ACTUS LOCALESMUNICIPALESPOLITIQUE Ataria Firiapu défend un projet « en phase avec les réalités » de Moorea Lucie Rabreaud 2026-02-01 01 Fév 2026 Lucie Rabreaud Premier adjoint d’Evans Haumani au lendemain du scrutin de 2020, avant de prendre rapidement ses distances, Ataria Firiapu mènera sa propre liste aux municipales de mars. Moorea Maiao A Ti’a Mai refuse les étiquettes politiques et assure vouloir un développement « en concertation avec sa population ». Une population qui souffre, d’après l’informaticien et interprète passé par l’aérien ou les hydrocarbures, de la mauvaise gestion de l’explosion touristique, des difficultés de transports qui pèsent notamment sur les jeunes, du manque de protection environnementale… Ou encore des lacunes en infrastructures culturelles, qui pourraient créer de l’emploi plutôt que les « grands projets » qui ne font pas l’unanimité. Technicien aéronautique de formation, il a travaillé chez Air Tahiti, est devenu officier de déchargement de pétrolier, puis gestionnaire d’une station essence à Moorea avant de repartir sur les bancs de l’école à 38 ans pour devenir technicien informaticien. Il a participé à la naissance de la compagnie Air Moana qu’il a gérée en tant que directeur adjoint. Il a ensuite travaillé comme conseiller technique au ministère du Travail de Vannina Crolas et est aujourd’hui informaticien, traducteur et interprète en français tahitien. Il dit en rigolant en être à son « 15e métier ». Âgé de 55 ans, il est père de sept enfants dont Niuhau Firiapu, sélectionné comme gardien de but dans l’équipe de Tahiti United : « C’est ce qui me motive tous les jours, de voir cette énergie, il a à peine 18 ans, et il veut vivre son rêve, jouer au foot. » Ataria Firiapu se présente comme tête de liste de Moorea Maiao A Ti’a Mai aux prochaines municipales. Il a déjà été élu à Moorea, comme colistier du maire actuel, Evans Haumani. Il était même son directeur de campagne en 2020 et a été choisi comme 1er adjoint. Mais ça n’a duré que quelques mois. Rapidement, il dit « ne plus avoir été en phase » avec la majorité communals dès la fin 2020, avant que le conseil n’adopte une délibération pour mettre fin à ses fonctions. Un épisode qu’il résume aujourd’hui en disant « qu’en politique, on en apprend tous les jours ». « On ne s’est pas préparé » à l’afflux touristique C’est cette expérience, mais aussi « un appel de femmes et d’hommes engagés, certains encore au conseil municipal » qui l’ont poussé à candidater pour cette élection du mois de mars. Pour lui, tout le problème de Moorea tient à son développement touristique rapide et considérable : « Depuis la crise sanitaire du Covid, les passagers qui transitent sur le port de Vaiare, résidents et touristes, ont explosé. Ils ont doublé. On frôle les deux millions de passagers annuels. La fréquentation qui double en à peine six ans : tout le problème est là. On ne s’est pas préparé, on n’est pas prêt. D’où cette frustration de la population de voir évoluer les choses. » Le développement urbain rapide de Moorea sera un enjeu de la prochaine mandature. Les gros projets de commerces ou de structures hôtelières ont cristallisé les tensions ces dernières années. Des projets présentés par certains élus comme l’opportunité d’offrir de l’emploi à la population mais pour Ataria Firiapu, il manque surtout des espaces culturels, un cinéma et une salle de spectacle comme To’ata. Des projets culturels et touristiques qui peuvent aussi être source d’emplois : https://www.radio1.pf/cms/wp-content/uploads/2026/01/MOOREA-FIRIAPU-culture-source-emploi-aussi.wav La tête de la liste Moorea Maiao A Ti’a Mai dit qu’il « n’a rien contre messieurs Wane et Fourcade ou d’autres promoteurs, que ce pays a besoin d’eux » mais qu’il faut un développement « en concertation avec la population qui vit sur place ». « Les résidents peinent à bouger sur cette île » Surtout qu’à côté de ces projets, les habitants sont confrontés à des problèmes quotidiens : « Le changement, ce n’est pas évident d’accepter dans la mesure où on n’est pas prêt. Nous manquons d’infrastructures publiques pour la population. Il ne faut pas oublier que les résidents peinent à bouger sur cette île. Ceux qui ont des véhicules peuvent se déplacer. Mais beaucoup habitent les fonds de vallée. C’est un gros souci : la mobilité, le transport public. » Ataria Firiapu sait de quoi il parle, avec ses sept enfants, « c’est toujours une galère ». Il sait qu’ils sont dès 4 heures du matin sur les routes pour avoir un bus et ensuite prendre le bateau pour revenir tard le soir. « Si avec cette organisation, on arrive à former des ingénieurs ou des docteurs, je leur tire un grand coup de chapeau. » Le candidat propose de monter une régie de transport communal, acheter des bus, rentrer en discussion avec des transporteurs et surtout réaliser un schéma directeur de transport en commun sur l’île. https://www.radio1.pf/cms/wp-content/uploads/2026/01/MOOREA-FIRIAPU-transport-public.wav Beaucoup d’autres sujets, comme la protection de l’environnement, l’avenir de la jeunesse, l’entretien des quartiers, sont au programme avec cette promesse : « Un projet communal réaliste, solidaire et durable, en phase avec les réalités du territoire. Mais pas de résultats immédiats, ni de solutions toutes faites ». Derrière cette liste, pas de couleurs politiques, assure Ataria Firiapu. Sa liste est le résultat « d’un mouvement citoyen », des hommes et des femmes qui veulent « s’engager personnellement » pour « protéger l’île de tout ce qui ne coïncide pas avec la vision de ses habitants ». https://www.radio1.pf/cms/wp-content/uploads/2026/01/MOOREA-FIRIAPU-liste-citoyenne-sans-parti.wav