ACTUS LOCALESJUSTICE Cinq et trois ans de prison pour agression sexuelle sur un handicapé Pascal Bastianaggi 2025-03-05 05 Mar 2025 Pascal Bastianaggi Deux prévenus étaient poursuivis pour des faits de violences avec usage ou menace d’une arme et agression sexuelle sur une personne vulnérable. Ils ont écopé de peines de cinq et trois ans de prison. Christophe est le souffre-douleur de son quartier de Faa’a. Lourdement handicapé à la suite d’un accident de moto qui l’a laissé paralysé du côté gauche et psychiquement touché, sa seule activité consiste à trainer dans le quartier et de temps à autres aller quémander un peu de paka auprès des dealers du quartier. Parmi ceux-ci, Taaroa, qualifié de « Pablo Escobar » du coin, qui purge actuellement une peine de prison pour stupéfiants et Vaitua, l’un de ses amis. Si Christophe subissait habituellement des quolibets, les choses sont allées beaucoup plus loin en mars 2018. Alors qu’il trainait dans son spot habituel, Christophe voit Taaroa jouer avec une carabine à plombs. Il le prévient, « attention tu vas blesser quelqu’un. » Pour toute réponse, Taaroa lui tire dans la jambe. Puis à l’aide de Vaitua, l’allonge au sol, lui retire son short, puis son slip qu’il met sur la tête de Christophe. Ils s’emparent d’une pelle en plastique puis lui passe le manche « autour » de l’anus et lui font ensuite renifler le manche. « Il y a une volonté d’humiliation qui trouve son paroxysme dans cet acte dégradant. « Ces faits auraient pu tout aussi bien passer à l’as si les deux comparses n’avaient eu la brillante idée de filmer la scène. Vidéo qui a rapidement fait le tour du quartier. Comme ce qui se passe au quartier ne sort pas du quartier, ce n’est que lors de l’arrestation de Taaroa en 2019 pour trafic de stupéfiants que les gendarmes tombent sur la vidéo qu’il avait conservée dans son téléphone. À la barre les deux prévenus, tous deux trentenaires, ne respirent pas vraiment l’intelligence. Une expertise les décrira comme « immatures et impulsifs ». À la question « pourquoi avoir filmé ? », Vaitua répondra benoîtement, « parce que cela me faisait rigoler, je la regardais et je rigolais. » Pour la partie civile, représenté par Maître Cross, « dans ce quartier la morale n’a plus sa place, il y a une ambiance anxiogène. Depuis cette affaire, Christophe ne sort plus de sa chambre. » Puis pointant du doigt les accusés, « Ils ont cassé cet homme. » Argument repris par le procureur qui estime que « dans cet épisode sordide, il y a une volonté d’humiliation qui trouve son paroxysme dans cet acte dégradant. » Il précise aussi que si cette affaire n’est pas passée aux assises, c’est que « l’acte de pénétration n’a pas été suffisamment caractérisé. » Il requiert une peine de six ans de prison contre Taaroa et quatre ans pour Vaitua. Les deux peines assorties d’un mandat de dépôt. Après en avoir délibéré, Taaora a été condamné à cinq ans de prison dont deux avec sursis avec mandat de dépôt et Vaitua à trois ans dont un de sursis, également avec mandat de dépôt. Tous deux seront inscrits au Fijais, le fichier des délinquants sexuels. À l’issue de l’audience, le seul à avoir fait son mea culpa, c’est Taaroa : « je ne suis pas Pablo Escobar. Je suis devenu meilleur qu’avant grâce à la justice. Je demande pardon à la famille, ces choses ne se reproduiront pas. »