ACTUS LOCALESSECTEUR PRIMAIRE À Paris, Taivini Teai mise sur la transformation pour sécuriser la filière vanille Lucie Ceccarelli 2026-02-22 22 Fév 2026 Lucie Ceccarelli En déplacement à Paris pour le Salon International de l’Agriculture, le ministre Taivini Teai a fait étape dans le Val-de-Marne, chez Premium Goods, spécialiste de l’extraction d’arômes naturels. Objectif affiché : renforcer les liens avec les transformateurs européens afin de garantir des débouchés stables à la vanille tahitienne et mieux capter la valeur ajoutée au profit des producteurs du fenua. Dans un marché mondial largement dominé par Madagascar, la stratégie polynésienne passe désormais par la montée en gamme, la traçabilité et des partenariats industriels solides. Au lendemain de son arrivée à Paris dans le cadre du Salon International de l’Agriculture, le ministre polynésien de l’Agriculture a visité le laboratoire et les installations de l’entreprise française Premium Goods, à Chennevières-sur-Marne, dans le Val-de-Marne. Cette société est spécialisée dans l’extraction et la transformation d’arômes naturels, principalement la vanille, ce qui intéressait ce jeudi Taivini Teai, qui était accompagné de Laïza Vongey, directrice de l’EPIC Vanille de Tahiti, et de Gilles Faataau, président de l’Association interprofessionnelle de la Vanille de Tahiti. L’objectif ? Apporter une nouvelle dimension internationale à la vanille polynésienne, consolider les débouchés à l’export et, surtout, sécuriser une valeur ajoutée pour les producteurs du fenua, dans un secteur ultra concurrentiel dominé par des géants comme Madagascar. Sur place, la délégation a pu observer les procédés d’extraction et les outils de traçabilité mis en œuvre par Premium Goods, éléments clés pour répondre à la demande internationale en matières premières naturelles haut de gamme. Ces standards sont essentiels pour que la vanille tahitienne ne soit pas seulement reconnue pour son profil aromatique unique, mais aussi pour sa conformité aux attentes qualitatives des marchés mondiaux. Face à Madagascar, la carte du collectif et du haut de gamme L’attention portée à cette visite s’inscrit dans un contexte où la filière de la vanille polynésienne doit relever de multiples défis. Lors du premier Symposium des Vanilles d’Outre-mer, organisé à Tahiti en septembre dernier, producteurs, scientifiques et institutionnels avaient mis en évidence plusieurs réalités : malgré la qualité reconnue de la Vanilla tahitensis, la Polynésie ne produit qu’une fraction de la vanille mondiale, une trentaine de tonnes contre plus de 2 000 à Madagascar, rendant difficile la concurrence directe sur certains segments. Même si l’événement a souffert d’une fréquentation modeste, les débats ont clairement montré l’importance de penser et construire des réseaux collectifs plutôt que de compter uniquement sur des productions isolées pour franchir les barrières du commerce international. C’est là que Premium Goods, avec ses capacités de transformation et sa présence sur les circuits européens, peut jouer un rôle de pont entre les petits producteurs du Pacifique et des acheteurs à la recherche d’arômes naturels traçables et premium. Un message d’ambition pour la filière et ses producteurs Suite à cette visite, le ministre a mis en avant la nécessité de sécuriser les volumes, valoriser les extraits à forte valeur ajoutée et renforcer la qualité et la traçabilité pour ouvrir de nouveaux marchés où la vanille polynésienne ne peut plus être une simple curiosité exotique. Il a également rappelé que la valorisation de la vanille polynésienne n’est pas un pari isolé : elle repose sur la construction de partenariats durables, la montée en compétences des producteurs et l’accès à des plateformes de transformation reconnues. Cette semaine, Taivini Teai doit encore poursuivre son accompagnement des professionnels polynésiens au Salon International de l’Agriculture, qui fermera ses portes le 1er mars.