ACTUS LOCALESCOMMUNES Aménagement du territoire : Marama fenua veut susciter le débat citoyen aux municipales Lucie Ceccarelli 2026-02-24 24 Fév 2026 Lucie Ceccarelli ©Cédric Valax Alors que la campagne des municipales bat son plein, l’association Marama fenua appelle à ouvrir un véritable débat public sur l’urbanisme et l’aménagement des communes. Sur un territoire marqué par la rareté du foncier et la fragilité des milieux naturels, ces choix structurants restent trop peu discutés, ou bien de manière trop technique, alors qu’ils engagent durablement l’avenir des communes et le cadre de vie de leurs habitants. L’association liste quelques questions et exemples de projets que les citoyens, mais aussi les médias, doivent s’approprier pour participer et encourager les débats. L’association Marama fenua, urbanisme durable et cadre de vie veut mettre la thématique de l’urbanisme et de l’aménagement du territoire au cœur du débat démocratique local à l’occasion des élections municipales. « Souvent perçus comme des sujets techniques, réservés aux spécialistes ou aux administrations, ils concernent en réalité directement le quotidien de chacun et engagent des choix collectifs majeurs pour l’avenir d’un territoire », soulignent dans un communiqué ses membres, pour beaucoup professionnels du secteur, et dont font partie l’ex-directeur de l’agriculture Philippe Couraud ou l’ancien de la direction de l’Équipement passé par Tarahoi Teiki Porlier. D’autant plus que la manière dont sont organisés les espaces d’un territoire revêt une importance particulière au fenua, où « le foncier est limité, les milieux naturels fragiles, les risques naturels importants et les infrastructures coûteuses ». À ce jour, sur un total de 48 communes polynésiennes, 16 disposent d’un Plan général d’aménagement (PGA) approuvé, dont cinq sont situées dans la grande agglomération (Mahina, Pirae, Papeete, Punaauia et Paea). Cela représente au total 41 % du territoire couvert par un PGA, soit 54 % de la population. « Les décisions prises aujourd’hui en matière d’urbanisme et d’aménagement ont des conséquences durables, parfois irréversibles, sur les paysages, l’environnement et les modes de vie. » C’est pourquoi l’association demande à ce que ces questions soient débattues de manière ouverte, claire et accessible pendant les campagnes des municipales car « voter ne consiste pas seulement à choisir une équipe municipale, mais aussi à adhérer à une manière de concevoir le développement de la commune, l’usage du foncier, la protection de l’environnement et l’organisation du vivre-ensemble ». Quelques exemples de questions concrètes à poser aux candidats L’association propose quelques pistes de questions à poser aux candidats, comme par exemple : « Demander plus de compétences en urbanisme est-il envisagé ? », « Certaines communes sont-elles prêtes à délivrer elles-mêmes les permis de construire, comme c’est le cas dans de très nombreuses collectivités de taille comparable ? », « Comment les services du Pays et ceux des communes parviennent-ils à faire respecter les règles d’urbanisme sur leur territoire ? »… Des questions qui peuvent également se référer à des projets mis en avant par les candidats ces derniers jours, tels l’aménagement d’un front bâti entre To’ata et la place Jacques Chirac à Papeete, les centres-villes envisagés sur les anciens terrains militaires à Pirae et Arue, ou encore le jardin public de Temae à Moorea. « Le débat public sur les politiques d’aménagement et d’urbanisme en Polynésie française est très peu perceptible. Il nous semble donc utile et profitable aux décisions à prendre d’initier, d’encourager voire de susciter des débats publics à différentes échelles du territoire : un quartier, un motu, la commune, voire l’île entière ou le pays », conclut l’association, qui souhaite ainsi pouvoir susciter, proposer et encourager la poursuite ou l’ouverture de ces débats en impliquant l’ensemble de la population, mais aussi les médias en tant que relais d’information essentielle en cette période électorale.