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Christian Tein contre l’Accord de Bougival, « l’impasse pas une option », pour Valls

Christian Tein estime que l’Accord de Bougival marque une régression par rapport à l’Accord de Nouméa de 1998. Un congrès du FNLKS, qu’il préside, doit se tenir dans les prochains jours pour arrêter une position finale de tous les mouvements indépendantistes. Le ministre des Outre-mer, cheville ouvrière de cet accord, met en garde contre le « désastre » que représenterait « un vide institutionnel ».

Le président du FNLKS, Christian Tein, s’est exprimé contre l’Accord de Bougival. « Individuellement, je suis contre cet accord parce qu’il ne répond pas à nos attentes (…). Je pense qu’on est trop loin du chemin déjà parcouru », a-t-il déclaré mardi à l’AFP. L’Union calédonienne dont il est l’un des cadres avait communiqué le 21 juillet ses critiques à l’égard de l’accord, déplorant notamment que « les fondamentaux du combat du peuple kanak n’y apparaissent pas. »

« La démarche est biaisée d’emblée parce que l’État est toujours dedans »

Christian Tein estime que la période de discussions a été marquée par une « pression terrible », et que l’Accord de Bougival est « un retour en arrière pour le peuple kanak » par rapport à l’Accord de Nouméa de 1998. La perspective de la création d’un état calédonien et d’une nationalité calédonienne ne représente pas une avancée à ses yeux : « Pour moi, la démarche est biaisée d’emblée parce que l’État est toujours dedans, c’est une petite nation dans une grande nation et nous, on ne s’est pas battus pour la construction de notre pays dans cette démarche-là. Il faut tenter d’aller chercher la pleine souveraineté, mais on voit que dans le projet d’accord, on est loin du compte. »

Christian Tein, contraint de rester en métropole par son contrôle judiciaire, assistera en visio-conférence au congrès du FNKLS qui doit se tenir la semaine prochaine pour arrêter une position finale de tous les mouvements indépendantistes.

« Sans accord, c’est tout l’édifice économique et social prévu qui s’effondrerait »

Interrogé par notre partenaire Les Nouvelles calédoniennes, le ministre des Outre-mer Manuel Valls « regrette profondément cette position » mais ne se « résigne pas, le FNLKS peut encore s’inscrire dans la voie de l’accord. » Il rappelle que « la responsabilité collective, désormais, est de faire aboutir cet accord et de lui donner vie » et défend « un cadre institutionnel souple et structurant ». Il met aussi en garde contre un blocage : « un vide institutionnel serait un désastre pour le territoire. Chacun doit mesurer les conséquences d’un non-accord : ce serait l’incertitude prolongée, le risque d’instabilité, le retour de la violence et la remise en cause des efforts de reconstruction déjà engagés. (…) L’impasse n’est pas une option. Sans accord, c’est tout l’édifice économique et social prévu qui s’effondrerait. »

Manuel Valls compte sur le comité de rédaction qui doit se réunir à Nouméa en août pour « affiner et consolider les textes de lois constitutionnelle et organique. Ce travail permettra de lever les ambiguïtés et de clarifier l’esprit de l’accord pour tous les Calédoniens. »

Avec Les Nouvelles calédoniennes

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