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Le Pays réfléchit à la limitation de la vitesse des bateaux dans les lagons


Le Pays et l’association Te mana o te moana ont lancé ce mardi une campagne de sensibilisation aux risques de collisions d’animaux marins. Des accidents qui seraient en augmentation à mesure que les activités nautiques se développent. Mais du côté des autorités, on s’intéresse aussi à des mesures plus coercitives : des discussions ont été lancées sur la réforme de la réglementation nautique, et notamment sur de nouvelles restrictions de vitesse dans les passes et lagons. À l’heure actuelle, seules quelques zones dangereuses, ainsi qu’un périmètre de 70 mètres autour des ouvrages maritimes et des rivages sont concernés par une limitation de cinq nœuds.

Le lagon grouille et la faune marine en pâtit. C’est le constat partagé des associations de protection de l’environnement et des administrations environnementales et maritimes, qui étaient réunis à la présidence ce mardi pour la présentation d’une nouvelle campagne de sensibilisation des plaisanciers. Toutes font état d’une hausse des collisions entre des bateaux de toutes tailles, de plus en plus nombreux autour des îles polynésiennes, et des animaux marins. Pas de réelles statistiques en la matière, mais des « tendances » sur lesquelles tout le monde semble s’accorder. Te mana o te moana dit par exemple avoir reçu une dizaine de signalements depuis 2022 – bien plus que dans les années précédentes – pour des tortues percutées par des bateaux ou blessées par leurs hélices. La moitié n’ont pas survécu, précisent les militants de l’association spécialisée, et représentée ce mardi par son cofondateur Dick Bailey. Oceania estime aussi que davantage de mammifères marins sont mis en danger, malgré les quelques 900 manœuvres d’évitement opérées à l’initiative de leurs vigies placées sur les ferry depuis 2018.

Un cadre réglementaire « un peu diffus »

Parmi les réflexions lancées sur le sujet, celle des ministères de l’Environnement et des Transports maritimes qui s’interrogent sur la limitation de la vitesse dans les lagons et les passes. Certaines zones font déjà l’objet de restrictions de vitesse spécifiques mais la seule règle générale date d’une délibération prise par l’assemblée en 1978 : une vitesse maximale de 5 nœuds dans les 70 mètres autour des rivages, des ouvrages portuaires et des installations de pêche fixes ou mobile. En dehors de cette limite, le pilote est seulement tenu d’être maître de son navire « quelles que soient les circonstances » et de ne pas causer d’avaries aux autres embarcations à quai ou au mouillage avec ses vagues.

« Il y a quelques réglementations éparses, mais c’est un peu diffus », résume Cathy Rocheteau, la directrice de la DPAM. D’où l’idée de repréciser les règles. « Cette réflexion sur la vitesse elle aussi associée au projet Escale, puisqu’on est en train de construire une réglementation des plans d’eau, et dedans l’aspect vitesse est aussi envisagé », précise la responsable, qui insiste sur l’idée que « rien n’est acté » et que les débats se tiendront quoiqu’il arrive bien au delà de la seule administration.

« Faire comprendre les enjeux »

Pour les associations cette réflexion sur la vitesse est bienvenue, mais c’est avant tout la sensibilisation qui peut éviter les collisions. D’où la nouvelle campagne lancée par le Pays en coopération avec plusieurs associations et organismes, comme le Centre des métiers de la mer ou la Fédération de pêche sous-marine. Au cœur de ce projet intitulé « un seul océan, un seul souffle de vie », Te mana o te moana, qui a travaillé, entre autres, sur un spot de 30 secondes qui commence à être diffusé en ce début de saison d’observation des baleines. Une vidéo qui « n’est pas là pour culpabiliser, mais pour faire comprendre les enjeux », insiste Laurie-Anne Soulard.

« On est usagers de la mer, et l’objectif c’est de rappeler qu’il y a toute une biodiversité en dessous. Et il y a des risques de collisions, soit avec le devant soit avec l’hélice des bateaux, continue la coordinatrice de Te mana o te moana. Un cas très concret, c’est celui des tortues marines, qui quand elles remontent, voient très flou. Malheureusement, avec la croissance du trafic maritime, le bruit n’est plus sous l’eau n’est plus un facteur de danger pour elle, donc elles ont plus de risque d’être percutées. Donc c’est à nous, usagers de la mer de réduire notre vitesse et de bien surveiller la surface pour éviter une collision ».

Du côté des ferrys et autres bateaux de transports, Oceania développe un système d’alerte des capitaines grâce à des caméras et des analyses automatiques des images grâce à l’intelligence artificielle.

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