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Les pipes « bulles » servant à fumer de l’ice vont être interdites

La mesure avait été évoquée plusieurs fois dans les débats sur le trafic d’ice ces derniers mois, Moetai Brotherson a confirmé qu’un texte serait « bientôt » transmis à l’assemblée. Le président, qui a pris la parole depuis Honiara pour « saluer » les 6 500 participants à la marche contre l’ice, estime qu’il est « scandaleux » que ces « paipu » reconnaissables à leur forme sphérique restent aujourd’hui libre d’importation et de vente. Il a aussi évoqué les problèmes de trafics et d’addictions à l’ice à Fidji qui seraient encore plus « dramatiques » qu’au fenua.

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C’est depuis Honiara, où il est arrivé samedi après un passage à Fidji, que Moetai Brotherson a pris la parole, quelques heures après la marche contre l’ice organisée dans les rues de Papeete. Une marche qui a connu un franc succès avec 6 500 participants, dont des ministres, élus de tous bords, responsables associatifs, religieux ou chefs d’entreprises. Qu’importe si une bonne partie de la foule reprochait aux autorités, celles de l’État pour la répression, mais aussi celles du Pays compétent en matière de prévention et d’accompagnement des addicts, son manque de fermeté, d’investissement ou de solution sur le sujet. Le président du Pays entend s’associer pleinement au message porté par la Fédération de lutte contre les drogues et la toxicomanie, organisatrice de la manifestation et qui attend toujours le versement d’une subvention de la collectivité, qui après des échanges tendus avec l’exécutif a été arrêté pour une cinquantaine de millions de francs.

« Encore plus dramatique » à Fidji

« La mobilisation a été fantastique et ça fait chaud au cœur de voir tout le monde réuni, explique le président sur sa page Facebook. J’aurais voulu être avec vous mais je suis ici aux îles Salomon pour participer au Forum des îles du Pacifique ». Ces derniers jours, le chef du gouvernement était à Fidji, où il a notamment participé à un forum « UE – Pacific Business » à l’occasion duquel une nouvelle convention de financement a été signée avec l’Union Européenne. Et il l’assure : les trafics de stupéfiants, et la métamphétamine en particulier, sont un problème régional, plus que Polynésien. La situation serait même « encore plus dramatique », du côté de Fidji : « Les personnes ont des modes de consommations différents de chez nous, liés aux modes de pauvreté, avec une recrudescence des cas de Sida, qui sont liés à la consommation d’ice par transfusion. Je ne dis pas ça pour nous consoler : ce qui se passe chez nous est grave. Mais il faut que vous sachiez qu’il y a plus grave encore chez nos voisins du Pacifique ».

« Tout un train d’autres actions vont venir »

Le président profite surtout de ce message de « salutations » et de félicitations des participants pour rappeler que « des actions sont lancées » pour lutter contre l’ice. Il cite de nouveau la campagne de sensibilisation menée depuis quelques semaines par la direction de la Santé, la nouvelle organisation des urgences du Taaone, qui doit permettre un « premier circuit court et spécialisé pour les addicts » et qui va être « étoffé par la mise en place du programme Elsa » puis par l’ouverture du pôle de santé mentale l’année prochaine. Mais Moetai Brotherson ajoute aussi que « tout un train d’autres actions vont venir ». Parmi elles, « l’interdiction de commercialiser les « paipu » (pipe en reo Tahiti, ndr), les bulles ». « C’est absolument scandaleux qu’aujourd’hui on puisse encore commercialiser ces objets. Nous allons donc bientôt déposer un texte qui viendra interdire l’importation, la commercialisation de ces objets qui n’ont pas d’autres usages que celui de la consommation d’ice ».

Si ces pipes en forme de bulle, en verre ou en plastique, et qui sont effectivement vendues jusqu’aux caisses des stations-services, sont le moyen le plus courants pour prendre de l’ice en Polynésie, d’autres formes de consommation existent. La métamphétamine peut être fumée au travers de différents objets, parfois fabriqués, sniffée après avoir concassé les cristaux, injectée après dilution… Les centres de désintoxication américains rapportent même des modes de consommation par ingestion, parfois sous forme de comprimés appelé « speed ». Au fenua, des cas de consommation par vaporisation dans des cigarettes électroniques, dont il est difficile de savoir à quel point ils sont isolés, ont été rapportés. Ce qui a poussé la mairie de Teva i Uta à bannir toute forme de « vape » de ses espaces publics, puis, quelques jours plus tard, les élus de Tarahoi à voter, au détour d’un amendement surprise proposé par Lana Tetuanui, une interdiction totale d’importation et de vente des produits de vapotage d’ici 2027. Une disposition contestée par les professionnels qui ont porté le texte devant le Conseil d’État.

Au micro de TNTV, Moetai Brotherson a aussi assuré que le projet de conversion de l’atoll d’Anuanuraro en centre de désintoxication à ciel ouvert était toujours en réflexion. « Ces personnes ont besoin d’être extraites de leur milieu d’origine, elles ont besoin d’être écartées des centres de tentation », insiste-t-il. Un projet qui a été diversement reçu. En direct de Los Angeles vendredi sur Radio 1, le Dr. Charles Sophy avait rappelé que la création d’un centre fermé était une nécessité. Mais beaucoup, de la maire de Hao aux responsables de la Fédération de lutte contre la drogue, estiment que cette localisation allait beaucoup compliquer, renchérir voire retarder la naissance de cette structure.

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