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Cancer : Cédric Mercadal dénonce « un procès politique bâti sur des contre-vérités »

Cathy Puchon (Tapura) et Hinamoeura Morgant (Tavini) ont toutes deux accusé le ministre de la Santé d’abandonner les malades polynésiens du cancer. La première l’accusait notamment de ne pas avoir renouvelé une convention avec l’Institut Gustave Roussy de Villejuif, faute de financement, provoquant une « rupture des soins », et la seconde a exprimé ses doutes sur la véracité des réponses du ministre. 

Les « réunions de consultation pluridisciplinaires » entre les médecins du CHPF et de l’Institut Gustave Roussy, lancées en 2019, ont lieu deux fois par semaine pour déterminer le meilleur protocole de soins pour les patients ultramarins. Elles permettent de réduire le délai de prise en charge spécialisée, mais aussi de réduire le nombre d’évacuations sanitaires.  Cathy Puchon affirmait qu’elles avaient cessé et demandait pourquoi la convention n’avait pas été renouvelée. Le ministre a expliqué qu’aucune convention n’encadrait réellement cette pratique : la convention État-Pays de 2021 et sa convention d’application de 2022 « prévoyaient que le CHU de Bordeaux organise et assure ces RCP avec un financement de l’État. Mais cette convention indiquait ‘action différée, calendrier à préciser’. Alors je pose la question, qu’a fait l’ancien ministère pour que ces réunions soient organisées dans un cadre légal ? » Gustave Roussy a accepté de continuer ces réunions « sous le couvert de la convention Unicancer qui ne prévoyait absolument pas ce type d’action » puisque son objet était de concourir à la mise en place de l’Institut du cancer de Polynésie française. Mais l’institut de Villejuif a fini par présenter une facture de 100 millions au Pays pour une période de six ans.

Une facture erronée puisqu’elle concernait aussi les réunions avec le centre hospitalier calédonien. La mise au point qu’il a fallu faire a provoqué l’annulation d’une seule réunion depuis le 8 avril, affirme le ministre. Pour la suite, une convention a été finalisée aujourd’hui même, entre l’ICPF et Gustave Roussy, pour 13 millions de Francs par an. « On va se débrouiller pour trouver des artifices juridiques pour pouvoir payer cette dette, avec l’État. »

Cédric Mercadal s’est emporté contre « le ton et le fond » de la question, « un procès politique bâti sur des approximations, des contre-vérités ; accuser un ministre de laisser mourir les malades (…) ça flirte avec le pénal », lui a -t-il répondu. « À aucun moment la permanence des soins n’a été interrompue, les malades ont été suivis, accompagnés et pris en charge. »

Cathy Puchon demandait aussi quand l’Institut du cancer ouvrirait « avec tous ses équipements opérationnels », reprochant au gouvernement d’avoir privilégié la rotonde du CHPF plutôt que le site Princesse Heiata au nom de la rapidité. Cédric Mercadal affirme que « nous sommes dans les temps », avec la réception des travaux de confortement prévue au 2e semestre de cette année pour une ouverture en début d’année prochaine, c’est à peu de chose près ce qu’il avait annoncé en novembre dernier durant une visite de chantier. Le cyclotron sera logé juste à côté – « Il n’est même pas commandé ! » a lancé Cathy Puchon à la pause –  et le Tep-Scan sera mis en service dès le mois de juin, modernisé par un extension de 3 à 6 anneaux.

Quant à Hinamoeura Morgant-Cross, elle n’était pas satisfaite des réponses du ministre, qualifiées de « démonstration de pipeau » : « Vos actions et vos inactions tuent des gens (…) Vous dites qu’il n’y a pas eu de rupture des soins, mais les gens sont très, très mal soignés. »

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