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Le clan Schyle renonce à la mairie de Arue

Philip Schyle et son épouse entourent Léo Marais et Poussy Timau, conseillers du Tapura no Arue, pour annoncer que le groupe ne se présentera pas aux prochaines communales. © LC

À un mois des municipales, les membres du groupe d’opposition Tapura no Arue, mené depuis 2022 par Léo Marais et parrainé par l’ancien tavana Philip Schyle, renoncent à présenter une liste. La raison ? Le groupe, malgré plusieurs pistes explorées et la volonté affichée de soutenir une candidature d’union, n’est pas parvenu à trouver un nouveau chef de file pour faire face à la maire sortante Teura Iriti, qui a elle aussi intégré le camp rouge depuis les dernières communales. Le Tapura no Arue choisit de laisser les électeurs libres de leur vote, tout en dressant un bilan critique de la mandature en cours et en promettant de rester vigilant sur les grands dossiers communaux.

Il n’y aura pas « Tapura no Arue » aux municipales 2026. Après une défaite de justesse de la liste de Philip Schyle en 2020 face à Arue ia Papaoa de Teura Iriti et une annulation de l’élection, la liste s’était reconstituée autour de Léo Marais. Elle avait connu une défaite plus nette (21% des voix contre 72,6%) lors de municipales partielles début 2022. Cette fois, le groupe d’opposition n’a pas réussi à rassembler autour de ses trois conseillers municipaux sortant, Léo Marais, Poussy Timau et Atonia Maitia. Derrière eux, l’ancien tavana, qui avait décidé de ne plus se consacrer à la politique depuis son dernier mandat d’élu à l’assemblée, continuait malgré tout à les accompagner et espérait les aider à proposer une liste fédératrice aux municipales.

Pas de « rassemblement », pas de consigne de vote

S’il avait un temps été question de proposer la candidature de Teva Rohfritsch, celle-ci n’a pas abouti, ni aucune autre proposition solide. « Nous n’avons pas pu trouver un candidat qui veuille bien mener une liste pour ces prochaines communales », regrette Philip Schyle, qui dit pourtant avoir été contacté par plusieurs responsables politiques intéressés. Léo Marais, qui ne souhaitait pas non plus mener une liste pour se consacrer à d’autres projets, déplore également de ne pas être parvenu à « regrouper ces personnes autour d’un projet commun ». Pas question non plus de se rallier à l’ancienne rivale Teura Iriti, bien qu’elle se soit depuis ralliée au Tapura, avec qui elle a été élue à Tarahoi en 2023. « On laissera le libre vote, le libre choix à la population de Arue » pointe Léo Marais.

« Notre message a été constant. On est prêts à accompagner ces listes, on ne revendique pas la tête de liste, ce qui dégageait quelque part l’horizon, reprend Philip Schyle. Moi-même en tant qu’ancien maire, j’étais prêt également à soutenir une liste à partir du moment où elle s’inscrit dans le cadre d’un rassemblement. Ça n’a pas réussi. Donc d’où cet appel, cet appel à la liberté de vote en âme et en conscience. Mais surtout, en invitant aussi nos électeurs et électrices à être très attentifs eux-mêmes sur les bilans »

Le Tahara’a, symbole d’un potentiel en friche

Et l’ancien tavana dresse, avec les conseillers sortants du Tapura no Arue, un bilan négatif de la mandature de Teura Iriti, pointant notamment l’augmentation des tarifs de l’eau (revue annuellement à la hausse pour les dix prochaines années, rapporte Poussy Timau) et le manque de projets de développement économique sur la commune. Ils évoquent les anciens terrains militaires, dépollués mais non réhabilités, et le site du Taharaa, se remémorant le projet avorté de complexe hôtelier et commercial.

Et Philip Schyle s’inquiète, aujourd’hui, de voir le site se dégrader : « Il suffit d’aller sur le bord de la plage, vous le verrez vous-même, le Taharaa est en train de se dégrader comme ce n’est pas possible. Il y a une ruine sur ce terrain, celle de l’ancien hôtel Hyatt Regency, qui risque, à mon sens, là c’est l’ancien maire qui le dit, de s’effondrer sur la partie publique qui est en bas. Je pense qu’à un moment donné, il y a nécessité, voire peut-être urgence, à faire quelque chose sur ce terrain plutôt que de regarder ce terrain végéter et se dégrader. »

Léo Marais s’interroge également sur le nombre d’entreprises créées sur la commune ces six dernières années : « Moi, je n’en connais qu’une, et c’est peut-être la seule d’ailleurs », faisant référence à la société de Vetea Cowan, colistier en 2020 sur la liste de Philip Schyle.

S’il ne donne pas de consigne de votes, le groupe Tapura no Arue se veut néanmoins « observateur, vigilant et toujours présent », conclut Léo Marais, qui invite malgré tout la population à venir les rencontrer et à poser leurs questions si besoin, en attendant le prochain rendez-vous des communales, dans six ans.

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