ACTUS LOCALESENVIRONNEMENTJUSTICE

À Nouméa, les autorités relancent les campagnes d’abattage de requins

Au lendemain de la mort d’un pratiquant de wingfoil, attaqué par un requin dans le Sud de Nouméa, la mairie de la capitale calédonienne et la Province Sud ont annoncé une nouvelle « campagne de prélèvement » des requins-tigres et bouledogues. Des abattages qui seront lancées dès ce mardi « par principe de précaution », en dépit de l’interdiction de genre d’opération prononcée par la justice administrative fin 2023 et confirmée récemment en appel. Les précisions de notre partenaire Les Nouvelles Calédoniennes.

La province Sud et la ville de Nouméa ont décidé, « en coordination », de « relancer une campagne ciblée de prélèvements de requins-tigres et bouledogues » à compter de mardi 24 février, indiquent les deux collectivités dans un communiqué commun diffusé ce lundi 23 février. L’annonce intervient au lendemain de la mort d’un homme de 55 ans, dimanche 22 février, attaqué par un squale alors qu’il pratiquait le wingfoil près de la plage du Château Royal. Son corps, sans vie et flottant, avait été découvert par un plaisancier, avec d’importantes lésions sur les bras et les jambes. Des traces de morsures avaient aussi été constatées sur la planche de la victime. L’attaque était intervenue après des pluies particulièrement abondantes, un phénomène connu pour accroître le risque de présence de requins près des côtes.

La campagne d’abattage sera conduite « avec le concours de la Sécurité civile et de la gestion des risques », précise le communiqué. Par conséquent, la baignade en dehors des zones protégées et les activités nautiques restent interdites par arrêté municipal dans une bande littorale de 300 mètres de Nouméa jusqu’au 4 mars inclus, « sous réserve d’interdictions ultérieures ».

« La protection des vies humaines impose d’agir »

Une décision prise « au regard de la gravité du drame » et « par principe de précaution », mais surtout en dépit de l’interdiction des prélèvements dits « préventifs » prononcée par le tribunal administratif en décembre 2023. La juridiction avait été saisie par l’association environnementale Ensemble pour la planète, alors que plus de 200 requins avaient été abattus à Nouméa après une série d’attaques mortelles. Le tribunal avait estimé que cette réponse des collectivités était « disproportionnée ». D’autre part, « aucune étude scientifique précise n’a été menée pour connaître l’état des populations des espèces ciblées, ni les effets sur l’environnement de tels prélèvements », avait justifié le tribunal administratif. Cette décision, contestée par la collectivité, a été confirmée par la Cour administrative d’appel de Paris le 5 décembre dernier, comme l’avait rapporté Nouvelle-Calédonie la 1ere.

« La protection des vies humaines impose d’agir. La sécurité des administrés demeure la priorité absolue des collectivités », répondent aujourd’hui la province Sud et la ville de Nouméa. Début janvier, la Maison bleue avait déjà dit regretter de ne plus être autorisée à abattre des squales, après l’attaque survenue sur un plongeur en bouteille le 3 janvier entre Bourail et Moindou.

La province considère en effet cette solution comme un « levier » efficace. « Les mesures mises en œuvre, notamment la régulation des populations de requins, avaient permis de restaurer un niveau de sécurité satisfaisant pour les usagers des plages et les pratiquants d’activités nautiques », continue de marteler la collectivité, malgré l’absence de données scientifiques permettant de le confirmer.

Article précedent

Tarena Maohi22/02/2026

Article suivant

À Paris, Taivini Teai mise sur la transformation pour sécuriser la filière vanille

Aucun Commentaire

Laisser une réponse

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

PARTAGER

À Nouméa, les autorités relancent les campagnes d’abattage de requins