ACTUS LOCALESÉCONOMIESOCIÉTÉ Decathlon ouvre un magasin à l’aéroport, et réfléchit à la suite Charlie Réné 2026-01-03 03 Jan 2026 Charlie Réné Deux ans après l’ouverture du Decathlon de Punaauia, l’enseigne sportive, gérée au fenua par Maeva Sports et le groupe Buhagiar, a commencé à faire des petits. Une boutique, adressée aux touristes en transit mais aussi aux îliens et aux Tahitiens qui s’envolent pour les archipels, s’est ouverte dans l’aérogare de Tahiti-Faa’a. D’autres « points de contact », de petite taille ou au travers d’autres distributeurs, sont à l’étude à Tahiti, Moorea ou dans les îles. Le Decathlon de Punaauia, première implantation de la grande enseigne de sport au fenua, avait ouvert en grande pompe en décembre 2023 sur les hauteurs de Outumaoro. Alors que le magasin fêtait son deuxième anniversaire, un petit frère a ouvert le 18 décembre, du côté de l’aéroport de Tahiti-Faa’a, de façon beaucoup plus discrète. Il faut dire que les proportions ne sont pas les mêmes : 3 000 mètres carrés pour le vaisseau-amiral, contre 80 pour cette succursale, qui reprend le format de certains « Decathlon City » qui se multiplient en métropole, ou d’autres implantations aéroportuaires de l’enseigne, dans des terminaux d’Europe ou d’Asie. À Tahiti, c’est le groupe Moana Nui d’Yves Buhagiar et sa filiale Maeva Sports, créée pour l’occasion en 2023, qui gèrent la franchise. Cette installation dans l’aérogare de Tahiti-Faa’a – que le groupe connait bien, au travers de Tahiti Duty Free notamment – répond avant à une « opportunité », avec la libération d’un local stratégique, côté domestique, mais elle sa clientèle cible semble avoir été savamment calculée. « On va avoir tous les produits qui répondent aux besoins des touristes, qu’ils soient européens, américains ou d’ailleurs, qui arrivent pour des vacances en Polynésie mais ne s’arrêtent pas forcément à Tahiti pour y faire des achats, explique Simon Jeannekin, responsable de Decathlon en Polynésie et donc des deux magasins. Mais on s’adresse aussi aux habitants des îles, qui peuvent avoir des besoins avant de repartir chez eux, et qui n’ont pas l’occasion de passer au Decathlon de Punaauia. Et aux locaux qui partent en séjour dans les archipels. L’idée c’est d’être au plus prêts du lieu de passage pour tous les voyages ». Nouveaux « points de contact » à Tahiti, Moorea, voire dans les îles Les 700 références sur place – contre plus de 8000 à Outumaoro, mais une borne permet de se faire livrer l’ensemble du catalogue en ligne à l’aéroport, au même prix qu’à Punaauia – sont donc orientées plage, nautisme et lagon, font de la place aux marques locales et reprennent aussi les « best sellers » de différents rayons – vélo, fitness, camping… – pour les locaux. Les résultats sur les deux premières semaines d’exploitations seraient très encourageants, et Maeva Sports a déjà lancé des réflexions sur la création d’autres points de contact de ce genre. « Aujourd’hui on se retrouve avec deux magasins hyper complémentaires, en plus du site internet. Et demain on réfléchit à d’autres opportunités, on verra comment le marché se comporte et ce qu’on peut proposer que ce soit sur le territoire sur Tahiti, à Moorea ou dans les îles », reprend Simon Jeannekin, qui cite notamment la côte est et le Sud de Tahiti. Une réflexion qui devraient s’orienter, là encore, vers des boutiques de petites tailles servant de relais au site principal de Punaauia, voir vers du « B2B », des accords avec des commerçants déjà installés pour distribuer des produits Decathlon. https://www.radio1.pf/cms/wp-content/uploads/2025/12/DECATHLON-1.wav Défis d’approvisionnement, de gestion des stocks et d’adaptation au marché Quand au magasin d’Outumaoro, les deux premières années d’exploitation tiennent visiblement leurs promesses, même si la direction reconnait un certain nombre de « défis ». Du côté de l’approvisionnement – certains clients ont eu à différentes périodes, la mauvaise surprise de ne pas trouver leur référence ou leur taille en rayon -, la gestion des stocks, qui doivent prendre en compte la saisonnalité du fournisseur national… Un défi aussi dans l’appréhension du marché local pour la grande surface de sports, en concurrence avec plusieurs enseignes – comme Intersport, Olympians Sport… – déjà bien ancrée à Tahiti. Certains rayons et produits connaissent plus de succès qu’anticipé – les produits « d’hiver » et de sports de neige, achetés en amont de vacances à l’étranger, se vendent mieux que prévu – d’autres beaucoup moins. Environ 25% de l’offre a dû évoluer depuis l’ouverture : « Il y a encore de la découverte, mais on fait en sorte de s’adapter », pointe Simon Jeannekin, qui rappelle que la franchise de Maeva Sports lui permet de faire rentrer des marques extérieures, et notamment locales, pour « compléter » l’offre des marques maison. « Ce sont des magasins qui sont en perpétuelle évolution » assure le responsable, à la recherche de la recette parfaite pour offrir « un vrai magasin Decathlon avec une identité locale » : https://www.radio1.pf/cms/wp-content/uploads/2025/12/DECATHLON-2.wav