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Alexandre Rochatte veut « assumer les responsabilités » de l’État sur la sécurité

©HC

Le nouveau Haut-commissaire Alexandre Rochatte a atterri ce lundi matin à Tahiti-Faa’a. « Très heureux » de retrouver le fenua 13 ans après l’avoir quitté, l’ancien secrétaire général du Haut-commissariat, qui a depuis exercé en tant que préfet de Guadeloupe ou de la Loire, veut « continuer le travail » de son prédécesseur Éric Spitz. L’ancien militaire se sait très attendu sur beaucoup de dossiers. Mais il met surtout avant les enjeux de sécurité : lutte contre le trafic de stupéfiants – une marche contre l’ice devrait s’arrêter devant la représentation de l’État dès samedi – violences intra-familiales et sécurité routière restent des questions prioritaires.

Accueil républicain et polynésien, ce lundi, matin à Tahiti – Faa’a, à l’atterrissage d’Alexandre Rochatte. Le nouveau Haut-commissaire ne croisera pas son prédécesseur, Éric Spitz, qui avait décollé samedi matin pour rejoindre Paris et son « Conseil supérieur de l’appui territorial et de l’évaluation ». L’État, par tradition, n’a jamais plus d’un représentant sur le territoire, mais les responsables des nombreuses directions, institutions et missions nationales étaient bien présents, dans le hall de l’aéroport ce matin, pour des présentations protocolaires. Tous les visages ne sont pas inconnus pour Alexandre Rochatte : avant d’être préfet de la Loire – depuis 2023 – ou de la Guadeloupe – pendant le Covid -, cet ancien officier de marine, passé par le contrôle général des armées, le ministère de l’Outre-mer, ou l’Intérieur, côté Police nationale ou sécurité routière, avait été secrétaire général du Haut-commissariat à Papeete. Un poste où il avait d’ailleurs déjà succédé à Éric Spitz, et qui l’a visiblement positivement marqué. « Je suis très très heureux d’être présent ce matin à Faa’a, accueilli comme on sait le faire en Polynésie française, dit-il en guise de premiers mots aux micros. Ça fait 13 ans que l’on a quitté avec ma femme et mes enfants la Polynésie et on est très content de revenir ici ».

Poursuivre le travail « d’apaisement » des institutions

Le nouveau représentant de l’État connaît donc le pays, et il connait surtout ses « enjeux ». « Mais ceux d’il y a 13 ans, précise-t-il, il me reste beaucoup de choses à apprendre puisque les choses ont évolué dans les institutions, dans le personnel politique, même si je connais des élus qui l’étaient déjà il y a 13 ans et qui le sont encore aujourd’hui. Je connais aussi des acteurs économiques, des acteurs sociaux, mais tout ça évolue ». Il s’agit pour le Haut-commissaire de « continuer le travail » de son prédécesseur dans « l’apaisement complet dans le fonctionnement des institutions ».

« On a une grande richesse institutionnelle en Polynésie, avec des compétences transférées au Pays qui les exerce pleinement et l’État est là pour venir en appuis, en accompagnement dans l’exercice de nos compétences. Et puis on a nos compétences propres, je pense notamment à la sécurité, qui va être un enjeu majeur, on aura l’occasion de revenir dessus, tout ça fait que j’ai besoin, comme quand on arrive sur un nouveau poste, et même si j’étais ici il y a 13 ans, de parler, de découvrir, de rencontrer les décideurs, les élus, tous ceux qui sont en responsabilité, pour parfaitement comprendre la Polynésie et ensuite agir comme je le souhaite ».

Stupéfiants, sécurité routière, violences intrafamiliales

Interrogé sur la question du nucléaire, Alexandre Rochatte explique qui l’en sera « évidemment question » ces prochains mois. « Ça fait partie des sujets qui sont évidemment sur la table avec des débats, des évolutions en matière de réglementation, en matière de couverture des dégâts des essais nucléaires », précise-t-il, rappelant que son mandat est avant tout de « mettre en œuvre » les engagements pris par Emmanuel Macron en 2021 sur le sujet. Parmi ces engagements, au moins un point n’a pas fait l’objet d’avancées concrètes : le remboursement de la dette de l’État auprès de la CPS pour la prise en charge du coût des maladies radio-induites, qui faisait déjà partie des dossiers importants confiés à Éric Spitz lors de sa prise de fonction en 2023.

Pour Alexandre Rochatte, hors de question de fixer dès son atterrissage des priorités. Mais c’est bien la sécurité que le nouveau Haut-commissaire met de lui-même en avant, alors qu’une manifestation anti-ice doit parcourir Papeete ce samedi, que 27 Polynésiens sont morts sur les routes depuis le début de l’année, et que les violences intrafamiliales restent le gros point noir des bilans de statistiques de la délinquance au fenua. Trois sujets sur lesquels le préfet se dit prêt à « assumer les responsabilités ».

Moetai Brotherson absent à l’arrivée, mais en entretien dans la matinée

Dans la petite foule présente à l’aéroport ce matin, outre les responsables des secteurs de la justice, de la sécurité, des affaires maritimes, les directeurs de services du haut-commissariat et bien sûr les danseurs, la vice-présidente du gouvernement Minarii Galenon. Le président Moetai Brotherson, lui, n’est pas de la cérémonie, retenu à Raiatea, où il inaugurait ce weekend, entre autres rendez-vous, le nouvel hôtel 4-étoiles Apatoa. Pour la ministre des Solidarité, Alexandre Rochatte n’en prendra pas ombrage : « Il a tout le temps de voir le président, de voir le gouvernement, et il connait un peu la Polynésie, il connait nos obligations ». L’arrivée d’un représentant de l’État qui ne « découvre pas » le fenua, dont il connait même « les habitudes » et les « rouages », est un élément rassurant pour la vice-présidente indépendantiste qui salut à la fois le côté « chaleureux » et les « expériences » du nouveau Haut-commissaire. Important pour un gouvernement qui veut travailler « au mieux » avec l’État, notamment sur les questions de sécurité et d’ice :

Moetai Brotherson, qui avait pris soin de venir saluer Éric Spitz lors de son départ samedi matin à Tahiti-Faa’a, ne tardera pas à rencontrer son successeur. Car Alexandre Rochatte, après un dépôt de gerbe au monument aux morts, traditionnel premier geste des Haut-commissaire, va enchainer les rencontres protocolaires : avec le président du Pays, le maire de Papeete, la présidente de la cour d’appel ou son secrétaire général, lui aussi sur le départ, ce lundi. Puis avec les parlementaires polynésiens, les représentants du Cesec, de l’armée, de la gendarmerie, de la police, ou de la justice dans les prochains jours.

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