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Coronavirus : les sans-abris de Tahiti attendent leur confinement

Père Christophe et son équipe lors de leur tournée de ce vendredi soir, à Fare Ute. ©Charlie Réné

Les consignes données par le Haut-commissariat sont claires : toute la population polynésienne doit être confinée à partir de ce vendredi soir à minuit. Pourtant, en début de soirée, on croisait beaucoup de sans-abris dans les rues de l’agglomération de Papeete. Une situation regrettée par Père Christophe, qui comme toutes les semaines assure une maraude à bord de son « truck de la miséricorde ».

À bord, environ 150 repas, grâce au don d’une pizzeria du centre-ville. Mais l’idée, ce vendredi soir, est surtout de recenser la population de SDF pour aider les autorités à les informer sur l’épidémie et les confiner au plus vite.

« Nous sommes en lien avec le Haussariat, qui nous assuré qu’ils seraient réunis dans un lieu ce soir, explique le prêtre, connu pour son engagement auprès des sans-abris. Mais pour l’instant, on attend que le Pays bouge ». À l’entendre, même si les contacts entre les sans-abris et le reste de la population sont souvent limités, il est à craindre que le virus se propage entre SDF si l’un d’eux était touché. Fort est à parier, aussi, que l’état de santé de certains les rendent particulièrement vulnérable à la maladie.

En fin d’après-midi, les autorités assuraient qu’ils travaillaient activement à trouver des solutions pour les sans-abris. Un lieu de rassemblement et de confinement aurait été identifié.

En attendant, le Père Christophe le rappelle : malgré le confinement, les SDF ont toujours besoin de solidarité. L’action du « truck de la Miséricorde » devrait, d’une façon ou d’une autre, se poursuivre dans les prochains jours. Les dons sont donc toujours les bienvenus.

 

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1 Commentaire

  1. 21 mars 2020 à 5h35 — Répondre

    Le problème des SDF est un des points noirs dans cette période de confinement, il en est de même dans les « favellas » locales où la population s’entasse dans des « habitations » construites en dépits de toutes normes et où la promiscuité est un grave facteur d’épidémie. Je comprends aussi cette femme qui hier sur Polynésie première disait : « Comment on peut payer une amende si l’on sort de chez nous, on est pauvres alors comment on fait ?  » Là dans ces exemples cités il y a véritablement danger, ces situations de précarité existent depuis des décennies, et il y de plus en plus de SDF, le père Christophe malgré tout le dévouement dont il fait preuve ne peut résoudre à lui seul cette situation. Qui a encore en mémoire l’après cyclone Veena où la cote Ouest avait été prioritaire pour remettre sur pied les fare et autres habitations endommagées ? En attendant la cote Est très gravement touchée avait été prise en charge bien plus tard, en quelques lieux des années encore on a vu des gens abrités sous des toiles de tentes, et oui « Selon que vous soyez puissants ou misérables etc…etc… » il avait bien raison La Fontaine.

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