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« Je ne fais pas confiance » : à 20 ans, il est condamné pour violences sur sa concubine de 16 ans

Un jeune homme de 20 ans a été condamné pour des violences récurrentes sur sa concubine âgé de seize ans, déjà suivie par la justice pour avoir été « éduquée » à la dure par ses propres parents. Sa jalousie maladive a valu au prévenu une peine de 12 mois de prison avec un sursis probatoire de deux ans et l’interdiction d’entrer en contact avec la jeune fille.

On dit souvent que la valeur n’attend pas le nombre des années, malheureusement la violence non plus. C’est le cas dans une affaire traitée par le tribunal de première instance ce mardi. Un jeune homme de 20 ans était convoqué pour des faits de violences conjugales sur sa concubine âgée de 16 ans. Une concubine régulièrement victime de ce type de faits, puisqu’elle est aussi suivie par un juge des enfants qui l’a placée sous mesure d’assistance éducative, une mesure judiciaire visant à protéger un mineur en danger. En effet, ses parents usaient souvent de la manière forte pour  « l’éduquer ».

Paradoxalement l’affaire a été révélée par la mère de l’adolescente qui a été porter plainte après avoir remarqué des traces de coups sur le visage de sa fille. Devant les gendarmes l’adolescente explique alors que son tane, « contrôle ma façon de m’habiller, mes fréquentations, il est extrêmement jaloux et violent. » Elle relate au moins une dizaine de faits de violences exercées à son encontre entre octobre 2024 et avril 2025, la plupart pour des raisons nées de l’imagination de son concubin.

« Toutes vos futures copines subiront la même chose, si vous restez comme cela »

À la barre, le jeune homme reconnaît les faits et avoue sa jalousie maladive. « Je ne supporte pas qu’elle ait des amis. Je l’aime », « Mais quand on aime quelqu’un, on n’est pas violent et on fait confiance », tente de lui faire comprendre la juge. « Je ne fais pas confiance » s’entête le prévenu, « Mais vous serez malheureux toute votre vie si vous ne faites pas confiance. Vous avez déjà eu une petite copine avant cette jeune fille ? » « Non avant je n’aimais pas les filles, je préférais les copains. » La juge le jauge du regard et lui conseille de consulter un psychologue, « sinon toutes vos futures copines subiront la même chose, si vous restez comme cela. »

Pour l’avocat de la partie civile, « c’est un contrôle coercitif qu’exerce le prévenu, il exerce un contrôle total sur elle. » Il argumente : « il lui interdit de sortir, de mettre des robes courtes, il a son mot de passe pour accéder à ses réseaux sociaux et il lui fait des scènes pour des photos qu’elle a postées bien avant leur rencontre. » Retraçant le jeune parcours de vie de l’adolescente déjà lourdement empreint de violence, « elle a grandi dans la violence et maintenant elle tombe sur gars violent », il demande 300 000 Fcfp de dommages-intérêts et « éventuellement une interdiction de contact. Il faut protéger cette jeune fille. »

« Vous savez, vous devez revoir votre rapport aux femmes »

La procureure lui emboite le pas : « il est l’auteur de violences graves sur mineure, qui plus est sort d’une famille maltraitante. Il reconnait les faits mais ne voit pas le problème. Je réclame un sursis probatoire de quatre ou cinq mois avec un suivi psychologique. » Un réquisitoire qui tient compte de l’absence de condamnation sur le casier judiciaire du prévenu, et aussi du fait qu’il ne boive ni ne consomme du paka.

Pour la défense, « il y a une banalisation de la violence et il faut que mon client comprenne qu’il ne faut pas être violent avec sa femme, et la jeune fille doit comprendre aussi qu’elle ne doit pas accepter la violence, qu’elle vienne de ses parents ou de son tane. Il faut qu’il comprenne qu’il n’y a aucune normalité dans la violence. »

Après en avoir délibéré le jeune homme a été condamné à 12 mois de prison avec un sursis probatoire de deux ans qui comporte une obligation de travail, l’interdiction de rentrer en contact avec la victime, un suivi psychologique et l’obligation de verser 300 000 Fcfp au titre des dommages-intérêts. Pour autant, après l’énoncé du délibéré par la juge, celle-ci n’en a pas fini avec le jeune homme. Avant qu’il ne quitte la salle, elle le sermonne : « Vous savez, vous devez revoir votre rapport aux femmes et aux relations dans un couple, sinon vous allez vous rendre malade et réitérer les faits. »

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