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Detox anti-ice à Papeno’o : « On n’a pas eu les moyens promis »

Le programme pilote d’immersion à Papeno’o, destiné au sevrage durable et à la réinsertion des anciens consommateurs d’ice, a débuté il y a un mois et demi avec deux bénéficiaires. Portée par l’association Varuatahi Vaa Tahiti de Stanley Paie-Ellis, l’initiative repose pour l’instant sur les moyens propres de l’équipe. En attendant les aides publiques promises, l’association multiplie les actions pour récolter des fonds, dont le Tupuna Fest, les 7 et 8 novembre au parc Aorai Tinihau, qui pourrait rapporter « un million de francs », espère son fondateur.

Une délégation réduite, faute de moyens, mais un projet lancé. Le programme d’accompagnement detox anti-ice à Papeno’o a commencé « depuis à peu près un mois et demi », assure Stanley Paie-Ellis, fondateur de l’association Varuatahi Vaa Tahiti. Des projets de récoltes de fonds sont en cours pour financer le programme dédié à la réinsertion et au sevrage durable.

« J’espère au moins un million »

Pour lever des fonds afin de soutenir son programme d’immersion à la Papeeno’o et sensibiliser à la lutte contre l’ice, l’association Varuatahi Vaa Tahiti organise la première édition du Tupuna Fest. Un évènement sportif sur deux jours, les 7 et 8 novembre au parc Aorai Tinihau à Pirae, qui « consiste à réunir trois disciplines sportives culturelles de Tuaro ma’ohi, avec le va’a, la course de porteur de fruits et le lever de pierre. Et en même temps, c’est mettre en avant nos actions sociales, comme la lutte contre l’ice avec des interventions », indique Stanley Paie-Ellis.

Le tout accompagné de concerts (Nati Jam, DJ Moze, Aremistic, Code 98…) et d’ateliers de prévention. Les participants sont incités à passer par les stands pour « gagner des points ». Le fondateur de l’association espère récolter par cet évènement « au moins un million ou un million cinq », et reconnait que d’autres levées de fonds seront nécessaires. « On va compter surtout sur les cœurs des Polynésiens », explique-t-il.

« On n’a pas eu les moyens de financer le projet »

Le programme de prise en charge des anciens addicts à l’ice, prévu fin novembre au Fare Hape du fond de la Papenoo, est un projet coûteux, sur une durée de six mois, qui comprend des entretiens avec Stanley Paie-Ellis – une dizaine ont déjà été effectués –, quatre séances d’hypnothérapie, mais aussi un stage d’insertion professionnelle en collaboration avec le Sefi, et la formation au parrainage pour assurer la continuité du dispositif. Et, bien évidemment, l’immersion au Fare Hape, où il faut prévoir le déplacement, le logement, la nourriture, le salaire de l’infirmière, etc. Initialement prévue pour une sortie d’un mois et demi, l’excursion a finalement été réduite à 2 semaines. « On est obligés de réajuster le programme à chaque fois, ce qui nous embête un petit peu », explique le fondateur de l’association, qui assure que pour l’instant toutes les dépenses sont à leurs frais « jusqu’à ce que le territoire se décide à nous aider. »

Un projet chiffré à l’origine « à plus de 12 millions » de francs et qui devait être financé en grande partie par le Pays, avait assuré Moetai Brotherson en août, grâce aux 250 millions de francs consacrés à la lutte contre l’ice, votés lors du premier collectif budgétaire de l’année. Des fonds que l’association n’a toujours pas vus, mais qui ne l’ont pas arrêtée.

« Le programme a déjà commencé, donc les bénéficiaires ont déjà commencé les ateliers, ont déjà commencé à être suivis, indique Stanley Paie-Ellis. Actuellement, on en a deux sur six parce qu’on n’a pas eu les moyens de financer le projet qui nous a été promis, mais on attend toujours. Au niveau du ministère, ça a bloqué, c’est un peu un conflit interministériel, ils renvoient un peu la balle : le sport, santé, santé, sport. Du coup, on a fait un peu yo-yo entre les deux ministères, et là, on ne sait plus du tout où on en est. Mais on espère qu’ils vont quand même faire ce qu’il faut pour nous aider. »

« Près de 20 appels par semaine »

Très sollicitée, l’association reçoit près de 20 appels par semaine, surtout de l’entourage des consommateurs. « On a beaucoup de demandes de parents dont les enfants sont consommateurs. Et on essaie de leur expliquer qu’on ne peut pas les prendre tant qu’ils ne sont pas prêts à arrêter. Parce que ça ne servirait strictement à rien avec ce qu’on fait. Donc, on les conseille, on les oriente vers la Fédération de lutte contre les drogues et la toxicomanie, avec notre ami Charles et Kathy. Ou éventuellement vers le CPSA, qui est un centre d’addictologie, pour qu’ils amorcent leur période de sevrage. »

Pour être bénéficiaire du programme, Stanley Paie-Ellis rappelle qu’il faut « déjà avoir commencé son processus de sevrage et avoir déjà arrêté au moins un mois et demi, et surtout d’avoir cette volonté d’arrêter ». C’est le cas des deux hommes d’une trentaine d’années qui ont été sélectionnés : « Alors, l’un d’eux, après son passage à l’hôpital psychiatrique – il a été interné à Tokani pour sa sécurité – il a arrêté de consommer, et a continué son sevrage jusqu’à ce qu’il entende parler du programme, dit le fondateur de Varuatahi Vaa. Il m’a contacté directement. Il voulait des informations pour y participer. Le deuxième, c’est sa sœur qui m’a contacté pour pouvoir l’aider à sortir de là. Et après, on a fait les premiers entretiens. Et effectivement, il était volontaire et il voulait arrêter. »

Les billets pour le Tupuna Fest sont disponibles sur la page Facebook de l’évènement.

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Tarena Maohi08/11/2025

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