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Au Tavini, malgré la faible mobilisation, « C’est la rue qui nous rendra notre liberté »

Le parti indépendantiste avait appelé à la mobilisation, ce mercredi matin, dans les rues de Papeete pour « accueillir » Manuel Valls et l’interpeller sur le dossier décolonial. Si les élus et militants historiques étaient présents, le double cortège n’a pas beaucoup attiré au delà : moins de 200 marcheurs se sont rejoints à Tarahoi. Ce qui n’empêche pas Oscar Temaru de penser que l’État, s’il ne se conforme pas aux résolutions de l’ONU sur le lancement d’un processus d’autodétermination, y sera tôt ou tard contraint par la rue. D’autres soulignent la différence de traitement avec les indépendantistes calédoniens.

Oscar Temaru avait, au micro du moins, espéré « 100 000 personnes » dans la rue ce mercredi. Ils ont été un peu moins de 200 à se joindre aux deux « sit-in » devant le temple de Paofai et la cathédrale, rapidement transformés en cortèges qui se sont rejoints à Tarahoi. Derrières les banderoles rappelant que « l’indépendance est le bonheur suprême d’un peuple », ou citant Emmanuel Macron sur son fameux « la colonisation est un crime contre l’humanité » – une phrase prononcée pendant la campagne présidentielle de 2017 à propos de l’Algérie -, beaucoup d’élus bleu ciel, des « historiques » du Tavini, mais peu de soutiens extérieurs au parti, qui était bien décidé à interpeller Manuel Valls pour son premier jours de visite. Au cœur des slogans et discours, sans surprise, le refus de la France d’ouvrir un dialogue de décolonisation et un processus d’autodétermination pourtant demandé par l’ONU. « On veut lui dire que notre pays n’est pas à vendre, ça il doit le savoir, et de respecter les différentes résolutions qui ont été adoptées à New York depuis 2013, précise Oscar Temaru, qui a participé à la marche de Paofai à l’assemblée, et qui ne semble pas décontenancé par la faible mobilisation : « Nous croyons fermement que c’est la rue qui nous rendra notre liberté un jour ».

« On ignore ce qui se passe ici, alors qu’on fait attention à ce qui se passe en Calédonie »

Dans le cortège on parle de Maohi nui, de nucléaire, bien sûr, mais aussi de la lutte Kanak, et de l’accord de Bougival, signé vendredi dernier entre les indépendantistes du FLNKS, les loyalistes et l’Etat. Un accord qui fait débat au Tavini : Moetai Brother son y voit des choses intéressantes, Tony Géros l’estime « ambigu » et « mort dans l’œuf », et Oscar Temaru y voit une impasse, confortant encore une fois la stratégie onusienne des bleu ciel. Mais quel que soit sa portée, cet accord montre, pour beaucoup de militants, que l’Etat peut parler de décolonisation dans le Pacifique. « Il peut pas faire fi du combat des indépendantistes en Polynésie, c’est un peu bizarre, note Heinui Le Caill. On ignore ce qui se passe ici, alors qu’on fait attention à ce qui se passe en Calédonie… C’est pas normal : ce sont deux colonies quand même ». 

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