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Enchères sous haute tension à Papeete

 

Plus d’une centaine de participants ont tenté leur chance sur 26 lots, issus principalement de saisies judiciaires liées à un trafic de stupéfiants démantelé l’an dernier. Outre les acheteurs habituels, des membres de la famille et des proches du prévenu, détenu mais pas encore jugé. Ils ont réussi à racheter une partie des biens qui lui appartenait, le reste ayant été acquis par des particuliers ou des professionnels en quête de bonnes affaires.

Ce samedi à Papeete, une vente aux enchères pas comme les autres a attiré la foule. Environs 300 personnes étaient réunies sur un terrain privé de la servitude Temaeo à Papeete. Beaucoup de curieux, et un peu plus d’une centaine d’acheteurs qui se sont disputé 26 biens – des véhicules, des engins de chantier, des containers et des équipements audio – issus de saisies judiciaires, notamment dans le cadre d’un trafic de stupéfiants démantelé l’an dernier. Si ce type de vente attire souvent un large public, cette fois la présence de proches du prévenu dont les biens étaient vendus n’est pas passée inaperçue. En nombre, ils sont venu « soutenir » et tenter de « récupérer au maximum » ce qui lui appartient.

« Tout ça, c’est la sueur de leur front »

 « Pour moi, ça ne provient pas de la drogue. Avec mon époux on a vécu avec lui. On passe tout notre temps, tous les jours, pratiquement tous les week-ends, avec eux et on n’a jamais trouvé de drogue. Je ne peux pas dire que c’est la drogue qui a payé tout ça. Tout ça, c’est la sueur de leur front. Je trouve ça dommage qu’on n’ait pas encore jugé le copain. Mais on est contents, on a eu ce qu’on voulait, » confie Valena, une amie du détenu.

Parmi les lots les plus convoités, un T-Max, ce deux-roues qui a la cote au fenua, a vu son prix exploser, passant de 500 000 francs à plus de 2,5 millions de francs après une série de surenchères. D’autres équipements, comme des appareils audio ou des véhicules récents, ont également atteint des montants bien supérieurs aux estimations de départ.

Les personnes saisie sont interdites d’enchérir

Le commissaire-priseur en charge de la vente, Laura Chevalier, assure cependant que tout s’est déroulé dans le respect des règles : « Seules les personnes directement concernées par la saisie étaient interdites d’enchérir. Nous avons vérifié, et ces personnes n’étaient pas présentes aujourd’hui. »

Des bonnes affaires

Au-delà de cette polémique, des chefs d’entreprise et acheteurs réguliers ont aussi profité de l’occasion pour réaliser de bonnes affaires. Sandra Maillot, habituée des ventes aux enchères, se réjouit d’avoir acquis à un bon prix du matériel pour son entreprise : « J’ai réussi à avoir une dépanneuse. En principe, j’aurais dû en avoir une deuxième, mais on était accordé sur le même prix à 2 millions. On pensait que c’était nous et finalement, il y a l’autre aussi qui a mis à 2 millions, donc elle m’est passée sous le nez. Mais ce n’est pas grave, j’en ai eu au moins une. Je suis contente quand même.”

Les fonds récoltés lors de cette vente seront reversés à l’État. Un sujet qui fait écho à la proposition de la députée Nicole Sanquer, qui a récemment suggéré à Manuel Valls d’affecter ces sommes issues des saisies judiciaires au financement d’un centre de désintoxication en Polynésie. Un projet qui viserait à accompagner les personnes dépendantes aux stupéfiants, transformant ainsi l’argent du crime en levier de réinsertion.

Prochain rendez-vous pour les amateurs d’enchères : une vente sur liquidation judiciaire, prévue le 14 mars à Tipaerui où seront proposés véhicules divers, matériel de chantier, engins de chantier, camions, containers, pièces détachées d’engins et du matériel de BTP.

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