ACTUS LOCALESFAITS DIVERSSOCIÉTÉ Après les routes, les drones des forces de l’ordre scrutent le lagon Charlie Réné 2025-07-06 06 Juil 2025 Charlie Réné Les forces de l’ordre se mobilisent, comme tous les ans, pour une campagne de sécurité des loisirs nautiques. Vitesse sur les lagons, équipements de sécurité à bord, contrôle des plongées et surtout respect des règles d’observation des cétacés, qui ont été resserrées cette année… Pour être plus efficace dans ses constats, la gendarmerie, qui s’était déjà doté de drones pour capter les infractions routières, utilise désormais ces caméras aériennes pour surveiller les plaisanciers. Si la « sensibilisation » est favorisée, ces yeux au-dessus du lagon servent aussi à verbaliser. C’est un rendez-vous saisonnier pour les forces de l’ordre. Tous les ans, avec l’arrivée des grandes vacances et de la saison des baleines, la gendarmerie, en coopération avec la DTPN et plusieurs services du Pays, renforce sa présence sur et aux abords des lagons, pour sensibiliser – et le cas échéant sanctionner – sur les règles de sécurité des loisirs nautiques et de plaisance. La campagne annuelle met comme souvent l’accent sur les équipements de sécurité à bord, les respects des limitations de vitesse des bateaux, ou encore la règlementation de la plongée ou les règles de sécurité entourant la pêche sous-marine. Avec comme premier objectif de faire baisser le nombre d’accidents en mer : pas moins de 450 opérations d’assistance ont été coordonnées par le JRCC l’année dernière, aboutissant au sauvetage de 285 personnes. Nouvelles règles pour les professionnels L’autre priorité, c’est bien sûr le respect de la réglementation d’observation des baleines et autres cétacés qui a encore évolué cette année, pour les professionnels. « On a une saison qui a été étendue, du 20 juillet au 20 novembre, rappelle le major Da Silva, commandant de la brigade nautique de Papeete, avec désormais des horaires bien cadrés, de 7h30 à 17h30. Il y a surtout des limites au nombre de bateaux qui peuvent rentrer dans la zone d’observation de 300 mètres autour d’un groupe de baleines, pas plus de trois, ce qui est contrôlé par une application mis en place par la Diren, et une limitation à 6 plus un guide du nombre de personnes à l’eau. Le périmètre d’approche, lui a été revu à 15 mètres au lieu de 30″. Interdictions pour les particuliers Autant de règles qui ne concernent que les prestataires de whale watching agréés par le Pays – de même que leurs guides, qui doivent faire l’objet d’une certification. Les particuliers et plaisanciers n’ont, eux, par principe, « pas l’autorisation » de s’approcher d’un groupe de baleine pour observation et doivent réglementairement se tenir à plus de 300 mètres. « On a d’expérience que très peu d’infractions qui sont constatées chez les professionnels, précise le commandant de la brigade nautique, qui rappelle que les sanctions à leur égard, en plus des amendes, peuvent aller jusqu’à un retrait de la licence pour la saison et l’interdiction de remplir un nouveau dossier l’année suivante. En revanche, on doit faire des rappels à la réglementation à chaque sortie pour les plaisanciers particuliers ». Voire des verbalisations pour ceux qui perturbent les cétacés venus de l’Antarctique se reposer, se reproduire ou mettre bas dans les eaux polynésiennes. Un œil au dessus du lagon Et pour faire respecter ces règles, la gendarmerie se dote cette année d’un nouvel outil, redoutable : les drones, qui après avoir été déployés au dessus des routes pour constater des conduites dangereuses, surveillent désormais aussi les activités sur le lagon. « Ce sont les mêmes drones utilisés à terre sauf qu’ils ont été un peu customisés pour être utilisés en mer : on a rajouté en fait une poignée pour pouvoir les récupérer dans de bonnes conditions puisque le bateau se déplace. Mais ce sont les mêmes drones et les mêmes opérateurs, explique le colonel Grégoire Demezon, commandant de la gendarmerie en Polynésie. Ce qu’on va pouvoir constater, c’est justement ce qui a été rappelé sur les infractions à la réglementation baleines. On va pouvoir observer le comportement des prestataires, le comportement des particuliers. On fait des constatations et derrière éventuellement une verbalisation ou de la sensibilisation ». https://www.radio1.pf/cms/wp-content/uploads/2025/07/LAGON-DRONE-1.wav Les drones « très sollicités » La gendarmerie va généralement à la rencontre des contrevenants pour faire les rappels d’usage ou dresser des contraventions, mais les enregistrements du drones permettent aussi de mener les procédures plus tard, sur convocation. « La gendarmerie dispose aujourd’hui de 5 drones qu’ils soient au sein de la gendarmerie des transports aérien ou de l’antenne du GIGN, rappelle le commandant. Et ils sont très sollicités : on les utilise dans le cadre de la sécurité des loisirs nautiques, dans le cadre de la sécurité routière, dans le cadre des opérations de police judiciaire également. Et enfin dans le cadre d’opérations d’ordre public, de manière très régulière en cas de rassemblements de personnes ou de rassemblements de grande ampleur ». https://www.radio1.pf/cms/wp-content/uploads/2025/07/LAGON-DRONE-2.wav L’utilisation des drones sur les routes et le lagon, dans le cadre d’opération de police administrative, fait toujours l’objet d’une autorisation par arrêté, qui est diffusée sur le site du Haut-commissariat. La brigade nautique, qui coordonne l’action d’une quinzaine d’embarcations et de deux jet-ski en Polynésie, pour un total d’une quarantaine de gendarmes formés au pilotage, mène tout de même la vaste majorité de ses opérations sans moyens aériens : 350 embarcations ont été contrôlées depuis le début de l’année, aboutissant à 74 verbalisations.