ACTUS LOCALES

Au CHPF, on dénonce les propos « gratuits et infondés » des élues à l’assemblée

© Delphine Barrais

Les propos tenus jeudi à l’assemblée par Cathy Puchon et Hinamoeura Morgant-Cross sur la qualité des soins aux patients atteints de cancer ont fait réagir dans le milieu hospitalier.  Pour les manipulateurs radio, qui oscillent entre tristesse et colère, les chiffres avancés sont « complètement faux ». La direction de l’hôpital, elle, s’attache à énumérer les progrès réalisés depuis dix ans dans la prise en charge,

Après les débats tendus ce jeudi à l’Assemblée, l’heure est à l’indignation du côté du CHPF. Cathy Puchon et Hinamoeura Morgant-Cross ont mis en cause le ministre de la Santé, Cédric Mercadal, l’accusant d’abandonner les malades du cancer et même de « tuer des gens » Des accusations jugées « gratuites et infondées » par certains personnels de santé, notamment par les manipulateurs en électroradiologie. Selon Julien Uhrig, représentant A Ti’a i mua, ces spécialistes au cœur du traitement du cancer, dénoncent : « Déjà, sur la véracité des propos et des chiffres, ça ne se base sur rien. C’est complètement faux en termes de chiffres. Ensuite, sur la forme, accuser le ministre de tuer des patients, on trouve ça inadapté. » D’autant plus que le personnel revendique une « implication de tous les instants ».  » Nous, on met beaucoup d’efforts, beaucoup de temps à soigner nos patients correctement. Il faut savoir qu’on annule moins de radiothérapies qu’en métropole. Quand une machine est en panne, on attend, on répare sur place. On travaille parfois jusqu’à 22 heures pour être sûrs que tout le monde ait son traitement. » Le personnel soignant ne prévoit pas de réponse officielle, mais « ces propos blessent. Ils reposent sur des ressentis, pas sur des faits. Et surtout, ils dénigrent le travail des équipes qui se battent tous les jours pour leurs patients » précise encore le représentant. « Quand on entend des choses comme ça, c’est de la peine, de la tristesse, une grande incompréhension et peut-être un peu de colère », conclut Julien Uhrig.

« Des équipements de pointe et des équipes pleinement mobilisées »

La direction du CHPF a elle aussi réagi et clarifié, dans un communiqué diffusé ce vendredi qui dit comprendre les inquiétudes suscitées dans la population. « La continuité des soins en oncologie est pleinement garantie », affirme l’hôpital, qui « n’a cessé de renforcer son offre de soins, en s’appuyant sur des équipements de pointe et des équipes pluridisciplinaires expertes pleinement mobilisées. »  Sont listées les avancées les plus récentes en matière de traitement des cancers : « l’unité d’imagerie déddier avec gamma-caméra, qui sera complétée par un TEP-scan en juin 2025, permettant l’accès local aux techniques diagnostiques les plus avancées. Le renouvellement en 2024 d’un des accélérateurs de particules de l’unité de radiothérapie. Le second appareil, également neuf, est installé et entrera en service au mois d’août de cette
année. L’accès aux traitements innovants assuré par la pharmacie hospitalière, qui veille à la disponibilité des thérapies les plus récentes. Le déploiement, depuis 2018 en partenariat avec la Direction de la Santé, de chimiothérapies en dehors de Papeete, notamment à Taravao et Uturoa, pour une meilleure proximité de soins dans les deux principaux bassins de population. Enfin, le CHPF a noué des partenariats avec des centre hospitaliers nationaux de référence afin de soutenir son expertise médicale. Ces coopérations historiques restent effectives et soutenues au bénéfice de la population polynésienne. »

 

 

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