ACTUS LOCALESSOCIÉTÉ La Marine nationale veut « déconstruire » l’idée que l’engagement est « un choix par défaut » Alexandra Perrini 2026-02-26 26 Fév 2026 Alexandra Perrini Le Capitaine de Vaisseau Mario Benedetti. ©Marine Nationale. L’année dernière 120 jeunes du fenua ont signé pour ce que le Capitaine de Vaisseau Mario Benedetti décrit comme une « vie d’aventure ». Le chef du service de recrutement de la Marine nationale est en visite à Papeete pour rencontrer les jeunes recrues, mais surtout pour entretenir la dynamique. Il met en avant les 80 métiers de la marines, les multiples « possibilités d’évolution de carrière ». « Dans la marine, on peut très bien rentrer matelot mécanicien et finir sa carrière en tant qu’amiral », assure-t-il. Lire aussi : Avions, navires, réserve… Les Forces armées de Polynésie montent en puissance en 2026 « Dans la Marine nationale, on peut très bien rentrer matelot mécanicien et finir sa carrière en tant que capitaine de vaisseau ou amiral. Il y a une promotion qui est basée sur le principe de méritocratie », explique ce mardi le Capitaine de vaisseau Mario Benedetti à la base navale de Papeete. Arrivé dimanche soir au fenua, le chef du service de recrutement de la Marine a pour objectif de venir au contact des jeunes recrues et de leurs proches, « parce que je sais que la famille, c’est important ici », relève-t-il. Le but est également d’informer les intéressés sur les possibilités de poste et d’évolution qu’offrent la Marine nationale. Au total, près de 80 métiers sont proposés dans 14 secteurs d’activité pour les personnes âgées de 16 à 30 ans, « sans condition de diplôme, avec des possibilités d’être incorporés tout au long de l’année et sur des contrats minimaux de 2 ans, 4 ans, qui peuvent aller jusqu’à 9 ans », détaille Mario Benedetti. Seule exigence : « avoir une forme physique, une bonne hygiène de vie et être motivé. » Des jeunes Polynésiens « tournés vers l’avenir » D’après le commandant Benedetti, la Polynésie française « présente un bon potentiel » pour les personnes qui souhaitent rejoindre la Marine nationale. 120 Polynésiens se sont engagés l’année dernière, sur les 4 000 recrues totales pour l’ensemble de la France. Soit un engagement sept fois plus important au fenua que la moyenne nationale. « Les jeunes Polynésiens qui nous rejoignent sont travailleurs, ils ont le sens marin, ils ont l’esprit d’équipage aussi, qui amène à se dépasser collectivement », note Mario Benedetti. « Et puis ils voient loin, ils sont aussi tournés vers l’avenir. Ils aiment aussi beaucoup les métiers manuels. Donc tout ça, nous, nous sommes en mesure de leur offrir ces possibilités-là », assure-t-il encore. https://www.radio1.pf/cms/wp-content/uploads/2026/02/Mario-Benedetti1.wav Un potentiel de recrutement étendu À Tahiti, la Marine Nationale dispose d’un Centre d’information et de recrutement des Forces armées (Cirfa) situé à Arue, avec en plus, un bureau à la base navale. « Tous les jeudis à 9 h à Arue, nous donnons une information collective aux jeunes », poursuit le Capitaine de Vaisseau Benedetti. Si la marine a rempli ses objectifs de recrutement au niveau national, 2025, c’est notamment grâce aux territoires d’Outre-mer. « Ce qui nous permet d’atteindre ces objectifs, c’est le fait d’être notamment actif et dynamique en Polynésie », souligne l’Officier supérieur, qui estime que l’image des carrières militaires a évolué. « Nous sommes en mesure de déconstruire, peut-être, cette idée fausse selon laquelle la Marine nationale serait un choix par défaut », explique-t-il. https://www.radio1.pf/cms/wp-content/uploads/2026/02/Mario-Benedetti2.wav Mario Benedetti l’assure : une carrière dans la marine est une option à potentiel pour quelqu’un qui peut se projeter dans une « vie d’aventure ». « La Marine est un employeur stable dans un monde assez incertain qui opère depuis 400 ans, ajoute l’officier. Et qui est en train de renouveler ses capacités, donc qui est tourné vers l’avenir ». La Marine a en effet des projets, ne serait-ce qu’à Papeete : le chantier du nouveau quai de la base navale est en finalisation, avant l’arrivée, début 2027, d’un nouveau patrouilleur Outre-mer, le Philippe Bernardino. À ses côtés, la frégate Prairial doit moderniser ses équipements avec l’arrivée d’un nouveau drone maritime, comme en est déjà équipé le Teriieroo a Teriierooiterai, arrivé en juin 2024 et qui a été très mobilisé, ces dernières semaines, sur les opérations de lutte contre le narcotrafic. La loi de programmation militaire 2024 – 2030 prévoit plus largement un renforcement des effectifs et des moyens des forces armées dans les outremers, et en Polynésie en particulier. Une dynamique bien visible cette année : un nouveau Falcon Triton, avion de surveillance maritime remplaçant des vénérables Guardian, a atterri au fenua en ce début de semaine. Une escouade de réserve côtière doit aussi être créée à Tahiti dans les mois à venir – les recrutements ont déjà débuté -, la gendarmerie maritime – qui est rattachée à l’armée – doit se doter au plus long terme d’un nouveau patrouilleur côtier.