ACTUS LOCALESÉCONOMIE Le magazine Fenua’Orama va cesser de paraître Charlie Réné 2026-01-24 24 Jan 2026 Charlie Réné Le numéro de février du magazine féminin, lancé voilà plus de 25 ans, sera son dernier. La société FenuaDeal, filiale de STP-Multipress et du groupe Brasserie, a décidé d’arrêter la diffusion du titre qui avait été acquis lors de la liquidation de la Dépêche en 2022. D’après la direction, le titre était déjà mal en point au moment de ce transfert, et il n’a cessé depuis de s’enfoncer dans le déficit. Aucun repreneur n’a pu être trouvé ces derniers mois. Deux ans après le Tiki Mag, c’est un autre magazine de l’ex-groupe La Dépêche qui va disparaître. Le numéro de février du Fenua’Orama, le 312e, sera le dernier. La société FenuaDeal, filiale de STP-Multipress et du groupe Brasserie a annoncé ces derniers jours cette fin de diffusion à ses collaborateurs. Le magazine féminin, premier du genre en Polynésie, avait été lancé en 2000, d’abord en noir et blanc et sur papier buvard. Le titre avait atteint une dizaine d’années plus tard des tirages en couleur et sur papier glacé approchant les 15 000 exemplaires. Repris par Dominique Auroy en même temps que la Dépêche de Tahiti, Fenua’Orama avait fini par connaître des difficultés à la fin des années 2010, dans un contexte d’érosion général du lectorat « papier », de fuites d’annonceurs vers les supports numériques et de concurrence du Hine, lancé fin 2015 par la filiale du groupe Moux Fenua Communication. C’est en 2022, après une longue procédure de liquidation du groupe La Dépêche, que STP-Multipress reprend le titre, en même temps que Tiki Mag, finalement interrompu fin 2023, et Maisons du fenua, toujours édité. Lors du transfert, le magazine féminin avait cessé de paraître pendant six mois. Une pause qui, d’après la direction de FenuaDeal a fragilisé davantage son lectorat et dispersé encore ses annonceurs. « On a récupéré le titre avec déjà un genou à terre, commente Laurent Dufy, directeur général délégué de STP-Multipress, et directeur de plusieurs de ses filiales, on avait espoir de pouvoir le relancer, mais on lutte contre une tendance de fond ». Si certains, parmi les collaborateurs de Fenua’Orama, regrettent un manque de vision et d’investissement pour moderniser le titre, le dirigeant assure avoir développé d’importants efforts, commerciaux notamment, pour le redresser. Sans réels résultats : après des audits de comptes et plusieurs « warnings » en 2023 et 2024, les chiffres du premier semestre 2025 sont jugés alarmants. L’arrêt de la publication commence à être étudié, en parallèle d’une recherche de repreneurs potentiels. Alors que de gros doutes planaient sur la survie du magazine en décembre, le numéro de janvier n’est pas paru. L’édition de février, elle, a bien été préparée, mais ce sera donc la dernière, comme l’a décidé le groupe en conseil d’administration. Ce dernier numéro est actuellement mis sous presse, pour être distribué dans les jours à venir. Fenua’Orama tire sa révérence après avoir été un titre phare de la presse magazine polynésienne depuis plus de 25 ans.