ACTUS LOCALESSANTÉ

« L’épidémiologie de terrain » pour mieux analyser et mieux répondre aux défis de santé

Une vingtaine de spécialistes polynésiens de la santé suivent depuis le début de la semaine une formation en « épidémiologie de terrain », organisée avec la communauté du Pacifique, l’Université de Fidji, le ministère de la Santé et l’Arass. Objectif : donner aux professionnels des outils pour mieux analyser les populations et les situations sanitaires qu’ils côtoient… Et donc proposer, dans leur pratique, ou au niveau des politiques publiques, des réponses plus adaptées.  

Ils sont médecins, pharmaciens, infirmiers, techniciens de laboratoire, ou cadres de santé et sont issus de structures publiques (CHPF, Direction de la Santé, Arass, ILM, ICPF…) ou d’organismes privés, exploitant notamment des centres de dialyse. 26 spécialistes de la santé au total, qui participent depuis lundi dernier à une formation inédite, organisée par les autorités du Pays avec la Communauté du Pacifique. Face à eux, des formateurs fidjiens ou calédoniens spécialisés dans « l’épidémiologie de terrain » dont les outils doivent aider les professionnels à « construire des projets et améliorer le système de santé » au fenua. Objectif : mieux surveiller, mieux analyser les données… Et donc mieux répondre aux menaces sanitaires.

L’épidémiologie, « parent pauvre » de la médecine

Car l’épidémiologie – discipline sortie d’un relatif anonymat chez le grand public au moment de la crise Covid, pour le meilleur ou pour le pire – ça n’est pas que des cascades de chiffres et des courbes inquiétantes sur les maladies contagieuses. « L’épidémiologie, c’est la médecine de la population, du groupe, plutôt que celle de l’individu, explique le Dr Henri-Pierre Mallet, médecin spécialiste du sujet, attaché à l’Arass. C’est analyser, décrire des problématiques et des caractéristiques d’une population, et proposer des réponses adaptées à la situation ».

Plutôt que de chercher le meilleur traitement pour un patient, « on étudie tout à l’échelle de la population et on va essayer de donner des réponses pour le plus grand nombre, continue l’épidémiologiste, qui compte très peu de confrères spécialistes dans le pays et considère sa discipline comme un des « parents pauvres » de la médecine. C’est très mal connu, et on veut tout faire pour diffuser cette science de l’épidémiologie. Pour qu’on puisse parler le même langage, déjà, entre services, entre professionnels, qu’on puisse comprendre de quoi il s’agit. Et puis ensuite, il faut savoir présenter ces résultats aux politiques qui eux malheureusement vont pas forcément être formés. Mais on va apprendre à communiquer de façon simple pour démontrer que ce qui est issu de nos analyses permettent d’orienter les politiques publiques ».

Les maladies transmissibles, mais pas seulement

Si l’actualité sanitaire polynésienne laisse tout de suite penser à la grippe, la dengue ou la coqueluche, et que ce programme a aussi été lancé pour « renforcer les capacités locales » face à des « maladies émergentes » ou futures grandes épidémies, les « outils » de l’épidémiologie peuvent aussi s’appliquer aux maladies non-transmissibles.Et aider à définir les meilleures mesures de prévention. « On a par exemple ici des néphrologues, qui veulent pouvoir analyser dans le détail les facteurs de risque des insuffisances rénales dans la population qu’ils voient, analyse dans le détail le niveau de leur prise en charge, ce qu’ils peuvent améliorer », reprend le Dr Mallet. L’objectif de cette session, pour chaque participant, est d’ailleurs de construire un projet personnel qu’il pourra lui-même mettre en pratique dans son action quotidienne.

Le travail n’est pas terminé : la session de cette semaine – qui se termine ce lundi 24 février – doit se répéter trois fois dans l’année et cinq fois au total. Tout un programme cofinancé par l’UE et l’AFD, et qui permet d’acquérir des niveaux de certification reconnus par l’Université de Fidji. Certains participants pourraient d’ailleurs choisir de renforcer leur formation jusqu’à un diplôme de Master.

 

Article précedent

Les partisans de la France mobilisés pour accueillir Manuel Valls à Nouméa

Article suivant

"Sur un nuage", Kamel le Magicien dit "à bientôt" à Tahiti

Aucun Commentaire

Laisser une réponse

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

PARTAGER

« L’épidémiologie de terrain » pour mieux analyser et mieux répondre aux défis de santé