ACTUS LOCALESPOLITIQUE Le décès d’Ayden pose question à Tarahoi Charlie Réné 2025-05-25 25 Mai 2025 Charlie Réné Photo de Ayden, décédée le 20 mai à l'âge de 7 ans, diffusée par sa famille. ©D.R. Cathy Puchon compte interpeller mardi, en séance plénière de l’assemblée, la vice-présidente Minarii Galenon sur le décès de la fillette à Taunoa une semaine plus tôt. Assurant ne pas vouloir « instrumentaliser la douleur », la représentante Tapura interroge la ministre en charge des Solidarités sur le statut et les indemnités de la famille d’accueil, le processus de sélection et de placement, les contrôles menés sur le terrain ou les éventuels signalements qui ont précédé le drame. « Ce n’est pas un dysfonctionnement ponctuel, pointe l’élue. C’est un effondrement silencieux du devoir de protection que nous devons à nos enfants les plus vulnérables » Lire aussi : Ayden « maltraitée » et « mal nourrie », le couple mis en examen Des faits d’une « gravité insoutenable », une « vie innocente broyée dans l’indifférence » et un « drame qui nous bouleverse et nous oblige ». C’est ainsi que Cathy Puchon décrit, dans une question écrite qui sera posée directement à la vice-président Minarii Galenon ce mardi en séance plénière de l’assemblée, le décès, mardi 20 mai, de la jeune Ayden, qui a été inhumée ce samedi à l’Uranie. L’élue Tapura assure ne pas vouloir « instrumentaliser la douleur », ni « chercher des responsables à la hâte ». Mais elle entend « poser des questions simples » que « chacun se pose désormais ». « Comment un tel drame a-t-il pu survenir ici, chez nous sous notre regard collectif ? Comment se fait-il qu’un enfant placé, qui devait être en sécurité dans une famille digne de confiance, ait pu être ainsi abandonné à ses souffrances ? », résume la représentante autonomiste et adjointe du maire de Punaauia, qui liste des questions plus précises allant du statut et des indemnités de la famille d’accueil aux éventuels signalement précédent le drame. Surtout, elle demande des précisions sur les méthodes d’évaluations et de contrôles de tels placements. Sur Radio 1 et Tiare FM jeudi, le président du Pays a évoqué la difficulté à recruter des travailleurs sociaux en Polynésie malgré les récentes améliorations de statut et de salaire, et expliqué qu’un délégué interministériel à la lutte contre les addictions et les violences avait été nommé. En l’occurrence, et comme le chef du gouvernement l’a glissé à Polynésie la 1ere, Rauarii De Longeaux, co-auteur avec Yann Yvon et le cabinet Kairos Consulting, d’un « diagnostic approfondi » sur l’ice commandé au Pays l’année dernière. « Ces annonces, bien que nécessaires, ne suffisent pas, écrit Cathy Puchon. Ce n’est pas un dysfonctionnement ponctuel. C’est un effondrement silencieux du devoir de protection que nous devons à nos enfants les plus vulnérables ». La cheffe du groupe Temaeva demande des « réponses » et des « engagements concrets », « pour que plus jamais un enfant placé ne soit laissé ainsi à l’ombre de notre inaction ». Vendredi soir, sur le plateau de TNTV, Minarii Galenon a déjà expliqué que ce décès mettait en évidence une « faille » dans les mécanismes de placement, et reconnu que les services sociaux n’étaient aujourd’hui « pas bien armés » pour détecter et répondre à ce genre d’urgence. La vice-présidente a aussi annoncé la création de 20 nouveaux postes de travailleurs sociaux, et une révision des critères de sélection des familles d’accueil.