ACTUS LOCALESCOMMUNESMUNICIPALESPOLITIQUE CRSD, Tahara’a, Aneane : les pièces maîtresses du projet de Teura Iriti à Arue Lucie Ceccarelli 2026-02-23 23 Fév 2026 Lucie Ceccarelli Aménagement du futur centre-ville sur les anciens terrains militaires, valorisation culturelle et naturelle des sites de Aneane et du Tahara’a, modernisation des réseaux d’eau, rénovation de l’assainissement collectif… À Arue, la maire sortante Teura Iriti décline un programme structuré autour des grands chantiers menés sous sa mandature, suivant le Plan général d’aménagement qu’elle espère voir valider cette année. Elle a détaillé ces projets, entourée de ses colistiers, à l’occasion de la présentation de sa liste Arue Ia Papa’oa ce lundi matin, puis dans l’émission Quart d’heure de campagne sur nos antennes. Proximité avec les administrés et continuité des projets, tels sont les maîtres mots du programme présenté par Teura Iriti et ses colistiers lundi matin, sur le site symbolique du Bassin du Roi à Arue. La maire sortante de la commune, représentante Tapura à l’Assemblée, y a présenté sa liste d’union, qui réunit « trente-trois colistiers de tout bord, dans tous les domaines » dont la plus jeune, 28 ans, est ingénieure agronome. Composée aux deux-tiers d’anciens colistiers, la liste Arue Ia Papa’oa accueille une dizaine de nouveaux visages, parmi lesquels l’ex-ministre des Sports Naea Bennett. Les projets en cours et à venir de la mairie étaient au cœur des discussions ce lundi matin, à commencer par ceux à moyen terme : l’aménagement de l’aire de jeux Hirione, actuellement en travaux face à la Maison James Norman Hall et qui devrait être inaugurée en fin d’année, ou encore l’extension du cimetière. Mais ce sont davantage les projets à long terme qui ont fait parler d’eux, parmi lesquels le Plan général d’aménagement de la commune que la tavana a mis en place au début de sa mandature et qu’elle espère voir valider cette année. Ce PGA englobe, côté est (vers Mahina), des projets d’aménagements liés à la culture et la nature ; au centre, des logements et administrations ; et côté ouest, vers Pirae, le centre-ville avec des activités économiques et commerciales, les écoles et les terrains militaires rétrocédés dans le cadre du CRSD. Côté est, des projets culturels et agricoles, proches de la nature Le terrain de Aneane, situé au-dessus du Taharaa, a été présenté dans la perspective d’y développer des projets en lien avec la nature : « Nous avons 300 hectares au-dessus de la cité Jay qui vont être destinés à tout ce qui touche aux randonnées, à la nature, à l’agriculture », pour pouvoir notamment fournir davantage de produits locaux aux cantines de la commune. « Et beaucoup plus bas, le site du Taharaa, que l’on connaît si bien et dont on continue à croire que le Pays et nous-mêmes allons être acquéreurs pour mettre en place un grand centre culturel, un centre de vie, qui se marie bien avec le site Aneane au-dessus », souligne Teura Iriti, qui aimerait y accueillir les groupes de danse de la commune et, pourquoi pas, un futur Heiva. https://www.radio1.pf/cms/wp-content/uploads/2026/02/TEURA-IRITI-CAMPAGNE-1.wav Côté ouest, un centre-ville aménagé sur les terrains du CRSD Du côté des terrains militaires rétrocédés dans le cadre du Contrat de redynamisation des sites de défense (CRSD), d’autres projets sont envisagés : côté montagne, un marché de Arue, un espace pour les artisans et les événements, quelques commerces ainsi que des ateliers pour les entrepreneurs, tandis que le bord de mer sera dédié aux activités sportives et maritimes, comme la pêche ou la voile. « Notre particularité, c’est qu’on veut voir un ensemble avec le côté motu, côté mer. Des études ont été menées, ça y est, on sait exactement ce que l’on veut faire. Nous avons dépollué durant tout ce premier mandat, tous les hangars ont été démolis. Aujourd’hui, on va se lancer dans l’aménagement, ça deviendra vraiment un centre-ville, où plusieurs activités seront mises en place, avec bien sûr du travail pour nos jeunes et moins jeunes de Arue avant tout. » https://www.radio1.pf/cms/wp-content/uploads/2026/02/TEURA-IRITI-CAMPAGNE-2.wav À Erima, des réseaux d’eau vétustes et très coûteux L’épineuse question de l’eau a aussi été évoquée ce lundi matin, avec la mise en place d’un schéma directeur en 2023. Si la maire se félicite d’un « rendement de l’eau à 68 % l’an dernier, contre 55 % à son arrivée en 2021″, les travaux pour l’accès à l’eau potable sont loin d’être finis. « Cette année, nous avons obtenu une bonne subvention de l’État et du Pays pour continuer ces travaux, à hauteur de plus de 200 millions », précise-t-elle. Les travaux sur les réseaux d’eau vétustes du lotissement privé de Erima sont, quant à eux, estimés à 900 millions de francs, sans prise en charge possible par le Pays ni l’État selon la tavana. « On essaie de trouver une solution en sachant que Erima social fait partie de cette association. Pourquoi ne pas retirer Erima Social puisqu’aujourd’hui, son foncier appartient entièrement au Pays. Et à ce moment-là, le Pays pourra rénover tout ce secteur, c’est quand même un tiers de Erima, ce qui va soulager l’association Erima et trouver d’autres solutions à côté. » En mettant de côté le lotissement social Erima, pour lequel Teura Iriti en appelle à l’aide du Pays, le budget des travaux descendrait à 600 millions de francs. La tavana suggère de « voir avec la Polynésienne des Eaux comment les habitants peuvent être accompagnés. C’est sûr qu’ils mettront aussi de leur poche. Mais autant le faire aujourd’hui plutôt que d’attendre encore vingt ans et voir toute cette eau partir dans la nature, avec une facture importante à chaque fois. » https://www.radio1.pf/cms/wp-content/uploads/2026/02/TEURA-IRITI-CAMPAGNE-3.wav L’assainissement des eaux usées, une priorité environnementale Enfin, concernant l’assainissement des eaux usées, l’ambitieux projet d’assainissement collectif qui associe Arue, Pirae et Papeete au sein de la communauté de communes Teporionu’u a entamé ses travaux à Papeete. Travaux qui se poursuivront à Pirae avant de concerner Arue à partir de 2027. « Mais ça ne sera destiné qu’aux grands commerces, pas aux usagers de la commune », précise Teura Iriti. « C’est indispensable parce que nous voulons aussi préserver notre nature et notre lagon. Donc il faut absolument qu’on se penche sur ce dossier, qui est en bonne voie puisque le Pays, l’État et même les fonds européens nous accompagnent. » Si les ambitions affichées dessinent une commune mieux structurée et modernisée, plusieurs dossiers restent néanmoins encore suspendus à des validations institutionnelles, des incertitudes foncières et des équilibres financiers fragiles, que la maire sortante et son équipe devront encore concrétiser.