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Air Tahiti : le plus dur reste à faire

 

©Radio1/B.Buquet

Après les nombreux rendez-vous devant le tribunal administratif, les discussions houleuses entre la compagnie et le Pays, un appel d’offre infructueux, le versement d’une subvention d’équilibre qui n’évitera pas un important déficit, la mise en place du cadre réglementaire pour officialiser et encadrer le service public rendu par Air Tahiti, la compagnie doit maintenant répondre au nouvel appel d’offre, puis négocier avec le gouvernement les futurs tarifs des billets d’avion. Le point avec Manate Vivish, le directeur général d’Air Tahiti.

À présent que le cadre réglementaire des délégations de service public dans le transport aérien a été adopté par l’assemblée, le plus dur reste à faire pour Air Tahiti : remporter l’appel d’offres, et trouver un accord avec le Pays sur les prix des billets. Et le temps presse car tout cela doit prendre effet au 1er juillet prochain. Manate Vivish, le directeur général d’Air Tahiti, admet que « c’est compliqué. Généralement une délégation de service public se traite en un an. »

« La question tarifaire sera évidemment une question centrale »

« Et effectivement si l’offre d’Air Tahiti était retenue, nous entrerions à ce moment-là dans une phase de négociation avec le Pays pour définir les conditions financières (…). Et la question tarifaire sera évidemment une question centrale », poursuit Manate Vivish, qui a bien entendu les déclarations devant l’assemblée du ministre en charge, Jean-Christophe Bouissou, selon lesquelles le Pays espère une baisse du prix des billets sur les 32 destinations déficitaires d’au moins 20%. Mais les tarifs, dit le directeur général d’Air Tahiti, dépendront de l’effort financier que le Pays sera prêt à faire. À la fin de l’an dernier, on se souvient que la compagnie avait reçu une subvention d’équilibre de 450 millions de Fcfp pour poursuivre l’exploitation des lignes déficitaires. Mais son bilan 2020 devrait quand même montrer un déficit d’au moins trois milliards de Fcfp.

Le gouvernement trop optimiste ?

Jean-Christophe Bouissou semblait tabler sur des niveaux de fréquentations retrouvés d’ici à deux ans. Manate Vivish ne partage pas cette analyse et situe le bout du tunnel à 2025 ou 2026, conformément aux prévisions de l’IATA.

L’emploi, prochain sujet « chaud » pour Air Tahiti

La compagnie sera-t-elle obligée, pour rentrer dans les clous de la délégation de service public tout en maintenant ses grands équilibres, d’agir sur l’emploi ? « Certainement…. on verra bien, répond Manate Vivish. Tout dépendra en fait de l’issue des discussions, mais ça fait partie des éléments qu’il faut considérer, c’est déjà le cas depuis l’année dernière, nous surveillons de très près l’évolution de nos charges, et notamment le poste de la masse salariale qui fait l’objet de toutes nos préoccupations. Nous avons réussi à obtenir des baisses très, très importantes sur la masse salariale l’an dernier, et nous maintenons ce dispositif tant que la société n’est pas sortie de la situation de crise dans laquelle on est. » Mais Manate Vivish convient qu’Air Tahiti fera face à un moment difficile lorsque les aides publiques baisseront avec la reprise d’activité : « Je pense qu’à ce moment-là il y aura des rendez-vous sociaux avec nos partenaires pour discuter des grands axes de l’évolution dès lors qu’on aura récupéré un peu de visibilité », conclut-il.

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2 Commentaires

  1. simone Grand
    19 mars 2021 à 15h20 — Répondre

    Courage Manate et tous mes voeux de réussite. Le représentant de notre fenua ne m’inspire aucune confiance. FAaitoito

  2. Microstring
    20 mars 2021 à 19h18 — Répondre

    Idem pour le président d’Air Tahiti.
    Il défend son bifteck alors que la routine s’est installée depuis un dizaine d’années. Air Tahiti n’est pas une administration, mais une compagnie privée. Il appartient à son directeur de se remuer les méninges, pas de pleurer comme un enfant à qui on a confisqué son jouet…

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