ACTUS LOCALESCOMMUNESLOGEMENT À Faa’a, huit étages et déjà des débats Nanihi Laroche 2025-07-28 28 Juil 2025 Nanihi Laroche © Le projet, porté par la SCI Iita, a été confié en maitrise d’ouvrage au cabinet d’architecture Rochet Wenish Architectes DR Une enquête publique a débuté à la mairie de Faa’a pour la « résidence Iita », un complexe de huit étages au dessus du rez-de-chaussée, comprenant 40 logements, 89 places de stationnement, et accueillant aussi deux commerces. Le projet n’a pas encore de permis de construire, mais il fait déjà débat dans le quartier de Auae… Comme du côté de la mairie, qui doit, elle aussi, donner son avis au Pays sur cet immeuble. Faa’a pourrait émettre des réserves, entre autres, sur les limitations des équipements de ses pompiers pour intervenir dans les étages. Les immeubles prennent de la hauteur à Faa’a. C’est en tout cas ce que souhaitent les promoteurs de la résidence Iita, qui prévoit, avenue Nelson Mandela, un complexe de 40 logements, 89 places de parking, et même des commerces… Le tout sur huit étages au dessus du rez-de-chaussée, et donc de près de 30 mètres de haut. Une taille d’immeuble inédite dans la commune, comme on le constate à la mairie : la résidence Diva Nui, située à quelques centaines de mètres de là, compte certes 10 niveaux, mais à flanc de colline, quand les autres grands bâtiments de Faa’a, de l’Intercontinental au Hilton, n’atteignent pas de telles hauteurs. L’enquête publique, qui a été lancée ce lundi à la mairie de Faa’a, et qui restera accessible et ouverte aux commentaires jusqu’au 28 août, permet de se faire une idée plus précise du projet, qui doit naître entre Pacific Plaza et Happy Market Faa’a, à proximité de la station Mobil, côté montagne. Des appartements allant du T2 au T5, un parking à étages réparti entre résidents et clients des deux locaux commerciaux du rez-de-chaussée et du premier niveau de l’immeuble… La résidence s’étale sur 1436 mètres carrés au sol et nécessitera, pour sa construction, l’évacuation de près de 15 000 mètres cubes de remblais, pour un total de 24 mois de travaux, décapage et terrassement compris. Les promoteurs qui préfèrent rester discrets, mais qui ont chargé de la maitrise d’œuvre du projet le cabinet Rochet & Wenisch Architectes. Voisinage mitigé… Des plans qui font déjà réagir dans le voisinage. Avec des avis divergeant. Certains y voient une manière de développer le quartier, de rentabiliser des terrains aujourd’hui inexploités et de répondre aux besoins de la population, qui croît à Tahiti et dans la zone urbaine, même si elle a tendance à stagner à Faa’a ces dernières décennies. « Dans tous les cas il faut construire, on devient de plus en plus nombreux » explique Maire, employée d’un établissement tout proche. Mais le bâtiment inquiète par ses proportions. « Huit étages c’est quand même gros à côté de ce qu’on à.. », soutient le diacre Alfred qui travail pour le Fare Amuira’a tout proche. Dans ce foyer communautaire, on craint que l’imposante infrastructure ne se marie pas peut-être pas dans le paysage des alentours, pourtant marqué, par de nombreux entrepôts. « Regarde on a bien Faa’a matériaux c’est grand, ou Gémo c’est grand ! » rétorque Maire. https://www.radio1.pf/cms/wp-content/uploads/2025/07/MICROTROTT-FAAA-1.wav Au-delà de l’esthétique, la densification de l’habitation lève des commentaires. « Est-ce que ça ne va pas les déranger ? Parce que nous on fait des répétitions de chants et tout ça, reprend Alfred, qui craint que le futur voisinage demande le silence. Alors on ne pourra plus faire nos petites réunions !». … Et mairie interrogée Du débat, il risque d’y en avoir aussi du côté de la mairie de Faa’a, qui, comme pour tous les projets de cette ampleur a un avis à donner à la Direction de la Construction et de l’Aménagement dans le cadre de l’instruction du permis de construire. La commune a saisi ses différents services pour une analyse de l’impact de la résidence sur l’adduction en eau, les déchets… Ou encore sur les questions de sécurité. Car plusieurs projets d’immeubles, à Faa’a comme ailleurs, ont déjà buté par le passé sur les moyens techniques des pompiers, qui doivent disposer d’échelles assez grandes pour intervenir dans les derniers étages dans une situation d’urgence ou un incendie. « On va regarder ça de très près », promet la mairie, qui n’a, quoiqu’il arrive, pas le dernier mot : c’est le Pays qui accordera ou non un permis de construire dans les prochains mois. En cas de réponse positive, la résidence Iita ne devrait pas sortir de terre d’ici fin 2027, voire 2028.