ACTUS LOCALESSPORTS À la veille des Trials, Teahupo’o est plus que jamais un « passage obligé » Lucie Rabreaud 2026-06-30 30 Juin 2026 Lucie Rabreaud Alors que le Championship tour sera à Teahupo’o du 8 au 18 août, les locaux affûtent déjà leurs planches pour les Trials qui débutent jeudi. L’année dernière, c’est Mihimana Braye qui l’avait emporté sa wildcard pour le « main event », aux côtés de Kelia Gallina qui avait fait le buzz en se confrontant aux meilleurs mondiaux à tout juste 13 ans. Le gratin du surf polynésien sera de nouveau au rendez-vous cette année avec une surprise : Michel Bourez, qui s’est « chauffé au dernier moment » pour ces Trials, d’après son frère Kevin. Le cadre technique de la fédération de surf encourage les jeunes à se lancer, pour se mesurer à Teahupo’o mais aussi au haut niveau. Le Championship tour de la WSL arrive à Tahiti dans un peu plus d’un mois avec la Outerknown Tahiti Pro, mais déjà le spectacle commence. Les Trials, compétition avant la compétition, vont s’ouvrir jeudi pour permettre aux premiers, chez les hommes et chez les femmes, d’empocher une wildcard et de gagner leur participation à la septième étape du CT. L’occasion pour les locaux de se confronter aux meilleurs. La waiting period des Trials, organisées par la Fédération tahitienne de surf, était prévue du 2 au 5 juillet mais les conditions permettent de surfer dès l’ouverture de la compétition : « Le bon vent, la houle de sud-ouest parfaite avec de la taille, avec pas mal d’énergie. Une houle où on devrait avoir des vagues de 3 mètres jeudi, puis ça va se ‘cleaner’ et on aura des houles aux alentours de 2 mètres vendredi », précise Kévin Bourez, cadre technique de la FTS. Chez les hommes, « tous les habitués du spot » comme Eimeo Czermak, Matahi Drollet, Mateia Hiquily et puis une surprise : Michel Bourez, « il sort de sa blessure, il s’est chauffé un peu au dernier moment » seront présents. Il y aura aussi les plus jeunes comme Liam Sham Koua et Tauirai Henriou. Chez les femmes, Kiara Goold « déjà sur les challenger series, en train de vraiment monter », les petites sœurs de Vaimiti Fierro, Heimiti et Kohai, et Raipoe Chapelier « qui gagne toutes les compétitions locales » sont inscrites. « C’est une chance d’avoir cette vague ici, juste à côté de chez nous » D’ailleurs, ces jeunes qui participent aussi pour certains au programme Héritage, sont fortement encouragés par la Fédération à participer. La vague de Teahupo’o, c’est « le passage obligé ». « C’est une chance d’avoir cette vague ici, juste à côté de chez nous. On n’a pas besoin de faire des heures de voyage pour aller surfer cette vague. C’est vraiment une opportunité pour nos jeunes. Il faut qu’ils la surfent le plus possible. Pendant le stage Héritage, on essaye de se déplacer sur Teahupo’o et la presqu’île le plus possible. On voit que les jeunes d’aujourd’hui sont de plus en plus précoces. Ils arrivent à y aller dans des conditions de plus en plus grosses, mais aussi à se mettre en sécurité. » Désormais tous surfent avec le casque, assure Kévin Bourez et les parents veillent à la sécurité de leurs enfants. https://www.radio1.pf/cms/wp-content/uploads/2026/06/TRIALS-Teahupoo-passage-oblige.wav Participer aux trials puis ensuite être sur une compétition comme une étape du CT est une expérience fondatrice pour les espoirs du surf. Concrètement, c’est de la visibilité pour les athlètes et donc la possibilité d’avoir de nouveaux sponsors ou de négocier de meilleurs partenariats et également du financement puisque dès le premier tour du CT, les surfeurs gagnent un prize money. Des étapes sur la longue route pour devenir surfeur professionnel. Kelia Gallina qui avait fait le buzz l’année dernière en remportant les Trials et se retrouvant face aux meilleures à tout juste 13 ans. Elle a été la plus jeune de l’histoire du surf à participer à une compétition du Championship tour, ce qui lui a permis, selon Kévin Bourez, de négocier de meilleurs contrats de sponsoring avec une marque et aussi de booster ses réseaux sociaux. L’accompagnement de la FTS : au plus près des jeunes surfeurs Pour ces jeunes espoirs du surf, la fédération tahitienne a lancé, en partenariat entre la Fédération française, le dispositif Héritage qui permet aux espoirs français et tahitiens de profiter des coachs, des spots et des infrastructures des deux fédérations lors de stages organisés par intermittence en France et à Tahiti. La FTS travaille aussi avec la WSL pour organiser des compétitions à Tahiti. Pour la première fois cette année, la saison des QS s’est ouverte par deux compétitions à Tahiti, ce qui permet de placer les locaux dans de bonnes conditions. Ils sont à la maison et sur des spots qu’ils connaissent. Même si Kévin Bourez avoue un peu de déception d’avoir vu les Hawaiiens l’emporter à Taapuna puis ensuite à la Taharuu. « C’est allé dans le sens des Hawaïens cette année, j’espère que l’année prochaine, ça va aller dans notre sens. » https://www.radio1.pf/cms/wp-content/uploads/2026/06/TRIALS-ramener-competition-QS-a-maison.wav La Fédération propose aussi des déplacements encadrés. Quinze surfeurs polynésiens sont ainsi partis ensemble avec coachs et organisateurs à la Sunset Pro et la Haleiwa Pro, deux qualifying series, à Hawaii en fin d’année 2025. La construction de ce team Tahiti a permis de motiver les athlètes : « On est dans un sport individuel mais hors de l’eau, on a besoin de cette cohésion. On a besoin de se sentir un peu comme à la maison. » Cette année, la fédération va de nouveau organiser le déplacement, toujours pour ces deux dernières compétitions de la saison. Sécurité à Teahupo’o : la fédération veut pousser les autorités à mettre des règles Même si les vigilances jaune, orange ou rouge permettent de prévenir la population de se mettre à l’abri, que ce soit pour le vent, les pluies ou la houle, il est toujours difficile, voire impossible, d’empêcher les surfeurs de se mettre à l’eau pour profiter justement de ces grosses houles. Les « code red » à Teahupo’o sont l’occasion de faire des photos et vidéos toujours très impressionnantes, de promouvoir donc le surfeur et la vague mais très concrètement, c’est l’occasion de travailler pour certains athlètes, cameramen ou photographes qui gagnent leur vie de cette façon. Seulement voilà la célébrité amène toujours plus de monde, jusqu’à « saturation » du spot. Le photographe Tim McKenna prévenait qu’une tragédie allait bientôt arriver si rien n’était fait pour réguler le plan d’eau alors que Matahi Drollet avait justement évité de peu un bateau en sortie de tube. Kévin Bourez explique qu’une charte avait déjà été signé l’année dernière, à l’initiative de Moana David, des water patrols, mais rien n’a changé. La fédération essaye d’organiser des rencontres avec les différents acteurs sur place pour réfléchir à une solution. « C’est dommage d’en arriver là mais il va falloir mettre des règles et sanctionner parce que ce n’est vraiment plus possible. » https://www.radio1.pf/cms/wp-content/uploads/2026/06/TRIALS-Teahupoo-securite.wav