ACTUS LOCALESÉDUCATIONENVIRONNEMENT Bénitiers et herbiers : le projet des « Petits gardiens du lagon de Maiao » Nanihi Laroche 2025-10-22 22 Oct 2025 Nanihi Laroche © Tatiana Mahe À Maiao, les élèves de l’école primaire se mobilisent pour protéger leur lagon. Depuis la rentrée, 22 enfants du cycle 1 participent à un projet pédagogique : créer une nurserie de bénitiers pour restaurer les fonds marins et replanter des arbustes pour ralentir l’érosion des plages. Pour l’instant cantonnée au sein de l’établissement, cette initiative inspirée des coutumes locales, notamment le rāhui, devrait commencer sur différentes plages de l’île dès janvier prochain. Le projet est sélectionné pour les trophées To’a Reef de l’Ifrecor. « Les petits gardiens du lagon de Maiao », c’est le nom du groupe de 22 élèves du cycle 1 de l’école primaire de l’île, engagés dans un projet pédagogique dédié à la protection de leur environnement. Leur mission : créer une nurserie de bénitiers pour restaurer le lagon, tout en revégétalisant les plages et en menant des actions de sensibilisation contre la pollution. Une initiative sélectionnée pour le concours Les Trophées To’a Reef 2025, mais imaginée bien avant ce dernier, explique Tatiana Mahe, enseignante du cycle 1 et 2, qui assure : « que l’on gagne le concours ou pas, on continue notre projet, pour faire connaître Maiao et ses enfants ». Une nurserie pour les bénitiers du lagon Le projet est né d’une prise de conscience : « On se rend compte qu’avec le changement climatique qui s’aggrave, il faut qu’on réagisse maintenant. Et qu’on n’attende pas que ce soit trop tard. On est encore dans la préservation et dans la prévention avec nos actions », explique Tatiana Mahe. L’école a décidé de faire quelque chose « en lien avec les coutumes de Maiao, c’est-à-dire le rāhui » et « de mettre en place une nurserie de bénitiers, explique Jean Meziane, directeur de l’école. Le bénitier n’est pas une espèce en danger, mais reste rare sur l’île. Il est bénéfique pour le lagon, notamment pour la filtration de l’eau. C’est pour ça que cette idée a germé. » Le projet, mené avec des élèves du cycle 1, sera normalement étendu dès l’an prochain aux classes du cycle 2 et 3. https://www.radio1.pf/cms/wp-content/uploads/2025/10/MAIAO-1-benitier.wav La zone d’implantation n’est pas encore définie, mais devrait se situer près de l’école. « À Maiao, tout projet doit être validé par la coopérative, c’est avec elle que nous travaillons en ce moment pour délimiter la zone », précise le directeur. « Nous avons déjà commencé dans la cour de l’école » Depuis la rentrée, « les élèves sont en phase, on va dire théorique, où on fait tout un travail d’apprentissage en classe », indique le directeur. « Dès que cette phase sera terminée, on pourra organiser de manière plus concrète la mise en place de cette nurserie, – dans le courant de janvier à mars 2026 –, mais en attendant, les enfants s’initient aux écosystèmes marins et terrestres à travers des activités pédagogiques au sein de l’établissement », explique Jean Meziane. « Nous avons déjà commencé dans la cour de l’école, informe Tatiana Mahe. On a des bacs à sable où ils commencent à imaginer un peu les futurs herbiers et les futures nurseries qu’on pourra mettre en place dans notre lagon. Aussi, nous avons commencé à planter, parce que ça fait partie aussi de nos objectifs, de planter des herbiers tout autour de l’île, sur nos plages, afin de retenir encore la terre et le sable. » Plusieurs espèces locales ont même déjà été sélectionnées, dont le miki miki, le hotu et le kahaia. https://www.radio1.pf/cms/wp-content/uploads/2025/10/MAIAO-2-ecole.wav © Tatiana Mahe « On fait avec les moyens du bord » Pas de gros budget ni de matériel spécifique : le projet repose sur l’entraide et la récupération. « Quand on vit ici, on apprend à se débrouiller et puis la communauté est très solidaire, donc si on a besoin de quoi que ce soit, on sait qu’on aura l’aide de la population, de la coopérative et de la commune de Moorea et de Maiao », explique l’enseignante, qui ajoute : « On fait avec les moyens du bord, c’est-à-dire ce qu’il y a sur place : les branches, les palmes de ni’au, etc. » Une approche qui séduit les enfants, déjà très proches de la nature. « Ils sont très respectueux, même par rapport à leur alimentation. Au goûter, ils n’ont pas de chocolat, de biscuits à la crème, ils ont plutôt une préférence pour les fruits de saison », poursuit Tatiana Mahe. ©Tatiana Mahe