ACTUS LOCALESJUSTICE Le chef des muto’i de Teva i Uta s’estime victime d’un acharnement du parquet Charlie Réné 2025-08-28 28 Août 2025 Charlie Réné Une « chasse à la police municipale ». C’est ce que dénonce le chef des muto’i de Teva I Uta, via son avocat, après l’appel du parquet contre sa condamnation. Reconnu coupable, dans une audience à huis clos, de violences sur sa conjointe et sur ses enfants, il a écopé de 18 mois de prison dont 12 ferme mais aménageables, sans mesure qui lui empêcherait de poursuivre son activité. Ce qui lui permet aujourd’hui d’être toujours en poste. Les juges ont tenu de compte de ses « états de service exemplaires », insiste son avocat, qui s’étonne que le parquet de chercher à obtenir le retrait de l’agrément de policier de son client « hors des tribunaux ». Des « états de service exemplaires », un professionnalisme « reconnu » dans sa commune… Voilà ce qui a été « constaté » par le tribunal correctionnel lors du procès du chef des muto’i des Teva i Uta, le 18 août dernier. C’est en tout cas ce qu’assure son avocat, Me Gilles Jourdainne, puisque l’audience en question s’est tenue à huis clos à la demande des parties civiles. En l’occurrence la famille de son client, qui a été reconnu coupable de violences habituelles sur conjoint et de violences sur mineur par ascendant. Des faits qui lui ont valu une condamnation à 18 mois de prison dont 6 avec sursis probatoire. Les juges ont prononcé divers obligations (soin, stage sur les violences, sur la responsabilité parentale…) mais ont accepté de ne pas inscrire la peine au casier judiciaire et d’ouvrir la voie à un aménagement des 12 mois ferme, afin que le prévenu, aujourd’hui toujours chef des muto’i de Teva i Uta, puisse poursuivre son activité. Interrogée sur ce dossier ce mercredi, la procureure de la République avait précisé que le parquet, qui avait requis entre autres une interdiction d’exercer dans la fonction publique et une interdiction de port d’arme, avait fait appel de ce jugement. Une décision que Me Jourdainne apparente à une « chasse à la police municipale », la liant à d’autres procédures ont été lancées contre des muto’i, « par exemple ceux de Faa’a ». Une référence à l’enquête pour « mise en danger de la vie d’autrui », ouverte en avril dernier – et toujours en cours – après la poursuite d’un voleur de scooter à contresens sur la RDO. Au parquet, on note que des procédures sont aussi en cours contre des gendarmes, des policiers ou des hommes politiques, personne n’étant « au dessus des lois ». L’avocat regrette surtout que l’annonce de cet appel intervienne alors que son client est en phase « d’apaisement familial » et a commencé à se plier aux obligations fixées par les juges en première instance. Il estime que la procureure, au travers de cette « médiatisation » – en l’occurrence, une réponse aux médias – essaie de « faire pression » sur le Haut-commissariat, pour accéder à sa demande de retrait de l’agrément professionnel de son client. Une demande qui permettrait d’obtenir son départ de la police municipale « hors des tribunaux », estime Me Jourdainne, et alors que les juges de premières instances ont justement cherché à « préserver » le travail et la carrière de l’intéressé. Cette procédure est toutefois déconnectée du volet judiciaire, et peut, si les services de l’État accèdent à la requête, être contestée devant le tribunal administratif.