ACTUS LOCALESTRANSPORTS Air Gekko tout proche du décollage Charlie Réné 2025-10-05 05 Oct 2025 Charlie Réné ©Rare Tahitian Air Port Views La filiale locale de la compagnie calédonienne Air Alizé court depuis des années, auprès de l’aviation civile d’État ou devant les tribunaux, après un certificat de transporteur lui permettant d’exploiter entre les îles du fenua. Un sésame qui devrait finalement lui être accordé dans les semaines à venir. Les premiers recrutements ont été faits, et le Cessna Citation CJ2+, un petit jet à la cabine confortable et modulable, veut proposer avant la fin de l’année des vols « VIP »… Mais aussi des évacuations sanitaires, particulièrement vers les archipels les plus éloignés, pour lesquels ses réacteurs peuvent faire gagner de précieuses heures. Décollage imminent pour Air Gekko, dont le petit jet à la livrée noire et blanche siglée d’un nautile, a pu être aperçu, ces dernières semaines, de Tahiti à Manihi en passant par Makemo. Des vols tests en attendant une réelle entrée en opération. La filiale polynésienne d’Air Alizé, compagnie créé voilà près de 30 ans en Nouvelle-Calédonie, et spécialisée sur les vols privés et sanitaires, attend depuis longtemps de pouvoir prendre du service sur les tarmacs polynésiens. Elle avait obtenu du Pays une licence de transporteur dès 2014, renouvelée, sans date limite, en 2018. Restait toutefois à obtenir un Certificat de Transporteur aérien délivré lui, non pas par le Pays mais pas l’aviation civile d’Etat. Un CTA « avant la fin de l’année » Une procédure qu’elle avait lancée une première fois en 2019, puis de nouveau en 2022, en espérant s’appuyer sur son CTA calédonien pour opérer au fenua. Une demande balayée par les autorités de l’État, qui considère que ce n’est pas un groupe, mais bien la société basée en Polynésie qui doit obtenir son sésame. Air Gekko et sa maison mère du Caillou avait bien tenté de retourner cette décision devant les juridictions administratives, à Papeete, puis à Paris, mais là encore sans succès. Air Alizé s’est donc résolu à lancer les fastidieuses procédures pour obtenir localement un certificat. Et ce travail touche désormais à sa fin : des essais et « audits » locaux, destinés notamment à vérifier la bonne application du Manuel d’exploitation présenté par l’opérateur, ont eu lieu au début du mois. Quelques démarches complémentaires ont été demandées à la compagnie, mais le précieux CTA devrait bien être accordé, entre ce mois d’octobre et la fin de l’année, comme le confirme un connaisseur du dossier. Air Gekko a déjà recruté un capitaine, doit faire revenir un pilote polynésien expérimenté depuis la métropole, a lancé d’autres recrutements pour se doter d’un puis deux équipages complets, et a même envoyé un mécanicien local passer une certification complémentaire à l’étranger. Evasans longue distance, charters VIP… Tout est prêt, donc, et notamment le Cessna Citation CJ2+ qui attend sagement son heure à Tahiti-Faa’a, sa nouvelle base. Ce « jet » de 14 mètres de long à la cabine luxueuse peut voler, grâce à ses deux moteurs à réaction, en « moins de deux heures » vers les Marquises et se poser sur 80% des pistes de Polynésie, assure l’opérateur. Pour Air Gekko, aucun doute : l’appareil a tout pour intéresser les autorités sanitaires, pour assurer certains évacuations interîles. Ces evasans sont assurées depuis près de 30 ans par Air Archipels qui dispose aujourd’hui de trois Beechcraft à turbopropulseurs (avec des hélices comme les ATR), des avions dont les trajets sont généralement moins coûteux que ceux des jets, mais aussi moins rapides. Chez Air Gekko, le premier objectif affiché, n’est pas de détrôner la filiale d’Air Tahiti, quoiqu’il arrive liée à la CPS par une convention pluriannuelle, mais de proposer une activité « complémentaire », principalement sur les évasans longue distance les plus urgentes. L’appareil, capable d’accueillir six passagers, devraient aussi, une fois son CTA en poche, réaliser des vols charters et « VIP » entre les îles polynésiennes et sera aussi autorisé à transporter du fret. Le Cessna a déjà effectué une évacuation sanitaire ce mois-ci, mais depuis l’extérieur du fenua. L’avion a ramené vers le CHPF début septembre, un patient de Wallis-et-Futuna, ce qui change des habitudes d’évacuation sanitaires de l’archipel, d’habitude plutôt tournée vers le Médipôle de Nouvelle-Calédonie.