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Violente rixe devant le Ute Ute, un policier et des témoins également frappés


Jeudi 5 mars, jour férié, une bagarre qui a éclaté au sein d’un établissement de nuit de Papeete s’est terminée dans la rue, en une rixe réunissant une trentaine de personnes. Des témoins qui ont tenté de s’interposer pour protéger les victimes, dont l’une gisait au sol inconsciente, ont également été roués de coups. L’intervention des agents de police n’a pas suffi à calmer les choses, l’un d’entre eux s’est retrouvé à terre et l’une des victimes était encore frappée alors qu’elle se trouvait évanouie sur un brancard. L’affaire, présentée en comparution immédiate ce lundi en présence de deux mis en cause et de deux victimes, a été renvoyée au 23 avril afin de permettre d’ajouter certains éléments manquants au dossier.

Un déchaînement de « violence absolument épouvantable ». C’est ainsi que la présidente du tribunal de première instance a qualifié la rixe qui a impliqué une trentaine de personnes dans la nuit du jeudi 5 mars au centre-ville de Papeete, devant la boîte de nuit du Ute Ute. La magistrate explique, sur la base de l’enquête de police, qu’un homme et son beau-frère ont été ce soir-là pris à partie au sein de l’établissement avant d’être poursuivis au-dehors par leurs agresseurs. Deux témoins qui se trouvaient dans la rue à ce moment-là assistent à la scène et décident d’intervenir pour calmer les assaillants, mais ils se font eux aussi violemment frapper.

L’un d’entre eux raconte comment, après avoir reçu plusieurs coups à la tête, il décide de venir en aide à l’une des victimes qui s’est enfuie de la boîte de nuit, alors que cet homme gît à terre, visiblement inconscient. « Je vois que les gars qui se faisaient courser sont en train de se faire savater par terre à plusieurs, à coups de pieds, ils se font marcher dessus. C’est super violent. J’ai rarement vu un truc violent comme ça. Du coup, je vais l’aider, je le protège. Je me fais encore taper. Et là, il y a d’autres gens qui arrivent et qui se mettent à nous protéger, décrit-il. Je m’écarte et c’est là que les policiers arrivent. Mais ça n’arrête pas les agresseurs qui se mettent à taper à peu près tout ce qui bouge, tous ceux qui veulent protéger le gars à terre qui est inconscient. Ils se mettent à taper les policiers qui viennent me parler. Donc là, les policiers me mettent en sécurité avec les pompiers qui viennent d’arriver. Ils montent le gars sur le brancard, qui se fait encore frapper par les types, avant qu’ils se fassent arrêter. »

Suite à quoi ce témoin, devenu à son tour victime, est emmené à l’hôpital. « Ils m’ont cassé la pommette. Ils m’ont tordu et fêlé le nez. Il faut que j’aille voir un chirurgien maintenant. » Son visage encore tuméfié lundi suffit à imaginer la violence des coups reçus.

Deux prévenus à la barre, l’un déjà condamné neuf fois

Cette victime fait partie des quatre à s’être portées partie civile, en plus de la CPS, ce lundi en comparution immédiate au tribunal de première instance. Figuraient également l’homme roué de coups à terre et jusque sur le brancard, l’autre témoin extérieur à la scène qui a été frappé lors de la rixe, ainsi que l’un des policiers qui est intervenu lors de la bagarre et s’est lui aussi retrouvé à terre, victime de coups.

Du côté des agresseurs, deux mis en cause ont été identifiés et présentés à la barre, mais ils sont plus nombreux à avoir participé à la bagarre. « Tout le monde n’a pas été interpellé », précise la présidente du tribunal Florence Tessier.

Les deux prévenus présents lundi sont déjà connus de la justice, l’un d’entre eux avec un lourd casier. Déjà condamné neuf fois, notamment pour des faits de violences en réunion et de trafics de stupéfiants, il était en liberté conditionnelle avec détention à domicile au moment des faits. Tous deux disent ne plus vraiment se souvenir de ce qu’il s’est passé ce soir-là.

Une vidéo filmée par un jeune doit encore être exploitée

Reste donc à savoir qui a fait quoi lors de cette rixe générale assez confuse, qui sera jugée sous la « circonstance aggravante de violences en réunion en état d’ivresse manifeste ». Une caméra de vidéosurveillance a enregistré la scène mais les images sont de qualité insuffisante pour être bien exploitées, selon la présidente. Une seconde vidéo, filmée de près par un jeune homme présent cette nuit-là, pourrait permettre de mieux identifier les prévenus, mais l’enregistrement ne figurait pas dans les pièces à conviction ce lundi. C’est pourquoi l’affaire a été renvoyée au 23 avril, afin de permettre d’apporter davantage d’éléments au dossier.

En attendant, les deux prévenus présents ce lundi après-midi restent placés sous contrôle judiciaire avec plusieurs mesures de sûreté, parmi lesquelles celles de ne plus fréquenter de débit de boissons.

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