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« La concurrence n’est pas une utopie »

Le président de l’autorité polynésienne de la concurrence, Jacques Mérot. © Valentine Bluet

L’Université de Polynésie accueille mardi et mercredi le colloque sur « le droit de la concurrence en Polynésie française et dans les petites économies insulaires du Pacifique ». Mais avec une situation géographique et économique comme la Polynésie, un droit de la concurrence impartial est-il une utopie ? Non, répond le président de l’autorité polynésienne de la concurrence, Jacques Mérot, sûr de l’utilité de son institution mais qui estime qu’il est trop tôt pour faire un bilan de l’application du droit.

« Le droit à la concurrence impartial à Tahiti : une utopie ? ». C’est sur cette question que le président de l’autorité polynésienne de la concurrence (APC), Jacques Mérot, a ouvert le colloque sur le droit de la concurrence à l’UPF mardi matin. L’APC a été créée en 2015 avec les missions de rendre des avis sur différents secteurs, des décisions de concentration ou de contrôle des espaces commerciaux. Plusieurs décisions et avis ont déjà été rendus sur le rachat d’hôtels notamment, ou dans les secteurs de la téléphonie mobile et de la distribution pharmaceutique plus récemment.

Mais l’application du droit de la concurrence peine encore à convaincre les citoyens et les acteurs économiques. Jacques Mérot affirme aujourd’hui : « J’entends souvent : ‘Si la décision de l’APC n’est pas favorable on changera le code de concurrence’ ou encore ‘ je croyais que a loi était une loi anti X ou pro Y’ ». Selon le président de l’APC : « il faut laisser le temps à l’APC d’installer le droit dans la vie polynésienne ».

« Les élites économiques et politiques sont étroitement liées, et le droit de la concurrence polynésienne n’est pas ressenti par tous comme impartial », développe le président de l’APC. Pourtant Jacques Mérot est convaincu du contraire. Les particularités économiques et géographiques sont effectivement à prendre en compte, mais n’empêche pas d’appliquer le droit de la concurrence. « Ce n’est pas une utopie mais un combat de tout les jours ».

Jacques Mérot estime qu’il est encore trop tôt pour mesurer les effets de l’application du droit de la concurrence sur l’économie polynésienne. Un bilan complet nécessitera, selon le président de l’APC, une évaluation des politiques publiques en la matière.

Les premières saisines de l’autorité pour pratiques anticoncurrentielles seront rendues en 2018. L’APC en compte déjà dix en cours d’instruction !

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