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Le colloque sur le cannabis devra attendre encore quelques mois

Prévu pour ce mois d’avril, puis pour le mois de juin, le colloque organisé à l’Université et avec le ministère de la Santé ne devrait pas avoir lieu avant août. Mais Moetai Brotherson, à l’origine du projet, se félicite tout de même d’une organisation qui « avance bien ». 

« Poser le débat », « aller au-delà des préjugés et des fantasme des uns et des autres » : voilà l’idée du colloque sur le cannabis qui doit être organisé à Tahiti. Initié par Moetai Brotherson, le projet a déjà reçu le soutien du ministère de la Santé et de l’UPF où il était un temps annoncé pour ce mois d’avril. La fermeture des frontières en a décidé autrement, et la date depuis évoquée – « la première semaine de juin » parait de plus en plus incertaine. « Il y a un calendrier très chargé », note le député dont la proposition de loi sur le nucléaire doit être étudiée à l’Assemblée nationale quelques jours plus tard. Une autre date doit donc être fixée « peut-être en août, peut-être plus tard ». Mais l’idée, elle, est bien confirmée. « Nous avons des discussions avec la direction de l’agriculture, et avec la vice-présidence, pour qu’ils participent aussi », précise l’élu Tavini qui se félicite d’une organisation qui « avance bien ».

Le thérapeutique, mais aussi le récréatif et l’industriel

Le colloque devrait ainsi se tenir sur trois jours « avec un programme très dense », comme l’explique le parlementaire, qui a été membre de la mission d’information nationale sur les usages et la réglementation du cannabis. Le premier jour devrait être consacré à « l’état du droit » sur la culture et la consommation, aux comparaisons de législation internationales ainsi qu’aux perspectives d’évolutions juridiques. Un sujet sur lequel des juristes pourront s’exprimer, mais aussi des représentants des forces de l’ordre et de la justice, qui pourront préciser, entre autres, « ce que représente le cannabis dans leur activité« . La deuxième journée se concentrera sur les questions de santé : la question du cannabis thérapeutique, qui fait l’objet d’une expérimentation nationale, sera bien sûr abordée, mais il s’agira aussi de se pencher sur les risques sanitaires engendrés par sa consommation.

Enfin, les débats s’articuleront, lors du dernier jour du colloque, autour du thème « Cannabis et économie ». « Là aussi, il ne faut pas bercer les gens d’illusions », note Moetai Brotherson, qui rappelle, par exemple, que le cannabis « de grade médical » nécessite des normes de culture très strictes. Et que l’idée « que tout le monde pourra planter des médicaments dans sa cour » était trompeuse. « Ce qui ne veut pas dire qu’il n’y a pas d’opportunités de développement économique », précise le député, qui rappelle que le cannabis récréatif et les utilisations industrielles du chanvre doivent être évoquées lors du colloque. « Il ne s’agit pas de promouvoir les idées qui sont les miennes, insiste le député. Il s’agit de faire un point complet pour avancer dans ce débat ».

Des invités internationaux intéressés

Pour animer ces débats, les organisateurs comptent bien sûr sur des intervenants locaux : chercheurs de l’UPF, associations du fenua, ou représentants des institutions ont déjà confirmé leur participation. Mais Moetai Brotherson aimerait aussi former un plateau d’invités internationaux présents si possible « physiquement » à Tahiti. Il évoque des « personnalités de référence » dans le monde scientifique, des représentants de pays comme l’Uruguay, le Portugal, ou le Canada qui ont « une expérience à partager » en matière de dépénalisation ou de légalisation du cannabis. Ou encore des spécialistes du droit, comme Yann Bisiou, maître de conférences en sciences criminelles à Montpellier, et co-auteur d’un ouvrage de référence sur le droit de la drogue. « Beaucoup ont confirmé leur intérêt pour ce colloque », et certains ont même déjà confirmé leur venue « même s’il faut faire une quarantaine ». Les discussions continuent avec l’UPF sur l’organisation de l’événement. Mais aussi avec le Pays, qui a inscrit des essais de culture dans son plan de relance. « Même si on n’est pas de la même couleur, on s’accorde sur le vert » sourit le député Tavini.

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