JUSTICENON CLASSÉ Soirée MMA annulée : le tribunal désavoue Tony Géros Lucie Ceccarelli 2026-04-28 28 Avr 2026 Lucie Ceccarelli © Octo Fighting League Il y a un an presque jour pour jour, l’association Octo Fighting League était contrainte d’organiser sa soirée de MMA à Papeete plutôt qu’à Paea, après un refus de dernière minute du maire de l’époque, Tony Géros. Ce mardi matin, le tribunal administratif a examiné le recours des organisateurs, qui demandent plus de 4 millions de francs au titre des préjudices subis. Le rapporteur public, considérant que le tavana s’était basé sur « ses perceptions » pour annuler un événement qu’il jugeait « brutal » mais qui selon la justice ne présente « pas de traitement dégradant », a proposé que la commune verse 1,179 million de francs à l’association. Le délibéré sera rendu dans deux semaines. L’an dernier, alors que la quatrième édition de l’Octo Fighting League devait se tenir dans la salle communale Manu Iti de Paea le 26 avril, les organisateurs avaient été contraints de délocaliser la soirée à Papeete, à moins de trois semaines de l’événement. Et pour cause, le tavana de l’époque, Tony Géros, avait jugé que le Mixed Martial Arts était, par sa nature, « incompatible avec la mission éducative et morale qu’il entendait assumer auprès de sa jeunesse ». Ce mardi matin, le tribunal administratif a examiné la demande d’indemnisation de l’association Octo Fighting League, qui requérait 4,163 millions de francs de réparation du préjudice subi. Les organisateurs avaient en effet dû rechercher en urgence un nouveau site, en l’occurrence la salle Maco Nena à Bambridge d’une capacité d’accueil bien moindre, ce qui a entraîné une perte de recettes selon l’association. Cette dernière déclare également avoir engagé de nombreux frais supplémentaires, notamment pour communiquer sur le changement de lieu, pour héberger les athlètes ou encore pour louer des chaises et du matériel vidéo. Le MMA n’est pas « dégradant » comme peut l’être « le lancer de nains » Pour le rapporteur public, l’association est bien fondée dans sa requête, le maire ayant basé sa décision d’annuler l’événement selon « ses perceptions de la discipline ». Le tribunal a rappelé que la commune, qui doit mettre ses locaux à disposition des associations, ne peut refuser leur demande qu’à certains motifs, parmi lesquels figure l’atteinte à la dignité humaine invoquée par le maire. Un motif qui a néanmoins été réfuté dans ce cas précis par le rapporteur public pour qui le MMA, qui est encadré par une fédération, ne présente « pas un traitement dégradant », à la différence du « lancer de nains » qui a fait jurisprudence. Pour le rapporteur public, le maire a émis des « considérations d’ordre éthique voire philosophique tenant à sa philosophie personnelle », en associant le MMA a « une logique d’affrontement brutal ». Si toutes les demandes d’indemnités formulées par l’Octo Fighting League n’ont pas été validées, le magistrat a conclu que la commune de Paea, qui a depuis changé de tavana, doit néanmoins verser la somme de 1,179 million de francs à l’association sportive. Une somme bien inférieure aux 4 millions demandés, mais qui reste cependant conséquente pour la nouvelle équipe en place. Le délibéré sera rendu le 12 mai.