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Air Tahiti redoute une concurrence déloyale d’Islands

Manate Vivish, le directeur général d’Air Tahiti, et un pilote de la compagnie, M. Nadjarian. © Élodie Largenton

Le tout dernier ATR de la compagnie Air Tahiti a été béni, ce mercredi, à Rurutu, aux Australes. À cette occasion, Manate Vivish, le directeur général de la compagnie locale lance une pique en direction de son potentiel futur concurrent, Islands, la compagnie que souhaite lancer Bill Ravel : « Air Tahiti est une société privée qui porte dans ses veines, dans son ADN, le service public, il ne s’agit pas pour nous de ne desservir que des lignes intéressantes et d’aller là où il y a des touristes à transporter. »

Radio 1 l’avait révélé en septembre dernier : l’homme d’affaires et patron de Pétrocéan, Bill Ravel, veut lancer une compagnie aérienne domestique concurrente d’Air Tahiti en Polynésie française. Cette compagnie, baptisée Islands, affrèterait deux avions pour desservir les cinq archipels à des prix « 15 à 20% » moins chers qu’Air Tahiti. Sans citer ce potentiel concurrent, Manate Vivish, le directeur général d’Air Tahiti, vante les mérites de sa compagnie, qui dessert les 46 aérodromes du Pays au moins deux fois par mois. Cela fait d’Air Tahiti « un outil au service du développement du fenua, des archipels », affirme Manate Vivish, qui soulève la question du « maintien de la poursuite des vols de désenclavement » si la concurrence s’installe en ne desservant que les lignes rentables.

Ce rapprochement est déjà en cours, précise Manate Vivish. Le ministre des Transports est « parfaitement informé de la situation et prend toute la mesure de la problématique », estime le directeur général d’Air Tahiti.

ATR contre Embraer

Si Islands se lance réellement sur le marché intérieur dans quelques mois, c’est doté d’une flotte entièrement renouvelée qu’Air Tahiti fera face à cette nouvelle concurrence. Le dernier ATR-600 acquis par la compagnie a été baptisé Tapuata, nuage sacré, un nom issu des légendes d’Avera, un district de Rurutu. C’est donc dans cette île des Australes que l’avion a été couronné, ce mercredi. C’est le 34e ATR acheté par Air Tahiti depuis 1987, alors que Bill Ravel compte acquérir deux Embraer 175 pour sa compagnie Islands. Pour Manate Vivish, l’ATR possède notamment l’avantage d’être « moins gourmand ».

La nouvelle génération d’ATR n’est pas moins gourmande en carburant, mais les équipements informatiques à bord « permettent d’optimiser la gestion du vol et donc de faire des économies », explique Manate Vivish.

Le DG d’Air Tahiti rappelle que la seule concurrence à laquelle elle a dû faire face, Wan Air, n’avait pas tenu le choc et s’était arrêtée au bout de six mois d’exploitation.

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7 Commentaires

  1. Leon ceran Jerusalemy
    22 novembre 2017 à 21h45 — Répondre

    Il faut quand meme attirer l’attention sur l’inconfort des sieges qui nous font souffrir au coxis, et je suis etonne que ce ne soit pas signale?
    Passez le message svp , merci!

    • Taaroa
      23 novembre 2017 à 5h51 — Répondre

      Pour le coxis, il y a surement double effet kiss kool, un le siège, 2 le prix du billet

  2. Warning sign
    23 novembre 2017 à 4h46 — Répondre

    C’est assez paradoxal puisque le DG d’Air Tahiti redoute une concurrence déloyale tout en confirmant que par le passé les concurrents, ont, dans les mêmes conditions de concurrence, été étranglés par la toute puissance d’Air Tahiti …

    Il faudrait savoir. La déloyauté n’est elle pas qu’un prétexte , qui au nom du service public et de la desserte de lignes non rentables ,des profits colossaux ont été partagés pendant quelques années uniquement entre un tout petit nombre de cadres de la direction ? Ces pratiques de prédateurs que l’on trouvait aussi dans le monde politique, doivent cesser mais certains ont du mal à tourner la page sur des pratiques non éthiques.

  3. Chaval
    23 novembre 2017 à 5h46 — Répondre

    Si Air Tahiti revoyait ses tarifs peut-être que Manate Vivish serait moins inquiet

  4. pat
    23 novembre 2017 à 6h48 — Répondre

    toujours la menace de ne plus desservir les iles enclavées comme par exemple les marquises mais il ne faut pas oublier que le pays paye plus de 130 millions à air Tahiti pour compenser les pertes donc ses menaces sont inutiles et ne peuvent être que désagréables aux oreilles des habitants de ces iles enclavées

  5. Stanley CROSS
    23 novembre 2017 à 10h04 — Répondre

    Entièrement d’accord avec Warning Sign & Pat. Le DG de Air Tahiti, avec l’arrivée d’une compagnie aérienne concurrente, s’inquiète surtout de la perte de leurs privilèges au sein de la compagnie, qui relèvent de l’indécence, voire de l’injure, face au plus de 25 % des familles vivant dans une grande pauvreté.

  6. Maluhia Venus
    23 novembre 2017 à 12h50 — Répondre

    vivement une nouvelle compagnie aerienne! Les tarifs sont trop chères! Au moins là, avec Islands, ça sera abordable pour le peuple maohi.

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