le début d’année, neuf personnes ont été prises en charge à l’hôpital. 

 

Article précedent

Soirée MMA annulée : le tribunal désavoue Tony Géros

Article suivant

En difficulté au tribunal, l'interdiction de Starlink bientôt en débat à l'assemblée

Aucun Commentaire

Laisser une réponse

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

PARTAGER

72 hospitalisations en un an : le Pays « conscient du problème » des attaques de chiens