ACTUS LOCALESJUSTICE « Invasion » métropolitaine : le parquet veut une mise en examen d’Oscar Temaru Charlie Réné 2025-08-03 03 Août 2025 Charlie Réné Contrairement à Mitema Tapati et Ronny Teriipaia, mis en examen pour « provocation à la discrimination ou à la haine raciale », les juges d’instruction avaient choisi, en octobre dernier, de placer Oscar Temaru sous le statut de témoin assisté pour ses propos sur « l’invasion » migratoire. Le parquet a contesté cette décision et c’est la chambre de l’instruction qui devra trancher, comme l’a appris Tahiti Infos. Le président du Tavini avait été visé, comme le ministre de l’Éducation Ronny Teriipaia et l’élu bleu ciel Mitema Tapati, par un courrier de signalement adressé au parquet par Édouard Fritch. L’ancien président, qui avait ensuite envoyé une deuxième version de son courrier en retirant le nom d’Oscar Temaru, dénonçait les propos tenus par les responsables Tavini au cours de divers débats à Tarahoi et interview dans les médias. C’est d’ailleurs la sortie du chef de file indépendantiste qui avait interpellé en premier, lors d’une conférence-débat de la Journée des Nations-Unies à l’assemblée, le 24 octobre 2023. Décrivant un « défilé » de métropolitains dans une salle d’attente médicale où il s’était senti « étranger », le leader bleu ciel avait parlé d’une « invasion » de la Polynésie : « Moi je vous dis franchement, je n’ai pas peur du changement climatique. J’aurais plutôt peur d’un changement démographique (…) Qu’est-ce qu’on fait pour arrêter ça ? C’est l’invasion de notre pays que je crains ». Des propos, qui, contrairement à ceux, postérieurs, de Ronny Teriipaia et Mitema Tapati, n’avait pas abouti à une mise en examen. Les juges d’instruction en charge de l’enquête avaient préféré placer Oscar Temaru sous le statut de témoin assisté. Un statut intermédiaire, qui peut évoluer et qui est accordé aux personnes mises en cause dans une information judiciaire, mais pour qui les éléments à disposition de la justice ne sont pas suffisamment tangibles pour justifier une mise en examen. Le parquet, comme l’a appris Tahiti Infos, a contesté cette décision en juin. Et demande la mise examen de l’élu de 80 ans, qui serait par conséquent davantage susceptible d’être renvoyé devant le tribunal correctionnel pour « provocation à la discrimination ou à la haine raciale ». C’est la chambre de l’instruction, juridiction spécialisée qui juge les appels dans cette phase d’instruction, qui devra trancher.