ACTUS LOCALES À Hiva Oa, la Codim veut un siège à la hauteur de ses ambitions Charlie Réné 2025-05-25 25 Mai 2025 Charlie Réné ©Mairie Hiva oa La communauté de communes des îles Marquises projette de construire, sur les hauteurs de Atuona, un nouveau siège estimé à 750 millions de francs. Techniquement « indispensable » pour la Codim, qui, de l’énergie à l’Unesco en passant par le transport maritime, ne cesse de gagner en compétences, et qui est aujourd’hui à l’étroit dans ses locaux loués à la mairie de Hiva Oa. Mais aussi un « projet politique », qui doit symboliser « l’union », la diversité et les ambitions de l’archipel. Et pourquoi pas accompagner l’évolution statutaire demandée depuis longtemps par les hakaiki. C’est un « besoin fondamental » pour les Marquises, et un projet évoqué par les hakaiki depuis de longues années. Il est en voie de se concrétiser : la Codim a lancé il y a quelques jours un appel public à concurrence pour une mission global de maîtrise d’œuvre pour la construction de son nouveau siège. Ou plutôt son premier siège. Car la communauté de communes, créée dès 2010, ne dispose aujourd’hui que de locaux loués à la mairie de Hiva Oa. Des espaces jugés peu fonctionnels, trop étroits et pas assez visibles pour un organisme qui prend de plus en plus de place dans la vie des Marquisiens. En plus des services qui appuient les six municipalités de l’archipel en matière d’aménagement, de développement économique, d’actions culturelles ou sportives, la Codim s’est investi, ces dernières années, sur les questions de patrimoine, notamment dans le cadre du classement à l’Unesco, sur les questions d’énergie, aux côtés de la filiale locale d’EDT, Électricité des Marquises, créée en 2024… Ou encore sur le transport maritime interinsulaire, avec le transfert à l’organisme, en 2022, de la navette Te Ata o Hiva et l’arrivée quelques mois plus tard de Kaoha Tini, au Nord. Bref, la Codim prend du poids en Terre des hommes, « et il y a d’autres perspectives d’évolution », comme le rappelle Joseph Kaiha. Pour le maire de Ua Pou comme pour les autres hakaiki, aucun doute : le nouveau siège est techniquement « indispensable » et politiquement « très important ». 1500 mètres carrés modulables pour les services, la formation… Et les évènements Et pas question de le construire ailleurs qu’à Hiva Oa : cette localisation des services d’intercommunalité, qui rayonnent tout de même sur les cinq autres îles, est un engagement de longue date pris par les îles du Nord, une « parole donnée ». La Codim avait déjà lancé des réflexions sous la dernière mandature municipale, avant 2020, mais ce n’est qu’après la période Covid que le projet a été réellement relancé. Et un terrain est depuis longtemps identifié : situé à l’entrée Est d’Atuona, au dessus de l’antenne du RSMA, ce foncier de plus de 7000 mètres carrés a d’ores et déjà été cédé par la commune de Hiva Oa. Et doit permettre, sur sa partie plane, d’offrir au siège bien visible à la communauté. Les plans ne sont pas arrêtés, puisqu’un concours d’architecte doit être lancé dans l’année, mais la Codim a fixé les grandes lignes du projet, divisé en deux phases. Il s’agit de répondre dans un premier temps aux besoins actuels de l’organisme, en terms de bureaux, locaux techniques, d’espaces de formation, et d’accueil du public pour les questions maritimes, énergétiques ou patrimoniales, notamment… Puis le bâtiment aura le droit à une extension pour atteindre les « 1500 mètres carrés de surface utile ». Il devra surtout être assez modulable pour accueillir des grands évènements, notamment institutionnels et politiques comme le Congrès des maires, mais aussi pourquoi pas culturels. « C’est aussi un projet politique » Taaroa Cantois, chargé d’opération et responsable du projet, insiste sur le « haut-niveau de qualité environnemental » qui sera exigé des prestataires. Et le système de notation des candidature favorise largement l’utilisation de matériaux locaux : le futur siège, selon toute vraisemblance, s’appuiera beaucoup sur le bois, une production en plein développement dans l’archipel avec les scieries de Hiva Oa et maintenant de Nuku Hiva. S’ajoutent, côté aménagement et décoration, un travail de fond sur la symbolique culturelle et la représentation naturelle de l’archipel. « C’est aussi un projet politique : ce bâtiment doit nous représenter tous, chaque île va apporter son cachet culturel », reprend Joseph Kaiha, qui parle, à titre d’exemple, de tapa de Fatu Hiva et de pierres de Ua pou. Et qui, comme ses homologues des autres communes, entrevoit dans ce bâtiment un futur emblème de « l’union » et de la « diversité » de Te Henua Enata. Le siège de la Codim deviendra d’ailleurs, si les demandes d’évolutions institutionnelles formulées depuis longtemps par les Hakaiki finissent par aboutir, celui de la communauté d’archipel des Marquises. « On a intégré cette vision sur l’évolution statutaire dans le projet », confirme le maire et vice-président de la communauté. 750 millions de francs, et encore des recherches de financements Une vision qui a un coût, ou du moins, pour l’instant, une estimation de coût : 750 millions de francs. Un calcul « prudent » basé sur les derniers gros chantiers de l’archipel : l’internat du collège à Hiva Oa et l’extension de l’hôpital à Nuku Hiva, qui ont chacun montré les surcoûts de tels travaux aux Marquises. Des partenaires sont déjà trouvés : l’AFD et l’Ademe financent l’assistance QEB (pour Qualité environnemental des bâtiments), un accord a été trouvé avec la Banque des territoires sur les études préalables et de programmation, d’autres organismes interviennent dans ces phases d’étude. La Codim financera une partie sur fond propre et sur emprunt bancaire, mais continue tout de même ses prospections financières, notamment pour la phase 2 du projet. Mais en attendant, il s’agit d’avancer : après l’attribution du marché de maîtrise d’ouvrage, et une série d’études doit être menées courant 2026. Les premiers coups de pelle à Atuona sont attendus, dans une « perspective optimiste » pour 2027.