ACTUS LOCALESNOUVELLE-CALÉDONIE Des députés LFI et des syndicalistes exigent la « libération immédiate » de Christian Tein Outremers360° 2025-05-13 13 Mai 2025 Outremers360° Lors d’une conférence de presse lundi à l’Assemblée nationale, Jérôme Legavre, député LFI, des membres du Comité international contre la répression (CICR) et des syndicalistes (CGT, FO) ont exigé la « libération immédiate » de Christian Tein et des « détenus politiques kanak ». Ce sont 70 militants indépendantistes kanak qui sont incarcérés dans l’hexagone, suite aux émeutes de mai 2024. Les précisions de notre partenaire Outremers 360°. Lundi matin, une délégation de députés, dont Jérôme Legavre, de syndicalistes et de membres du CICR s’est rendue au ministère de la Justice « pour y exiger des réponses du Garde des sceaux », en vain. Le CICR avait déjà « adressé pas moins de quatre demandes d’audience au ministère de la Justice qui n’a pas daigné répondre ». Malgré cela, « nous ne lâcherons pas sur cette exigence, cette revendication élémentaire de libération immédiate des détenus politiques », a assuré le député LFI. Tandis que la présidente du groupe Mathilde Panot, en déplacement sur l’archipel, accompagné par Bastien Lachaud, lui aussi député LFI, « ont renouvelé, depuis la Nouvelle-Calédonie, cette exigence de libération immédiate de Christian Tein et de ses camarades ». Soupçonné d’avoir orchestré les émeutes de mai dernier en Nouvelle-Calédonie, Christian Tein, ainsi que plusieurs membres de la Cellule de coordination des actions de terrain du FLNKS, sont toujours détenus dans l’Hexagone. Le procureur de la République à Nouméa estime leur détention sur place trop dangereuse. Christian Tein a, depuis, été désigné président du FLNKS. « Dès que nous avons appris que Christian Tein et ses compagnons avaient été déportés en France, il nous est apparu que ces militants sont des prisonniers politiques, même en adoptant un regard purement institutionnel sur la question », estime Miguel Martinez, secrétaire du CICR. Pour lui, « la détention a été imposée pour des raisons purement politiques, sans rapport avec une infraction quelle qu’elle soit », et issue d’une « procédure manifestement entachée d’irrégularité ». Dénonçant un « chantage d’État colonial », Miguel Martinez, secrétaire du CICR, fustige aussi les conditions de détention de Christian Tein, « séquestré depuis 11 mois sans jugement », « placé à l’isolement dans un quartier de haute sécurité comme s’il était un terroriste ». « Il est un colonisé et il lutte pour la liberté de son pays », a renchérit le président d’honneur du CICR Gérard Bauvert, qui fait un parallèle avec des personnages de l’histoire coloniale française comme Toussaint Louverture, Abdelkader ou Pouvanaa a Oopa, tous trois détenus dans l’Hexagone à la suite de luttes -militaires ou politiques- anticoloniales. « Le ministre des Outre-Mer, Manuel Valls, parle de l’indispensable dialogue en Nouvelle-Calédonie. Si le mot dialogue a un sens, alors la première chose à faire, c’est de libérer immédiatement les détenus politiques », insiste Jérôme Legavre. « Il n’y aura pas de solution en Nouvelle-Calédonie tant que ces 70 détenus seront toujours entre des murs » ajoute le député qui assure « amplifier la campagne » et « chercher à dégager du soutien financier pour les familles, les proches et leurs camarades ».