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Comment la fédé de surf donne un « avant-goût du haut niveau » à ses jeunes pépites


Deux ans après le changement de bureau, la FTS continue de « structurer » l’accompagnement des jeunes espoirs du surf polynésien. Le programme « Héritage », qui lie les fédés tahitienne et française, commence à porter ses fruits, observe le cadre technique Kevin Bourez. Et un nouveau stage commun est organisé à partir de fin février entre Tahiti et les Tuamotu. En ligne de mire : des résultats en WSL, les JO de 2028 et 2032, mais aussi les Jeux du Pacifique 2027 qui motivent déjà certains talents locaux. Quant au « Centre de performance polynésien », il attendra encore un peu, le temps de trouver une organisation sport-études plus adaptée aux contraintes naturelles du surf.

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« Restructurer » et « professionnaliser » la FTS, « s’investir davantage pour accompagner la nouvelle génération »… C’était le cap fixé par Max Wasna et son nouveau bureau, lors de son élection fin 2023 à la tête de la Fédération tahitienne de surf. Un peu plus de deux ans plus tard, « les choses ont bien avancé », comme l’explique le cadre technique Kevin Bourez, particulièrement engagé sur la question de l’accompagnement des espoirs du surf polynésien. L’ancien compétiteur et freesurfeur, membre du nouveau bureau avant d’être recruté début 2025 par la fédé, le sait « d’expérience » : la Polynésie a toujours eu un « vivier » de jeunes surfeurs talentueux. « Mais lorsqu’on faisait des déplacements sur les ISA et les championnats du monde, on voyait bien que, par rapport à la fédération française ou d’autres fédérations, l’encadrement, le staff, le suivi médical, les entraînements, tout ça, ça manquait un peu à Tahiti, a-t-il expliqué jeudi sur le plateau de l’Invité de la rédaction. C’est ce qu’on essaie de mettre en place avec la Fédération tahitienne ».

La FTS a donc développé de nouveaux moyens pour « donner un cadre » et « donner un avant-goût du haut niveau » aux jeunes surfeurs à potentiel. Mais elle dispose surtout d’un dispositif partagé avec la Fédération française de surf, lancé, avec l’entremise de Jérémy Florès, dans la lignée de Teahupo’o 2024 : le programme Héritage.

Programme héritage : « On voit les mentalités qui changent »

Kevin Bourez le rappelle : renouer les liens entre deux fédé aux relations « compliquées » depuis les années 90 n’était pas chose aisée. « Mais ça s’est fait au bénéfice des jeunes », pointe le cadre technique, dans un contexte d’olympisation du surf qui implique de « se rassembler sous la même bannière » plus fréquemment. Le fenua a ses spots reconnus internationalement, la métropole a son centre de performance moderne et ses encadrants expérimentés, les deux mêlent leur vivier pour « gagner en cohésion » et identifier les meilleurs… Un premier stage commun a eu lieu en mars 2025 à Tahiti les jeunes espoirs locaux de 10 à 15 ans sont ensuite partis en septembre sur la côte landaise, les coachs ont eux aussi pu confronter leur manière de travailler.

Si le programme va se poursuivre cette année, avec une session entre Papara et les Tuamotu entre la fin février et le début mars, c’est que les résultats de Heritage sont déjà visibles, pointe Kevin Bourez. « On voit les mentalités qui changent, les jeunes sont plus autonomes, plus disciplinés, la motivation qui monte… En termes de résultats, Kelia Gallina (qui a remporté les trials de la Tahiti Pro 2025 et est devenue à 12 ans la plus jeune surfeuse à participer à une épreuve du CT, ndr) c’est un des meilleurs exemples, mais on le voit aussi chez d’autres filles avec Raipoe Chapelier qui gagne tout cette année, continue le responsable. Ils sont allés à Hawaii, et ils reviennent des championnats du monde ISA avec Miliani Simon, où ils ont fait 7e et 10e, ce sont de très bons résultats ».

Les JO, mais aussi les Jeux du Pacifique

Parmi les autres jeunes tahitiens engagés dans le programme : Takihei Ellacott, Liam Sham Koua, Anuaiterai Gatien, Tauirai Henriou ou Kavei Pierson… Kiara Goold avait aussi fait partie du premier stage héritage l’an dernier, elle a depuis enchaîné les résultats en WSL : 5e de la Ballito Pro en CS, 4e de la Toa Pro à Papara et vainqueur de la Sunset Pro à Oahu en QS, elle sera de nouveau sur le parcours des challengers series en 2026. Elle est aujourd’hui une sérieuse prétendante au programme national de préparation olympique, avant Los Angeles 2028, où Kauli Vaast, Vahine Fierro et Tya Zebrowski font partie des participants probables, ou en vue de Brisbanne 2032, qui concernera peut-être d’autres pépites tahitiennes.

La FTS développe son propre programme « Ambition » en vue de Tahiti 2027 et a déjà mis sur la table un « parcours de sélection » où seront pris en compte, dans cet ordre, les résultats en CT, CS, QS et dans le championnat Open polynésien. Les Jeux du Pacifique, qui n’ont pas toujours accueilli une épreuve de surf, ne sont pas une priorité pour tous les athlètes de la discipline, mais certains se disent « très motivés » à l’idée de pouvoir représenter leur pays, ce qui leur est aujourd’hui impossible, en catégorie senior, en compétition ISA. La Fédération, en tout cas, soigne sa communication pour donner à la compétition toute l’importance qu’elle mérite :

L’autre outil qui devait aider à accompagner les jeunes surfeurs, ce devait être le CPP, ce « Centre de performance polynésien » dont se sont déjà dotés plusieurs fédérations sportives et qui permet notamment d’aménager les horaires scolaires des jeunes espoirs. « Toujours dans les projets », ce pôle de performance a été remis à plus tard. D’abord parce que la Fédération a « d’autres priorités, surtout au niveau financier », explique son cadre technique, mais aussi parce qu’en l’état « le CPP n’était pas forcément adapté à notre discipline ». Là où la natation, l’athlétisme, le tennis de table ou le judo peuvent programmer leurs entrainements en début et en fin de journée, le surf, lui, est très dépendant des conditions météo. « On ne peut pas caler des heures précises, et il faut qu’on arrive à trouver une meilleure formule pour mieux allier le côté sportif et le côté scolaire » reprend Kevin Bourez. La création du CPP surf a donc été renvoyé à l’horizon 2028.

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