ACTUS LOCALES

« Boom des naissances » de baleineaux : les plaisanciers appelés à la responsabilité

Les mises bas de baleines à bosses s’enchaînent ces temps-ci dans les eaux des fenua. Les cétacés se rapprochent des récifs, s’abritent dans les passes et les baies, « bougent peu et respirent doucement », rendant le risque de collision avec un bateau des plus importants. Seule solution : ralentir, comme le demande l’association Mata Tohora, à qui ont été rapportés ces derniers jours plusieurs cas d’infraction à la réglementation sur l’observation. Des dérangements qui peuvent pousser les baleineaux à se mettre gravement en danger. 

C’est un rendez-vous saisonnier qu’il s’agit de ne pas gâcher. « En septembre tous les ans, on a les mises bas des baleines à bosse, et là actuellement, on est en plein boom de naissances, explique Agnès Benet, biologiste Marin et directrice de l’association de protection des cétacés Mata Tohora. Et donc les mamans se rapprochent très près des récifs et entrent dans les baies et dans les passes. Donc actuellement on a beaucoup de mamans avec leurs baleineaux, très jeunes, qui en position fragile : on reçoit des appels d’un peu partout, de Bora Bora, de Taha’a, Raiatea… Il y a également une baleine avec son tout jeune baleineau à Papara, dans le lagon. Donc en fait elles sont vraiment dans des endroits très proches des terres pour se mettre à l’abri des prédateurs et se reposer »

Des « zones de nurserie », où l’association appelle à la plus grande vigilance des plaisanciers. « Il faut faire très attention à la navigation, parce que quand elles sont en phase de repos, elles sont très peu visibles, elles respirent doucement et elles ne bougent pratiquement pas », reprend la directrice de Mata Tohora qui appelle à « limiter au maximum sa vitesse » dans les baies, les passes et les lagons, « seule façon de réduire le risque de collision ».

Les règles fixées par le Code de l’environnement – et qui ont été mises à jour cette année – proscrivent aussi pour les embarcations non-professionnelles, l’approche à moins de 300 mètres et toute mise à l’eau. Ce qui n’est pas toujours respecté : « On a des appels qui nous signalent des mises à l’eau dans ces zones, et surtout des bateaux qui vont très très près » des animaux, regrette la responsable. Seule la Diren et les forces de l’ordre peuvent faire des contrôles et sanctionner, mais Agnès Benet veut surtout faire comprendre les enjeux. « Si on les dérange, et on l’a vu une année, le baleineau peut essayer d’esquiver des bateaux et finir sur les coraux, où aller se bloquer dans les patates de corail. Ça peut être très grave, il peut se blesser, il peut se perdre, il peut aussi se séparer de sa maman. Tous les ans, on voit des baleineaux sans leur mère,  pour plusieurs raisons : ça peut être aussi une agression par un mâle ou par un prédateur naturel. Il n’y a pas que l’homme non plus qui peut perturber les animaux, mais essayons-nous à notre niveau déjà de faire attention à ne pas rajouter une pression supplémentaire ».

 

 

 

Article précedent

Journal de 12h, le 16/09/2025

Article suivant

Taporo VII : peut-être une dernière chance d'obtenir une immersion au large ?

Aucun Commentaire

Laisser une réponse

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

PARTAGER

« Boom des naissances » de baleineaux : les plaisanciers appelés à la responsabilité