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Grève levée à l’OPT mais les syndicats ne renoncent pas

Un protocole d’accord a été signé dans la soirée de mardi entre l’intersyndicale et la direction de l’OPT. Moana Pihatarioe, délégué général du Sapot, a précisé que les syndicats avaient préféré renoncer aux 90 millions de la prime d’efficience plutôt que d’accepter les conditions de la direction. La PDG Hina Delva et ses équipes avaient proposé de verser la prime en intégralité en contrepartie d’un gel de certains acquis sur trois ans, le temps de redresser les comptes et d’activer de nouveaux « leviers de croissance ». Pas question pour l’intersyndicale qui a levé la grève mais parle désormais de porter l’affaire devant le tribunal. 

La grève est levée à l’OPT et toutes les boutiques Vini et agences Fare Rata devaient reprendre leur service et horaires habituels ce mercredi matin. Un protocole d’accord a été signé dans la soirée mardi entre l’intersyndicale et la direction de l’Office. Mais rien n’est terminé pour autant, explique Moana Pihatarioe, délégué du Sapot.

C’est la prime d’efficience, ou prime de performance, est toujours au cœur des tensions. Une prime accordée aux salariés s’ils ont atteint leurs objectifs de l’année. « L’équivalent d’un 14e mois », selon la direction et qui diffère selon les filiales. L’enveloppe avait été « largement dépassée » et le directeur général d’Onati avait décidé de la plafonner pour les salariés de cette filiale. Ce qui déclenché le mouvement social démarré lundi 10 mars. Après plusieurs discussions, la direction a proposé de verser cette prime entièrement à condition que les syndicats acceptent ensuite un gel de certains acquis, comme les « indemnités, des revalorisations salariales prévues par les dispositions réglementaires » ou encore de l’avancement au mérite, et un abattement de 40% de la prime d’efficience, sur trois ans. Une mesure qui reviendrait à « prendre 710 millions de francs dans la poche des salariés », avait expliqué Moana Pihatarioe en début de semaine mais après de nouveaux calculs, il parle maintenant « d’un milliard » de francs. Pas question d’accepter 90 millions de francs et de perdre « 710 millions », voire « 1 milliard », affirme le délégué général du Sapot qui explique que lui et ses confrères ont donc décidé de mettre un terme au mouvement et de renoncer au versement dans son intégralité de la prime d’efficience pour cette année.

Mais Moana Pihatarioe du Sapot ne renonce pas pour autant, annonçant que les syndicats réfléchissent à une action en justice pour récupérer la prime d’efficience dans son intégralité. « Chacun campe sur ces positions, le tribunal tranchera. » Leur avocat, Me Stanley-Cross est chargé d’étudier l’affaire pour décider ce qui est le plus judicieux entre une action individuelle ou une action collective. Moana Pihatarioe semble croire que c’est devant la justice qu’ils arriveront à obtenir gain de cause : « Le tribunal a donné raison aux 106 agents de Fare Rata qui dénonçaient ces congés imposés par la direction au moment de la crise sanitaire du Covid-19. Ils doivent être indemnisés à hauteur de 40 millions de francs. La direction a fait appel de cette décision mais déjà en 2022, sur le même genre d’affaire pour deux salariés d’Onati, l’OPT était aller jusque devant la Cour de cassation et avait perdu. » Selon le syndicaliste, 70 salariés d’Onati ont également fait la procédure mais l’audience a été renvoyée. « Le calcul des indemnités de congés payés a également été attaqué au mois de janvier. Leurs méthodes de calcul ne sont pas bonnes. »

Des procédures et des mouvements sociaux qui tombent plutôt mal pour un établissement qui cumule les déficits. 2,37 milliards en 2023 et le ministre en charge des Postes et télécommunications, Warren Dexter, avait avoué ne pas s’attendre à mieux pour les années suivantes. Mais les syndicats ne craignent pas d’empirer la situation, pour Moana Pihatarioe, les actions syndicales ont un seul but : « faire respecter le droit ».

« On ne veut pas faire couler la boîte. On leur propose de négocier à chaque fois mais ils ne veulent pas. Ils veulent attendre les décisions de justice. Nous, on négocie pour que ça fasse moins mal alors qu’en justice, on ne discute pas. Voilà la décision vous appliquez, vous payez. Hier soir, ils nous ont dit que le mouvement de grève leur avait coûté 11 millions par jour. On leur a dit : ne nous imputez pas ça. A chaque fois, on veut négocier et eux ne veulent pas négocier. C’est de l’orgueil et de l’égo. »

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