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Grève des aiguilleurs du ciel : l’Usac-CGT revoit son préavis… pour sauver des congés

Le syndicat de contrôleurs aériens, en grève illimitée depuis le 19 novembre à Tahiti – Faa’a, dénonce le refus du Service d’état de l’aviation civile (Seac) de valider des demandes de congés portant sur le mois de janvier. Un « chantage », estime l’Usac-CGT, qui a levé son préavis… Pour en déposer un autre, qui prendra effet le 16 décembre pour s’arrêter le 31. Rien n’empêche les grévistes de continuer le mouvement d’ici le 16, sur la base d’un préavis national. Et rien n’empêche le syndicat, une fois les congés validés, de redéposer un préavis pour faire durer la grève en 2026.

Chantage contre chantage à la tour de contrôle. L’Usac-CGT, qui mène depuis plus de 20 jours une grève autour du sous-effectif et du statut réglementaire de la tour de contrôle de Tahiti – Faa’a, a dénoncé ce jeudi, dans un communiqué, le refus du Seac de valider les congés de certains contrôleurs. Des congés posés « antérieurement au préavis » et qui vise le mois de janvier, potentiellement concerné par le mouvement illimité. Forcément, le Service d’Etat de l’aviation civile peut craindre un manque d’effectif sur la période. Mais pour l’antenne du syndicat national, pas de doute : l’antenne locale de la DGAC utilise les vacances comme un « moyen de pression » sur les grévistes.

Pas obligés d’arrêter la grève, ni maintenant, ni le 31

C’est donc « pour mettre fin à ce chantage » – mais aussi « dans une volonté d’apaisement », lit-on dans un communiqué diffusé ce jeudi – que l’Usac a décider de lever le préavis de grève actuel… Pour en redéposer immédiatement un autre. Le mouvement de grève local sera donc suspendu pour cinq jours – le délai légal de préavis – avant que de se réenclencher le mardi 16 décembre. Le nouveau préavis n’est plus illimité, mais prend fin au 31 décembre, ce qui a vocation à rassurer le Seac dans ses validations de congés. Bien entendu, rien n’interdit le syndicat de redéposer, à la fin de ces deux semaines, un troisième préavis, pour faire durer le bras de fer en 2026.

Rien n’interdit non plus, comme le souligne le communiqué du Seac, aux militants de rester en grève même pendant ces cinq jours de suspension. Ils peuvent pour cela s’appuyer sur un préavis de grève nationale, et commun à toute la fonction publique d’État déposé fin octobre à Paris par la CGT, et couvrant tout le reste de l’année. Reste que pour l’Usac, « plus de prétexte, les congés doivent être validés ».

Négociations au point mort

L’Usac-CGT revendique, entre autres, le reclassement de la tour de contrôle de Faa’a en « liste 5 », une classification réglementaire qui impliquerait un important renfort d’effectifs de contrôleurs aériens à Tahiti, mais qui est considérée comme « inadaptée » par Paris. Le problème de sous-effectif est réel chez les aiguilleurs du ciel, mais pas nécessairement lié à cette classification : la « liste 6 » actuelle prévoit 35 contrôleurs, contre 23 actuellement en poste, entrainant une série de problèmes de temps d’astreinte ou de repos de ces ingénieurs. Le Seac et la DGAC ont formulé ces dernières semaines plusieurs contre-propositions, notamment une mission d’inspection pour l’instant refusée. « Ces propositions répondent plus à une gestion irrégulière de la grève qu’à nos revendications » écrit l’antenne de la CGT, est loin d’être suivie par tous les contrôleurs dans ce mouvement, et, surtout, pas soutenue par le SNCTA, l’autre syndicat de la tour.

La grève, pour l’instant du moins, met la pression sur les contrôleurs eux-mêmes plus que sur le trafic aérien, en grande partie préservé par un service minimum. Certaines activités de l’aéroport – comme celle de l’école de pilotage C3P – sont tout de même durement touchés, et le trafic domestique pourrait finir par l’être avec l’approche de la période des fêtes, riche en déplacements. Des contrôleurs « stagiaires » – du personnel en retour de formation ou qui a été transféré d’autres aéroports – est en outre privé d’activité, les formations, obligatoires pour toute arrivée dans une tour, étant suspendus par le mouvement. Or ces stagiaires doivent justement en partie pallier – sans toutefois y mettre fin – au sous-effectif chronique de la tour.

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