ACTUS LOCALESSOCIAL La Fraap appelle toute l’administration à la grève ce lundi Caroline Perdrix 2025-06-29 29 Juin 2025 Caroline Perdrix ©Archives Radio1 Après l’échec des négociations qui avaient repris samedi soir, le gouvernement a rendu public, dimanche, le protocole de sortie de grève proposé, qui traite les points concernant la Maison de la culture mais ne répond pas aux demandes sur le point d’indice. La Fraap appelle ses adhérents dans toute l’administration à cesser le travail lundi. Le Heiva reste sous la menace, et les vols inter-îles sont toujours perturbés. Lire aussi : « Grève illicite », « faute professionnelle » : Me Millet précise le droit avant la reprise des négociations La réunion entre le gouvernement et la Fraap qui s’est achevée samedi soir à 22h30 n’a pas permis de trouver une issue au conflit démarré samedi parmi les pompiers d’aéroport. Quelques minutes avant cette rencontre, Me Thibault Millet avait expliqué la position juridique du gouvernement : l’organisation syndicale doit notifier par écrit du déclenchement de la grève cinq jours avant. Dans le service public, se pose aussi la question de la représentativité du syndicat. La grève est donc illicite et les grévistes qui la suivent s’exposent à des sanctions pouvant aller jusqu’au licenciement, assurait l’avocat. « On est diabolisés » À la fin de la réunion, samedi à 22h30, le protocole de sortie de grève n’était toujours pas signé. Et le Pays aurait décidé de se tourner vers la justice. « C’est mis en référé », déclarait Gérard Barff à Tahiti Infos samedi soir. Si des avancées ont été obtenues pour les agents de TFTN, ce sont les revendications plus générales concernant l’ensemble de l’administration, centrées sur le point d’indice, qui n’ont pas trouvé de réponse. Selon le communiqué de la Fraap publié sur Facebook dimanche, « nous avons demandé au président Brotherson de reprendre les négociations sur le point d’indice. Nouvelle main tendue repoussée sèchement pour nous signifier un rendez-vous au tribunal. Tout ça pour mettre de l’huile sur le feu. On est diabolisés. » Le syndicat, disait-il, pourrait lui aussi porter plainte pour entrave au droit de grève et intimidation. S’il rejetait les arguments développés par Me Millet, il concluait « enfin, avec la justice, on n’est jamais sûr ». Dimanche matin, le président du Pays entouré du ministre de la Culture Ronny Teriipaia et du directeur de TFTN Vaitua Tokoragi présentai en « live » Facebook la proposition de protocole de sortie de conflit rejetée par la Fraap. Moetai Brotherson y expliquait en préambule que le ministère et la direction de l’établissement travaillent depuis l’an dernier à un nouveau « plan RH » qui sera présenté ce lundi au conseil d’administration de TFTN, en incluant des réponses aux revendications des personnels. Les propositions du Pays Ainsi, le gouvernement propose la création de 19 nouveaux postes d’ici à fin 2026 (la Fraap en réclame 40 sur trois ans), répond favorablement à la demande d’un système d’astreintes, promet d’étudier le relèvement du plafond des indemnités de sujétions spéciales, et de permettre leur cumul avec les heures supplémentaires des agents en astreinte avant le 30 septembre prochain. Ces agents en astreinte seront autorisés à remiser les véhicules de service à leur domicile pour éviter d’utiliser leur véhicule personnel. Le Pays s’engage à travailler sur la création de concours spécifiques aux métiers techniques de l’événementiel, et une liste d’agents éligibles à la promotion interne via une évaluation de carrière et un entretien sera établie sous trois mois. Concernant la demande d’accès rapide des agents en CDD aux concours internes, le sujet doit être traité par le Conseil supérieur de la fonction publique qui se réunit également ce lundi. Pour répondre à la demande d’un budget de formation à l’étranger, la direction d’engage à établir avant octobre un plan de formation pour l’année prochaine. Sur l’aménagement des locaux du personnel, la direction doit finaliser les projets, et les crédits sont déjà inscrits dans le budget 2025. Les locaux de stockage, eux, seront traités dans le budget 2026. « Nous venons de répondre de manière concrète aux 13 points qui ont été exprimés par les salariés, a conclu Moetai Brotherson. Nous pensons donc que la seule chose raisonnable à faire c’est de signer le protocole de sortie de grève. » Le mot d’ordre pour lundi : la grève partout dans l’administration Dernier chapitre en date, le communiqué de la Fraap, diffusé lui aussi sur Facebook dimanche après-midi. « Nous ne nous laisserons pas intimider, et nous irons sereinement au tribunal », dit le syndicat qui appelle à la grève dans l’ensemble de l’administration dès lundi : « Dès le 30 juin 2025, comme annoncé depuis le jeudi 26 juin 2025, tous les fonctionnaires de la Polynésie française, tous nos camarades ANFA, agents des communes, de l’État, retraités et particuliers qui étouffent sous le poids de la vie chère sont invités à rejoindre les piquets organisés devant les services administratifs. Les agents qui ne sont pas en mesure d’organiser un piquet de grève par manque de moyens, rejoignez vos collègues sur leurs piquets ou venez à la permanence de la FRAAP au dessus de l’université. Les consignes sont données : « Attention, ne bloquez pas la circulation du public, n’empêchez pas vos collègues de travailler, restez à l’extérieur de votre lieu de travail et ne portez pas vos uniformes. » Jean-Paul Urima conclut : « Nous rappelons que la grève est toujours synonyme d’échec, celui du dialogue social. Cette reprise de grève aura des conséquences sur vos salaires, l’activité économique et l’image du Pays. Il n’appartient qu’au président Brotherson de rouvrir le dialogue et d’accéder à tout ou partie aux revendications des fonctionnaires de la Polynésie française. »