ACTUS LOCALESSANTÉSOCIÉTÉ Ice : le CHPF recadre Charles Renvoyé Caroline Perdrix 2025-10-27 27 Oct 2025 Caroline Perdrix Après la DGEE, le ministère de la Jeunesse et des Sports, c’est maintenant le CHPF que la Fédération citoyenne polynésienne de lutte contre la drogue et la toxicomanie s’est mis à dos en critiquant la prise en charge des patients sous ice. L’hôpital a publié un communiqué pour rappeler que les associations non plus ne sont pas exemptées du respect du droit des patients et du secret médical. Samedi dernier, la Fédération citoyenne polynésienne de lutte contre la drogue et la toxicomanie publiait sur sa page Facebook une vidéo dans laquelle Charles Renvoyé remettait en cause la prise en charge des toxicomanes par l’hôpital. La mère d’un jeune homme addict à l’ice racontait comment son fils, qu’elle avait accompagné à l’hôpital, s’était « évadé » pour rentrer au domicile familial et menacer la sécurité de la famille, et d’autres faits similaires étaient évoqués. Le CHPF n’est pas une prison Le CHPF rappelle que « en Polynésie française comme dans l’ensemble du territoire national, un patient majeur est libre de quitter l’établissement tant qu’aucune mesure médicale ou décision judiciaire ne justifie une hospitalisation sous contrainte. Aucun des patients concernés n’était sous un tel régime. Leur départ relevait de leur droit. » « Lorsque ces patients reviennent, poursuit le communiqué, nos équipes les accueillent de nouveau, avec bienveillance, sans jugement. » Et explique la prise en charge : « Lorsqu’une personne arrive intoxiquée à l’ice, les manifestations observées (agitation, propos incohérents, anxiété intense…) sont souvent directement liées aux effets du produit. Les recommandations médicales nationales et internationales sont claires : stabiliser d’abord l’état physique ; laisser le produit s’éliminer ; puis évaluer l’état psychique. Hospitaliser précipitamment en psychiatrie un patient encore sous l’effet aigu de la substance peut être inadapté et dangereux. C’est pourquoi l’évaluation médicale se fait avec méthode, prudence et expertise. » Les professionnels de santé considèrent comme fausses et injustes les accusations d’indifférence, mais tiennent à ce que les échanges avec les associations, dont ils saluent l’engagement, se tiennent « de manière structurée, dans un cadre respectant les règles médicales et légales. » Des atteintes au droit des patients et au secret médical Tout aussi graves, pour le CHPF, sont les incessantes publications de Charles Renvoyé, qui semble grisé par son succès sur les réseaux autant que par sa mission. Elles portent atteinte à la vie privée des gens, à la protection des patients et au secret médical, explique le CHPF : « Filmer, diffuser ou commenter publiquement des situations impliquant des personnes en souffrance expose ces dernières, porte atteinte à leur intimité et perturbe le travail des soignants. Des familles nous ont exprimé leur détresse face à ces images. Pour garantir la sécurité et la confidentialité des soins, l’accès de certains intervenants extérieurs au sein des urgences a été limité. » Enfin, l’hôpital de Taaone rappelle aussi que la création du Pôle de santé mentale qui doit ouvrir en 2026 « n’a pas vocation à résoudre à elle seule la problématique de l’ice, qui est une crise sanitaire, sociale et collective. » Mais elle permettra « l’ouverture de lits destinés au sevrage », « le renforcement de l’unité d’addictologie », « des parcours de soins plus continus », et « le déploiement d’équipes mobiles allant au contact des patients, des familles et des communautés.