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Les commerçants face à Édouard Fritch : « On a besoin d’aide, tout de suite »


Après Tipaerui la semaine dernière, le président du Pays a consacré la matinée à une nouvelle visite de terrain, au centre-ville de Papeete. Si l’accueil des commerçants a été plutôt poli, l’inquiétude, voire la tension est palpable dans le secteur. Inflation, TVA sociale, hausse du Smig, et difficulté d’approvisionnement… Les commerçants demandent des aides d’urgence.

Un président, trois ministres et une petite troupe de collaborateurs. Difficile de passer inaperçue dans les rues du centre-ville de Papeete ce matin, pour la délégation du Pays. Ça n’était de toute façon pas l’idée de « cette visite de terrain », qui fait suite à celle de la semaine dernière dans la zone industrielle de Tipaerui. Toujours le même objectif affiché : prendre le pouls de l’activité, « se rendre compte par soi-même » des difficultés des professionnels, et les sonder sur les mesures à prendre.

Une initiative saluée par la plupart des commerçants visités, qui ont réservé un bon accueil à l’équipe gouvernementale. Mais derrière les sourires, « il y a de la tension » assure le président de Papeete centre-ville, Dany Dana. L’association regroupe 400 commerçants, dont beaucoup sont « mis en difficulté » par l’inflation et les problèmes d’approvisionnement actuels. Aussi, la TVA sociale, mise en place par le pays le 1er avril, ou la nouvelle hausse du Smig annoncée pour le 1er mai passent mal. « On a besoin d’aide tout de suite, ce qui est en jeu, c’est la pérennité des commerces et des emplois, insiste le responsable associatif. C’est difficile aujourd’hui d’embaucher quelqu’un et ce sont les consommateurs qui vont en pâtir ».

Côté délégation, on fait de la pédagogie. Sur l’intérêt de la TVA sociale pour le sauvetage des comptes sociaux, sur le caractère inévitable des hausses de Smig face à l’inflation… Mais surtout sur les mesures existantes et à venir. Notamment en matière d’emploi. Virginie Bruant, ministre en charge du secteur, assure que les mesures d’aide à l’emploi mobilisent déjà des « budgets conséquents », mais que le gouvernement est « dans une phase d’évolution de ces mesures », et serait même en train « d’affiner » de nouveaux dispositifs. « C’est donc particulièrement important pour nous de prendre la température sur le terrain, insiste la ministre, pour voir vraiment quels sont les points à améliorer, vers quoi il faudrait tendre par rapport à leurs besoins ».

Smig : un recours va bien être déposé

La hausse du Smig est aussi contestée côté syndicat, mais au contraire parce qu’elle n’est pas assez élevée. Le gouvernement l’a fixé à 2% là où la loi en requiert 3,3%, a de nouveau expliqué, ce matin A tia i mua, O oe to oe rima et l’Intersyndicale du 17 mars. Le collectif « finalisait » ce vendredi midi, un recours en référé qui pourrait être étudié dès la semaine prochaine. À noter que ces organisations boycotteront la traditionnelle rencontre avec le gouvernement du 1er mai. La CSTP FO et la CSIP devraient en revanche y participer.

 

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