ACTUS LOCALESJUSTICE Taporo VII : peut-être une dernière chance d’obtenir une immersion au large ? Caroline Perdrix 2025-09-16 16 Sep 2025 Caroline Perdrix L’armateur du Taporo VII, qui souhaite immerger l’épave, avait attaqué les rejets du Pays et de l’État. Son recours contre le Pays, trop tardif, est irrecevable. Son autre recours, contre l’État, aboutit à l’annulation du rejet, laissant la porte entrouverte à une nouvelle demande d’immersion dans les eaux internationales. Lire aussi : Couler le Taporo VII en pleine mer, la « seule solution » pour l’armateur En 2022, il avait coulé dans le port avant d’être ravagé par un incendie. Trois ans et demi plus tard, le Taporo VII est toujours là. Son propriétaire, la Compagnie française maritime de Tahiti (CFMT), dit ne pas avoir les moyens de transférer l’épave vers un des centres internationaux de recyclage, et en l’absence de filière locale de recyclage, voudrait pouvoir l’immerger. Le Pays, compétent sur les eaux territoriales mais échaudé par l’affaire du Kura Ora, s’y est opposé, et l’État a refusé d’autoriser son immersion dans les eaux internationales. Début septembre, l’armateur contestait ces deux décisions devant le tribunal administratif. La décision a été rendue ce mardi. Côté Pays, qui a opposé un refus implicite à la demande d’immersion, l’armateur a enregistré son recours au-delà du délai de deux mois : il est donc jugé irrecevable. Côté État, le Haut-commissariat avait argumenté qu’il n’était pas en mesure d’instruire correctement le dossier, jugé incomplet sur les alternatives possibles et sur les exigences de dépollution, mais rien ne l’empêchait de demander des informations complémentaires, estime le juge administratif. Non seulement l’État n’a pas répondu expressément à l’armateur, mais il n’a pas communiqué les motifs de cette décision de rejet implicite. Sa décision est donc jugée illégale pour défaut de motivation, et annulée. Et maintenant ? Il ne reste plus au propriétaire du Taporo qu’à reformuler une demande à l’État. Car le projet de filière locale porté par Enviropol, qui pourrait éventuellement s’attaquer à ce bateau de 74 mètres de long, fait face à des retards administratifs, et nul n’est en mesure de dire s’il verra le jour, ni quand.