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À Paea, un chantier au « bruit infernal » éveille les soupçons des riverains

©Tim McKenna

Depuis le mois de mars, les marteaux piqueurs et engins de chantier engrangent des nuisances dépassant « les 100 décibels » dans une servitude résidentielle de Mara’a, à Paea. Les riverains ont décidé de faire eux aussi du bruit, sur les réseaux sociaux, aidés par le photographe Tim McKenna, et s’interrogent sur la nature réelle des travaux. Présentés comme un aménagement d’accès agricole, il s’apparenteraient, selon eux, par leur ampleur et leur durée, à une extraction commerciale déguisée. Le tavana Antony Géros dément et conseille aux habitants de lancer des recours légaux plutôt que de « se livrer à des délations virtuelles » et à « discréditer les institutions ».

À Paea, au PK 26, les engins de chantier résonnent chaque jour dans la montagne, au grand désarroi des riverains. Depuis mars, d’importants travaux, présentés comme un aménagement de voie d’accès à des terres agricoles, font « un bruit infernal », qui « dépasse les 100 décibels », comme l’explique Tim McKenna, dont les vidéos et photos ont fait beaucoup de bruit, elles aussi, sur les réseaux sociaux. « Du jour au lendemain, on a entendu un marteau-piqueur dans la forêt. Et depuis, ça continue. Aujourd’hui, il y en avait même deux. Ça alterne entre une journée complète de 7 h à 15 h de marteau-piqueur de montagne et une journée où ils récupèrent les cailloux pour les mettre dans des camions. Tout le quartier subit ça depuis six mois », raconte le riverain.

« Deux ans de travaux avec des camions et des marteaux-piqueurs juste pour un fa’a’apu »

Un vacarme qui ne laisse personne indifférent. « Il y a une maison de retraite, plusieurs personnes qui travaillent à la maison, un bébé en bas âge, des commerces, même des Airbnb. Vu le bruit, les marteaux-piqueurs, même les baleines les entendent dans l’océan, jusqu’à un kilomètre de là », s’exaspère le photographe et vidéaste, connu pour ses images de surf et de vie marine.

Pour les habitants, aucun doute, ce chantier va bien au delà de son objet officiel et relève de l’activité d’extraction commerciale. « En parlant au propriétaire, je suis allé candidement hier, et il m’a dit qu’il voulait juste faire un terrassement pour un fa’a’apu. Mais on n’engrange pas deux ans de travaux avec des camions et des marteaux-piqueurs juste pour un fa’a’apu. Là, il m’a un peu pris pour un con. S’il n’a pas d’autres projets derrière, c’est pour faire de l’extraction », avance le photographe, qui estime que les volumes de terre déplacés dépassent largement les 1 800 m³ déclarés. « Je ne suis pas mathématicien, mais ça fait plus de 100 camions qui partent depuis six mois », dit-il.

« Informations erronées destinées à jeter le discrédit sur les institutions « 

Le maire de Paea, Antony Géros, a répondu dans un communiqué publié ce mardi, où il balaie la polémique soulevée« par un certain individu se présentant sous le pseudonyme Tim McKenna », qui est pourtant bien en tête de file de la contestation du chantier. Rappelant que « tout propriétaire a la faculté d’aménager son terrain comme il l’entend, à condition de respecter les dispositions du Code de l’urbanisme et du Code de l’environnement », le maire explique qu’une demande d’extraction de 1 808 m³, accompagnée d’un rapport géotechnique de type G5, a fait l’objet d’un avis positif de ses services et a été délivrée par le Pays. Le tout « en parfaite conformité avec les exigences techniques prévues ». L’élu l’assure : le chantier concerne bien « l’aménagement d’un chemin d’accès, permettant aux propriétaires de valoriser leur foncier à des fins agricoles ». Tony Géros dénonce donc « des propos diffamatoires et des informations erronées destinées à jeter le discrédit sur les institutions ou leurs représentants », et appelle les plaignants à emprunter les voies légales « plutôt que de se livrer à des délations virtuelles. »

 

 

 

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