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Violences infantiles : « Nous faisons beaucoup mais peut-être pas assez »

Que s’est-il passé depuis le décès d’Ayden, il y a un an ? Après le drame, beaucoup avaient pointé le manque de moyens des services sociaux, la difficulté à recruter des travailleurs spécialisés ou des défauts de contrôle et de communication dans l’administration. Des « failles » reconnues par le Pays qui avait promis, par la voix de Minarii Galenon, des actions « pour que ça ne se reproduise plus ». La vice-présidente met aujourd’hui en avant des efforts de réorganisation, de coordination, des renforts à la DSFE, ainsi que des projets comme un « centre d’éducation à la parentalité ». D’autres engagements restent toutefois en attente, comme les évolutions réglementaires sur les tiers de confiance, pas encore datées, ou les Assises de la petite enfance, désormais promises pour septembre. Les chiffres de la maltraitance, eux, ne cessent d’augmenter : 2 500 signalements ont été enregistrés en 2025 contre 1 900 en 2020.

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« Nous faisons beaucoup, mais peut-être pas assez, je le reconnais. » Lors de la la marche blanche contre les violences infantiles, organisée samedi un an après le décès de la petite Ayden dans sa famille d’accueil de Taunoa, la vice-présidente Minarii Galenon, avait préféré laisser la parole aux associations, et aux familles. Plusieurs d’entre eux avaient toutefois interpellé les autorités, et le gouvernement en particulier sur leur action pour prévenir les maltraitances. La membre du gouvernement en charge des Solidarités et la Famille répond donc en revenant sur les chantiers lancés pour colmater les « failles » qui avaient été reconnues par l’exécutif sur la prévention des violences aux enfants et la prise en charge des victimes.

« Un centre d’éducation à la parentalité »

Une des priorités avait été pour le gouvernement d’améliorer la coordination entre différents services accueillant des enfants. Car comme l’avait déjà précisé le Pays l’année dernière, Ayden avait été absente de l’école dans les semaines précédent son décès et avait même été hospitalisée. Les signalements qui n’étaient pas remontés jusqu’aux services sociaux, reconnait Minarii Galenon qui parle aujourd’hui de « problèmes de communication ». « Avec la ministre de l’Éducation, nous avons mis en place une charte de déontologie avec plusieurs acteurs de la santé et de l’éducation ». La ministre explique qu’une commission fonctionnant « comme une cellule de veille  » permettra désormais certains échanges d’informations confidentielles entre les services concernés, jusque là impossibles juridiquement.

En 2025, le ministère recense 2 500 signalements d’enfants victimes de maltraitance, il y en avait 1 900 signalements en 2020. Et près de 800 mineurs sont actuellement placés en famille d’accueil ou en foyers. Minarii Galenon parle de « l’augmentation de la consommation de drogue au sein des familles » pour expliquer cette évolution des chiffres et annonce la création d’un centre d’hébergement d’urgence avec possibilité de formation à la parentalité, face à cette urgence. L’établissement pourra accueillir des enfants jusqu’à l’âge de 12 ans pour des séjours de plusieurs jours.

Minarii Galenon souhaite y mettre en place « un centre d’éducation à la parentalité ». « Le métier de parent, c’est un nouveau métier qui vous colle à la peau toute votre vie. On ne peut pas s’en décharger. » L’objectif du ministère est « d’aider les familles et les travailleurs sociaux à avancer ensemble, à mieux se comprendre et surtout à éviter les drames ». Formation et accueil de jour des familles. La première pierre de ce « complexe » doit être posée « cette année » à la Mission à la place de l’ancien IME.

Les « Assises de la petite enfance » en septembre

Interpellée à Tarahoi sept jours après le décès d’Ayden, la vice-présidente, alors hors territoire, avait indiqué dans une réponse lue par Vannina Crolas à l’assemblée, qu’elle souhaitait organiser des « Assises de la petite enfance », entre autres pour établir un diagnostic précis des lacunes dans la prévention des maltraitances. Un évènement qui n’a pas eu lieu un an plus tard. Minarii Galenon assure que ces assises se dérouleront en septembre après l’organisation du « plan autisme au mois de juin et les Assises de l’inclusion au mois de juillet » concernant les personnes handicapées et leur prise en charge.

Pour ces Assises de la petite enfance, la vice-présidente prévoit de réunir « tous les acteurs et les actrices concernés » comme des associations, des membres « de la société civile » et des communes, sur des ateliers. « Nous avons besoin aussi des confessions religieuses puisqu’on travaille tous en étroite collaboration », souligne la ministre qui précise que ces Assises seront organisées sur deux jours. C’est avec les conclusions de cet événement que Minarii Galenon compte avancer sur d’autres sujets qu’elle avait déjà évoqué il y a un an comme les évolutions réglementaires, notamment sur le statut de « tiers digne de confiance ». À ce jour, « rien n’a été décidé. On attend les Assises pour voir comment on peut régulariser tout ça ».

11 auxiliaires sociaux recrutés en août 2025

Du côté de la DSFE et de ses effectifs, Minarii Galenon a indiqué que 11 auxiliaires sociaux avaient été recrutés en août 2025. La même année, 120 agents sur les 240 que compte la direction ont bénéficié d’une revalorisation professionnelle, avec un passage de la catégorie B à la catégorie A. Des « indemnités de sujétion spéciale » ont également été mises en places, des primes destinées aux travailleurs sociaux confrontés à des contraintes particulières, comme des horaires dépassant régulièrement le cadre habituel, des responsabilités importantes ou encore des situations difficiles à gérer. Au total, 110 agents ont pu bénéficier de ces indemnités supplémentaires, qui devraient aider à recruter dans un service où le nombre de postes vacants est depuis longtemps un problème.

Selon les derniers chiffres disponibles, chaque agent de la DSFE avait à sa charge environ 70 dossiers à suivre, plus de deux fois plus qu’en métropole. Interrogé sur ce point, le ministère précise que cette moyenne pouvait varier d’une commune à l’autre en fonction du nombre de familles accompagnées. D’ailleurs, le prochain rapport d’activité de la DSFE devra préciser le nombre exact de dossiers suivis par agent en 2025. Minarii Galenon ne cache pas son espoir de trouver une baisse de cette moyenne grâce à « l’arrivée de nouveaux auxiliaires », et la réorganisation de la DSFE, actuellement en cours pour « alléger les tâches » des agents sociaux. À la fin du mois de juin « une quinzaine d’étudiants » en formation BTS Économie, sociale, familiale au lycée professionnel d’Atima à Mahina doivent également être recrutés à la direction des solidarités après l’obtention de leur diplôme.

De son côté, l’association Te Feti’i souhaite développer des Fare Feti’i, qui pourraient recevoir « toute personne qui s’occupe ou qui a la charge d’un enfant » et « l’accompagner dans la parentalité et dans l’éducation », avait déclaré Rahei Thunot, présidente de l’association, lors de la marche blanche. Pour Minarii Galenon, « c’est une bonne idée, mais je leur ai dit de bien me cerner le projet », peut-être notamment préciser la différence avec les huit Maison de l’enfance du Fare Tama Hau qu’on trouve à Tahiti, Raiatea et Nuku Hiva. La ministre a invité l’association à organiser une « journée expérimentale » au sein de la présidence. « Je sais que c’est un gros travail et je les ai félicités pour ce projet », a-t-elle conclu. 

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